Passer sa retraite en Thaïlande : le guide complet
La Thaïlande accueille 15 838 Français inscrits au registre consulaire au 2 décembre 2025, et la communauté réelle est estimée à plus de 40 000 personnes par l’ambassade de France. Quatre blocs structurent tout projet d’installation : le visa, l’imposition des pensions, l’assurance santé obligatoire et le certificat de vie annuel. Ce guide reprend les règles en vigueur en avril 2026, textes de loi et communiqués officiels à l’appui.
Ce qu’il faut retenir :
- La communauté française inscrite au registre consulaire en Thaïlande compte 15 838 personnes au 2 décembre 2025, en hausse de 4,05 % sur un an.
- Le visa retraite le plus utilisé est le Non-Immigrant O-A : 50 ans minimum, dépôt de 800 000 THB sur un compte thaï ou revenu mensuel de 65 000 THB, assurance santé d’au moins 100 000 USD couvrant un an.
- Les pensions de source française restent imposables en France, avec une retenue à la source par tranches de 0 %, 12 % et 20 % après abattement de 10 % (article 182 A du Code général des impôts).
- Depuis le communiqué officiel de l’ambassade de France du 19 février 2026, les autorités thaïlandaises confirment l’exonération des pensions en Thaïlande par application de l’article 23 de la convention fiscale franco-thaïlandaise du 27 décembre 1974.
- Le certificat de vie (formulaire Cerfa 11798*02) doit être renvoyé chaque année. Sans lui, le versement de la pension est suspendu.
- Un étranger ne peut pas acheter de terrain en Thaïlande, mais peut acquérir un appartement en copropriété si 51 % de l’immeuble reste détenu par des Thaïlandais.
- L’ASPA et l’ASI cessent d’être versées dès le départ de France : elles sont conditionnées à la résidence principale sur le territoire français.
Sommaire
- Combien de retraités français vivent en Thaïlande et pourquoi ?
- Quel visa retraite choisir pour s’installer en Thaïlande ?
- Comment votre pension française est-elle imposée si vous vivez en Thaïlande ?
- Quelle assurance santé est obligatoire pour vivre en Thaïlande à la retraite ?
- Quelles démarches côté France avant et après votre installation en Thaïlande ?
- Pouvez-vous acheter un logement en Thaïlande avec votre retraite ?
- Quel budget mensuel prévoir pour vivre en Thaïlande à la retraite ?
- Questions fréquentes sur la retraite en Thaïlande
Combien de retraités français vivent en Thaïlande et pourquoi ?
Au 2 décembre 2025, l’ambassade de France recense 15 838 Français inscrits au registre consulaire en Thaïlande, en progression de 4,05 % sur un an. La communauté réelle est estimée par le consulat à plus de 40 000 personnes. Les motivations des retraités français sont connues et se recoupent d’un dossier à l’autre : coût de la vie, climat tropical, qualité des hôpitaux privés.
La répartition géographique publiée par l’ambassade de France en Thaïlande donne une carte précise de l’implantation française. Bangkok reste le premier pôle, et Koh Samui enregistre la plus forte progression annuelle.
| Pôle consulaire | Inscrits au 2 décembre 2025 | Évolution sur 12 mois |
|---|---|---|
| Bangkok | 7 351 | +4,38 % |
| Pattaya | 1 965 | +0,66 % |
| Phuket | 1 905 | +1,84 % |
| Koh Samui | 1 323 | +11,13 % |
| Chiang Mai | 1 200 | +4,67 % |
| Isan | 1 034 | +3,58 % |
| Hua Hin | 800 | +2,96 % |
| Ayutthaya | 259 | +2,32 % |
L’écart entre inscrits et communauté réelle a une conséquence concrète que peu de Français anticipent : les moyens humains du consulat sont calibrés sur les inscrits. Plus de 60 % des Français résidant en Thaïlande ne sont pas enregistrés, donc les agents consulaires traitent en pratique le double des dossiers pour lesquels ils ont été dotés. Résultat : des délais d’attente longs pour les rendez-vous passeport, les procurations de vote ou les légalisations de signature. L’inscription, qui prend dix minutes sur service-public.fr, donne aussi accès à des tarifs consulaires réduits.
Contrairement à ce qu’on lit partout, la Thaïlande n’est pas liée à la France par un accord de sécurité sociale. Il n’y a pas de totalisation des trimestres cotisés, pas de portabilité des remboursements santé, rien. Pour comparaison, la France a signé ce type d’accord avec une quarantaine de pays via le CLEISS, mais pas avec la Thaïlande. Ça change beaucoup de choses sur l’assurance maladie, j’y reviens dans la section santé.
À retenir : 15 838 Français officiellement installés, plus de 40 000 en réalité, et aucune convention de sécurité sociale avec la France. Toute la protection santé passe par un contrat d’assurance privé ou l’adhésion volontaire à la Caisse des Français à l’Étranger.
Quel visa retraite choisir pour s’installer en Thaïlande ?
Quatre visas longue durée ouvrent l’installation à un retraité français : le Non-Immigrant O (90 jours), le Non-Immigrant O-A (1 an renouvelable), le Non-Immigrant O-X (5 ans prolongeables de 5 ans) et le Long Term Resident (LTR) Wealthy Pensioner (10 ans). Le plus courant est le O-A, accessible dès 50 ans avec 800 000 THB sur un compte thaïlandais ou 65 000 THB de revenus mensuels, et une assurance obligatoire.
Bon, alors, regardons les options côte à côte. Les chiffres qui suivent viennent du site officiel de l’ambassade royale de Thaïlande en France pour les trois visas classiques, et du Thailand Board of Investment pour le LTR.
| Critère | Non-Immigrant O | Non-Immigrant O-A | Non-Immigrant O-X | LTR Wealthy Pensioner |
|---|---|---|---|---|
| Durée initiale | 90 jours | 1 an (multi-entrées) | 5 ans, prolongeables 5 ans | 10 ans (5+5) |
| Âge minimum | 50 ans | 50 ans | 50 ans | 50 ans |
| Condition financière | 800 000 THB ou 65 000 THB/mois | Solde de 24 000 € sur 3 mois ou revenu de 2 000 €/mois | 3 000 000 THB bloqués 1 an, ou 1 800 000 THB + 1 200 000 THB/an | Pension annuelle d’au moins 80 000 USD, ou 40 000 USD + 250 000 USD investis |
| Assurance santé minimale | Recommandée | 100 000 USD ou 3 000 000 THB, 1 an | Identique au O-A | 50 000 USD, ou 100 000 USD de dépôt depuis 12 mois |
| Compte bancaire thaï exigé | Pour l’extension | Pour l’extension annuelle | Oui, dès la demande | Non obligatoire |
| Report d’adresse | Tous les 90 jours | Tous les 90 jours | Tous les 90 jours | Annuel |
| Frais administratifs | ~2 000 THB | ~175 € | ~10 000 THB | 50 000 THB (adhésion) |
Le visa O-A en détail
Le Non-Immigrant O-A se demande à l’ambassade royale de Thaïlande à Paris, 8 rue Greuze dans le 16e arrondissement, avant le départ. Pour la demande initiale de votre visa Thaïlande, l’ambassade exige un relevé bancaire avec un solde non bloqué de 24 000 € sur les trois derniers mois, ou un revenu mensuel d’au moins 2 000 € attesté par bulletins de pension. Il faut aussi fournir un certificat médical attestant l’absence de lèpre, tuberculose, éléphantiasis, toxicomanie et syphilis au troisième stade, ainsi qu’un casier judiciaire vierge. Le traitement prend environ quatre semaines.
L’extension annuelle se demande ensuite en Thaïlande, au bureau de l’immigration local. Et là, les règles changent : il faut 800 000 THB déposés sur un compte bancaire thaïlandais depuis au moins 2 mois avant la demande, somme à conserver 3 mois après l’obtention, puis un solde minimum de 400 000 THB jusqu’au renouvellement suivant. L’alternative est un revenu mensuel de 65 000 THB attesté par l’ambassade de France (elle fournit ce document sur présentation du bulletin de pension ou de l’avis d’imposition). Frais de l’extension : 1 900 THB.
J’ai vu des cas où des retraités ont tenté de virer les 800 000 THB la veille du dépôt pour gagner deux mois : depuis janvier 2024, l’immigration exige les relevés des trois derniers mois consécutifs. Un virement de dernière minute est repéré à la lecture et fait rejeter le dossier. À la lettre du règlement, le solde du compte ne doit jamais descendre sous 800 000 THB pendant la période de deux mois, pas même une journée.
Le visa O-X et le LTR
Le O-X vise les retraités plus aisés qui veulent s’éviter la paperasse annuelle. Il dure 5 ans, prolongeables 5 ans, sur justification d’un dépôt de 3 millions de THB sur un compte thaïlandais depuis au moins un an. Au bout d’un an sur place, le solde peut être ramené à 1,5 million de THB.
Le LTR Wealthy Pensioner, lancé en 2022 par le Thailand Board of Investment, cible encore plus haut. Il faut justifier d’une pension annuelle d’au moins 80 000 dollars, soit environ 75 000 € selon le taux de change. Pour ceux qui sont entre 40 000 et 80 000 dollars de pension, une deuxième porte s’ouvre : investir 250 000 dollars en obligations d’État thaïlandaises ou en immobilier. En contrepartie, le visa est valable 10 ans, le report de présence devient annuel au lieu de trimestriel, et les revenus étrangers rapatriés bénéficient d’une exonération fiscale spécifique en Thaïlande.
Ce qui est interdit avec un visa retraite
Aucun de ces visas n’autorise à travailler en Thaïlande. Le bénévolat non rémunéré dans une association n’entre pas dans le champ, mais toute activité rémunérée exige un work permit spécifique, avec son propre circuit de demande. En pratique, tenir un blog voyage monétisé ou vendre en ligne depuis la Thaïlande vous place dans une zone grise que l’immigration peut invoquer lors d’un contrôle. Pour la plupart des retraités, la règle se retient simplement : ne pas générer de revenus d’activité depuis le sol thaïlandais.
Enfin, tout étranger sous visa longue durée doit signaler son adresse à l’immigration tous les 90 jours (formulaire TM47). L’oubli entraîne une amende de 2 000 THB et un signalement au dossier. Le report en ligne est possible depuis plusieurs années, il prend cinq minutes.
Comment votre pension française est-elle imposée si vous vivez en Thaïlande ?
Vos pensions de source française restent imposables en France, même si vous résidez en Thaïlande, en application des articles 18 et 19 de la convention fiscale franco-thaïlandaise du 27 décembre 1974. Depuis le communiqué officiel de l’ambassade de France du 19 février 2026, la Thaïlande confirme l’exonération de ces pensions sur son territoire au titre de l’article 23 de la même convention.
C’est le point que tout le monde a attendu pendant deux ans, et qui a enfin été posé noir sur blanc. La réforme thaïlandaise entrée en vigueur le 1er janvier 2024 avait élargi l’imposition aux revenus étrangers rapatriés en Thaïlande par les résidents fiscaux thaïs, quelle que soit l’année de perception. Pendant dix-huit mois, les retraités français ont vécu dans le flou, certains bureaux locaux du Revenue Department exigeant des déclarations, d’autres non. Le communiqué ambassade de février 2026 tranche.
« Les autorités fiscales thaïlandaises ont confirmé que les retraites publiques ou privées, soumises à taxation en France, se trouvent dans le champ d’application de l’impôt en Thaïlande mais que ces revenus étaient exonérés en application de la stipulation précitée de la convention fiscale bilatérale. Elles ont par ailleurs confirmé que ces revenus étaient exemptés de déclaration et n’avaient pas à figurer dans la déclaration sur le revenu thaïlandaise. »
Source : Ambassade de France en Thaïlande, communiqué du 19 février 2026.
Qui est résident fiscal, où ?
L’article 4 B du Code général des impôts définit la résidence fiscale française par quatre critères, dont un seul suffit : votre foyer (conjoint, enfants mineurs) est en France, votre lieu de séjour principal est en France, votre activité professionnelle principale s’exerce en France, ou le centre de vos intérêts économiques s’y trouve. La règle thaïlandaise est plus simple : plus de 180 jours de présence physique en Thaïlande sur une année civile font de vous un résident fiscal thaï.
Quand les deux règles cochent en même temps (ce qui arrive à beaucoup de nouveaux expatriés), la convention bilatérale de 1974 prime sur le droit interne des deux pays. Elle tranche par une cascade de critères : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. En pratique, pour un retraité qui a vendu sa résidence principale en France et loue un appartement en Thaïlande à l’année, la résidence fiscale bascule côté thaï dès la première année complète.

La retenue à la source sur la pension française
L’article 182 A du Code général des impôts organise la retenue à la source applicable aux non-résidents. Elle est prélevée directement par la caisse de retraite, sur les pensions de source française, après un abattement de 10 %. Le barème est progressif par tranches.
| Revenus perçus | Tranche | Taux |
|---|---|---|
| 2025 (déclarés en 2026) | Jusqu’à 17 122 € | 0 % |
| De 17 122 € à 49 610 € | 12 % | |
| Au-delà de 49 610 € | 20 % | |
| 2026 (déclarés en 2027) | Jusqu’à 17 275 € | 0 % |
| De 17 275 € à 50 122 € | 12 % | |
| Au-delà de 50 122 € | 20 % |
Source : impots.gouv.fr, service international particulier. Les tranches sont revalorisées chaque année par la loi de finances, dans la même proportion que la première tranche du barème de l’impôt sur le revenu.
La retenue à la source ne solde pas l’impôt dû. Elle fonctionne comme un acompte. Une déclaration annuelle reste obligatoire au Service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR), sur le formulaire 2042 (rubriques 1AL et suivantes pour les pensions), avec un formulaire 2041-E pour préciser la période concernée. Le fisc recalcule l’impôt définitif avec un taux moyen, et applique un taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 €, 30 % au-delà, sauf si vous prouvez que votre taux mondial serait inférieur.
Côté prélèvements sociaux, bonne nouvelle : un non-résident fiscal vivant hors Espace économique européen ne paie ni CSG, ni CRDS, ni CASA sur ses pensions. Seule la cotisation d’assurance maladie (la COTAM) est retenue, à 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire. Mécanique qui fait gagner environ 9 points de prélèvements par rapport à un retraité resté en France, sur la seule partie sociale.
Un cas chiffré
Prenons un couple percevant 36 000 € annuels bruts de pensions cumulées, 18 000 € chacun, installé à Hua Hin. Abattement de 10 % appliqué, base taxable : 32 400 €. La retenue à la source cumulée tombe autour de 1 834 € sur l’année, calculée tranche par tranche. Aucun impôt thaï n’est dû sur ces pensions, et aucune déclaration au Revenue Department thaïlandais n’a à être déposée pour cette partie des revenus. La déclaration annuelle reste à faire en France, au SIPNR.
Seul point à soigner : tout contribuable résident fiscal thaï doit pouvoir justifier sur demande du Revenue Department l’imposition française de ses pensions. La pièce principale est l’avis d’imposition français, disponible à partir de l’été après la campagne déclarative. En attendant, les bulletins de pension mentionnant la retenue à la source suffisent généralement. L’administration thaïe exige une traduction en thaï des justificatifs, de courtoisie dans la plupart des bureaux, certifiée par un traducteur agréé dans les cas contrôlés.
Quelle assurance santé est obligatoire pour vivre en Thaïlande à la retraite ?
L’assurance santé est obligatoire pour obtenir et renouveler un visa O-A ou O-X. La couverture minimale est de 100 000 USD ou 3 millions de THB par an pour la demande initiale, et se décompose en 40 000 THB ambulatoire plus 400 000 THB hospitalisation lors du renouvellement sur place. Il n’existe aucune convention de sécurité sociale entre la France et la Thaïlande : la protection française ne couvre pas les soins reçus sur place.
Depuis octobre 2019 pour la demande initiale et octobre 2021 pour le renouvellement, la règle est posée à la lettre dans les textes de l’immigration thaïlandaise. Pour la première demande, faite en France, un formulaire spécifique (Foreign Insurance Certificate) doit être rempli et signé par l’assureur, attestant que la couverture est valide un an à partir de la date d’arrivée en Thaïlande. Pour l’extension annuelle sur place, le contrat doit être souscrit auprès d’un assureur agréé par la Thai General Insurance Association (TGIA). La liste est publique, et certaines assurances internationales très connues n’y figurent pas.
Les trois options pratiques
La première option est un contrat local auprès d’un assureur thaï agréé TGIA. Obligatoire pour la prolongation du O-A sur place. Primes annuelles variables selon l’âge et les antécédents : de l’ordre de 1 500 à 3 500 € pour un retraité de 65 ans en bonne santé, avec des plafonds et franchises à vérifier au contrat.
La deuxième option est une assurance internationale expatriés. Acceptée pour la demande initiale du O-A à Paris, mais pas toujours pour la prolongation si elle n’est pas sur la liste TGIA. Lire le contrat à la lettre, pas juste la plaquette commerciale.
La troisième option est l’adhésion volontaire à la Caisse des Français à l’Étranger (CFE), organisme de sécurité sociale pour les expatriés. Les remboursements se font selon les barèmes de la Sécurité sociale française, c’est-à-dire bien en dessous des tarifs hospitaliers privés thaïlandais. La CFE ne remplace pas l’assurance exigée pour le visa, elle la complète pour les retours en France jusqu’à trois mois consécutifs. Cotisation calculée sur les ressources, plafonnée.
La combinaison la plus fréquente chez les retraités français installés à l’année est CFE + contrat thaïlandais TGIA. Le premier garantit la continuité de la couverture française pendant les séjours en métropole. Le second satisfait l’exigence visa et prend en charge les soins sur place.
Le cas des allocations de solidarité
L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et l’Allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) sont conditionnées à une résidence principale en France, article L.815-1 du Code de la sécurité sociale. Le départ à l’étranger entraîne leur suppression immédiate. Pour un retraité modeste dont la pension dépend en partie de l’ASPA, le calcul économique doit intégrer ce manque à gagner. La prestation peut être redemandée au retour.
À retenir : Pour le visa, un contrat TGIA est incontournable. Pour la continuité des soins en France, la CFE reste la solution la plus lisible. Les mutuelles françaises classiques couvrent rarement l’international au niveau requis.
Quelles démarches côté France avant et après votre installation en Thaïlande ?
Cinq démarches structurent le changement de résidence : prévenir chaque caisse de retraite, changer d’adresse fiscale au Service des impôts des non-résidents, renvoyer chaque année le certificat de vie, s’inscrire au registre consulaire à Bangkok, et maintenir ses droits auprès de l’Assurance Maladie pour les séjours en France.
Informer les caisses de retraite
Chaque caisse doit être prévenue individuellement : Carsat pour le régime général, Agirc-Arrco pour la complémentaire, Sécurité sociale des indépendants, régime des fonctionnaires, caisses spéciales. L’adresse nouvelle est à transmettre, et le compte bancaire peut rester français ou basculer en Thaïlande. L’Assurance retraite accepte les virements internationaux, en euros ou en monnaie locale selon l’option choisie.
Adresse postale du Centre de traitement retraite à l’étranger : CS 13 999 Esvres, 37 321 Tours Cedex 9, France. Numéro dédié pour les retraités vivant à l’étranger : +33 9 74 75 76 99, du lundi au vendredi de 8h à 17h heure française.
Le certificat de vie, mécanique et sanction
Le certificat de vie est un formulaire plurilingue, Cerfa 11798*02 (également référencé S 5133c), à renvoyer chaque année à votre caisse de retraite pour justifier que vous êtes toujours en vie. Base légale : le décret n° 2013-1156 du 13 décembre 2013 et l’article 83 de la loi n° 2012-1404 de financement de la sécurité sociale pour 2013.
La procédure est centralisée depuis plusieurs années. L’Assurance retraite notifie le retraité par e-mail quand le service « Transmettre mon certificat de vie » est actif sur l’espace personnel. Le document se télécharge, se fait tamponner par une autorité locale compétente, puis se renvoie en ligne ou par courrier. En Thaïlande, les autorités habilitées à signer sont l’ambassade de France à Bangkok, les consuls honoraires (Chiang Mai, Phuket), une autorité communale thaïlandaise, ou un notary public.
Le délai de renvoi varie selon la caisse, entre un et trois mois à compter de la notification. Passé ce délai, la caisse suspend le versement de toutes les pensions concernées, sans préavis supplémentaire. La reprise se fait après réception et validation du document, avec régularisation des arriérés.
« En l’absence de justificatif d’existence à la date fixée, le versement de la pension de retraite est suspendu, un mois minimum après la date fixée pour la remise. »
Source : service-public.gouv.fr, fiche F2543.
Une application mobile, « Mon certificat de vie », permet depuis 2021 de confirmer son existence par reconnaissance biométrique faciale, via un QR code reçu par courrier ou mail. Elle fonctionne en Thaïlande, et elle évite le passage par le tampon administratif, qui dans certaines provinces peut prendre trois ou quatre semaines.
Fiscalité et résidence administrative
L’année du départ, il faut prévenir le service des impôts de votre nouvelle adresse, sans attendre la déclaration annuelle. Création ou mise à jour du compte sur impots.gouv.fr, rattachement automatique au Service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR), dont l’adresse postale est : 10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-le-Grand Cedex. La déclaration annuelle de revenus de source française reste obligatoire, et le formulaire 2041-E sert à détailler la retenue à la source déjà prélevée.
Il faut conserver une copie de l’avis d’imposition français chaque année, c’est la pièce qui servira à justifier auprès du Revenue Department thaï que vos pensions sont imposées en France. Classement à la lettre, pas au feeling.
Inscription consulaire
Non obligatoire, fortement conseillée. La démarche en ligne prend dix minutes, via service-public.fr ou le site de l’ambassade. L’inscription est valable cinq ans, avec renouvellement automatique sur notification trois mois avant échéance. Chaque Français inscrit est rattaché à l’un des 34 îlots de sécurité de la circonscription consulaire de Thaïlande, ce qui permet au consulat de le joindre rapidement en cas de crise (catastrophe naturelle, attentat, évacuation).
L’inscription donne accès à des tarifs consulaires réduits, aux tournées consulaires en province (utile à Koh Samui ou dans l’Isan), à l’alerte de sécurité, et ouvre la possibilité de voter depuis l’étranger.
Pouvez-vous acheter un logement en Thaïlande avec votre retraite ?
Un étranger ne peut pas détenir de terrain à son nom en Thaïlande. Il peut acheter un appartement en copropriété à condition que 51 % au moins des parts de l’immeuble restent détenus par des Thaïlandais (Condominium Act B.E. 2522). Pour une maison individuelle, les solutions passent par la location longue durée ou l’usufruit, tous deux plafonnés à 30 ans.
L’interdiction foncière
La base juridique de l’interdiction est le Land Code Act B.E. 2497, section 86. Un étranger ne peut pas être inscrit comme propriétaire d’un chanote (titre foncier plein) ni d’un NS3 (titre intermédiaire). La règle est absolue et ne souffre aucune exception pour les retraités, les conjoints de Thaïs, ou les résidents de longue date. Les montages qui contournent cette règle (société thaïlandaise avec prête-noms) sont surveillés par le Department of Business Development et peuvent être requalifiés en fraude.
L’achat en copropriété
Le Condominium Act B.E. 2522 réserve 49 % de la surface habitable totale d’un immeuble aux acheteurs étrangers, en pleine propriété, transmissible par succession. Pour acheter, il faut justifier que les fonds ont été transférés depuis l’étranger en devise étrangère, via un Foreign Exchange Transaction Form délivré par la banque thaïlandaise destinataire. Sans ce document, le Land Office refuse l’enregistrement du transfert de propriété.
Les prix au m² varient fortement d’une zone à l’autre. À Bangkok, les quartiers centraux de Sukhumvit et Sathorn tournent entre 3 500 et 6 000 € le m² pour du neuf premium. Pattaya se situe entre 1 200 et 2 500 € le m². Hua Hin, plus calme, affiche 1 500 à 3 000 € le m². Chiang Mai est la ville la plus accessible, 1 000 à 2 200 € le m² selon le quartier. Phuket reste la plus chère hors Bangkok, 2 000 à 4 500 € le m² selon l’emplacement, plages Nord ou Sud.
Les taxes à la transaction sont modérées : taxe de transfert 2 %, specific business tax de 3,3 % si revente avant cinq ans, droit de timbre 0,5 %, frais d’enregistrement 0,01 %. Elles se répartissent entre acheteur et vendeur selon négociation, la pratique locale fait pencher la charge plutôt vers le vendeur pour les taxes de revente, plutôt vers l’acheteur pour la transfer fee.
Les alternatives pour une maison
Trois montages permettent d’occuper une maison individuelle sans en être propriétaire foncier. La location longue durée (lease) est plafonnée à 30 ans, renouvelable par accord des parties, et doit être enregistrée au Land Office pour être opposable aux tiers. C’est la solution la plus simple et la plus sûre.
L’usufruit (usufruct) donne un droit d’usage de 30 ans maximum ou jusqu’au décès de l’usufruitier, enregistré au Land Office. Il survit à la vente du bien par le propriétaire.
Le montage par société thaïlandaise exige 51 % d’actionnaires thaïs, et le Department of Business Development vérifie la réalité économique de ces actionnaires. Les schémas avec prête-noms pour complaisance sont régulièrement requalifiés. Ce n’est pas une solution pour un retraité qui veut un logement, c’est une structure à risque juridique réel.
Quel budget mensuel prévoir pour vivre en Thaïlande à la retraite ?
Un retraité français peut vivre confortablement en Thaïlande avec un budget mensuel entre 1 200 et 2 500 € selon la ville et le mode de vie. Un couple installé à Chiang Mai ou Hua Hin s’en sort à partir de 1 800 €, contre 2 800 à 3 500 € à Bangkok central ou Phuket pour un niveau de confort équivalent.
| Poste mensuel | Bangkok centre | Chiang Mai | Hua Hin | Pattaya | Phuket |
|---|---|---|---|---|---|
| Logement (studio ou 1 chambre) | 400 à 700 € | 250 à 450 € | 300 à 500 € | 350 à 600 € | 400 à 800 € |
| Alimentation (couple) | 350 à 500 € | 250 à 400 € | 280 à 430 € | 280 à 430 € | 320 à 480 € |
| Transport local | 60 à 120 € | 40 à 80 € | 50 à 100 € | 50 à 100 € | 60 à 120 € |
| Électricité et eau | 80 à 170 € | 50 à 120 € | 60 à 140 € | 60 à 140 € | 80 à 170 € |
| Internet, téléphone | 25 à 40 € | 25 à 40 € | 25 à 40 € | 25 à 40 € | 25 à 40 € |
| Santé courante | 50 à 150 € | 40 à 120 € | 45 à 130 € | 45 à 130 € | 60 à 160 € |
| Loisirs, sorties | 150 à 350 € | 100 à 250 € | 120 à 280 € | 150 à 350 € | 180 à 400 € |
| Total estimé couple | 1 115 à 2 030 € | 755 à 1 460 € | 880 à 1 620 € | 960 à 1 790 € | 1 125 à 2 170 € |
Ces fourchettes n’incluent pas l’assurance santé privée (à ajouter : environ 150 à 300 €/mois pour un couple de 60-70 ans via un contrat TGIA de base, davantage avec antécédents), ni les voyages retour en France (compter un billet aller-retour de 700 à 1 300 € par personne selon saison), ni les imprévus.
Les postes qui surprennent
La climatisation représente souvent 60 à 80 % de la facture d’électricité pour un retraité qui passe ses journées chez lui. À Bangkok ou Phuket, la clim tourne douze heures par jour une grande partie de l’année. L’électricité thaïlandaise n’est pas particulièrement bon marché, et les factures de 100 à 180 € par mois sont fréquentes pour un deux pièces climatisé en permanence.
L’eau courante n’est pas potable, même à Bangkok. Il faut acheter de l’eau en bonbonnes (environ 1 € les 20 litres livrés, ou 8 bahts pour 5 litres à la station publique). Sur l’année, compter 15 à 25 € par mois pour un couple.
Les produits importés européens sont entre 50 % et 100 % plus chers qu’en France. Fromages, vins, charcuterie, céréales, produits bio : ces rayons coûtent cher dans les supermarchés Tops, Villa Market ou Emquartier. En revanche, les produits locaux (fruits, légumes, riz, poisson, volaille) restent trois à cinq fois moins chers qu’en France. La structure de consommation bascule vite, ce que les nouveaux arrivants sous-estiment la première année.
Le change et l’inflation
Le baht fluctue autour de 37 à 39 THB pour 1 € sur la période 2024-2026, avec des écarts intra-année de 5 à 8 %. Un couple qui reçoit sa pension en euros sur un compte français et transfère mensuellement gagne ou perd plusieurs dizaines d’euros selon la date du virement. Certaines banques européennes proposent des comptes multidevises ou des transferts Wise à frais réduits, bien utile pour limiter la perte au change.
L’inflation thaïlandaise, modérée par nature (entre 1 et 3 % par an hors crises), a été plus marquée sur l’immobilier locatif des zones touristiques entre 2022 et 2025. Les loyers à Phuket, Koh Samui et certains quartiers de Bangkok ont augmenté de 20 à 30 % sur trois ans. Les zones moins touristiques (Chiang Mai, Hua Hin, Isan) ont mieux tenu.
Questions fréquentes sur la retraite en Thaïlande
Un retraité français peut-il toucher sa pension sur un compte bancaire thaïlandais ?
Oui. L’Assurance retraite verse les pensions sur un compte étranger sans surcoût. Il faut transmettre un RIB international (IBAN) à chaque caisse et informer le Centre de traitement retraite à l’étranger d’Esvres. Le versement se fait en euros, converti en bahts par la banque thaïlandaise au taux du jour.
Que se passe-t-il si je ne renvoie pas mon certificat de vie à temps ?
Le paiement des pensions est suspendu automatiquement au terme du délai fixé par la caisse (un à trois mois après notification). La reprise n’a lieu qu’après réception et validation du document, et les arriérés sont généralement régularisés sur le versement suivant.
L’ASPA et l’ASI sont-elles versées en Thaïlande ?
Non. L’Allocation de solidarité aux personnes âgées et l’Allocation supplémentaire d’invalidité sont soumises à une condition de résidence principale en France (article L.815-1 du Code de la sécurité sociale). Elles cessent d’être versées dès le départ, et peuvent être redemandées au retour.
Mes enfants pourront-ils hériter de mon condominium en Thaïlande ?
Oui. Un condominium détenu en pleine propriété par un étranger est transmissible par succession. Les héritiers étrangers doivent respecter le quota des 49 % de surface habitable détenus par des non-Thaïs. En cas de dépassement, le bien doit être revendu dans un délai d’un an à compter du décès.
Dois-je déclarer mon compte bancaire thaïlandais au fisc français ?
Oui, tant que vous restez résident fiscal français (formulaire 3916 joint à la déclaration). Si vous devenez non-résident, l’obligation française porte uniquement sur les revenus de source française. Le compte thaï peut alors être à déclarer au Revenue Department thaïlandais si vous dépassez le seuil local.
Puis-je travailler en Thaïlande avec un visa O-A ?
Non. Aucun visa de retraite (O, O-A, O-X, LTR) n’autorise d’activité salariée ou indépendante en Thaïlande. Un work permit distinct doit être obtenu, avec conditions (âge, secteur, quota d’emploi d’étrangers par entreprise). Le bénévolat non rémunéré entre dans le champ du possible.
Que devient ma complémentaire santé française à la retraite en Thaïlande ?
La plupart des mutuelles françaises couvrent peu ou pas les soins reçus en Thaïlande. La Caisse des Français à l’Étranger (CFE) rembourse selon les barèmes de la Sécurité sociale française, bien inférieurs aux tarifs des hôpitaux privés thaïlandais. Un contrat d’assurance santé spécifique reste nécessaire en complément.
Comment obtenir une attestation d’existence tamponnée en Thaïlande ?
L’autorité locale compétente pour tamponner le certificat de vie Cerfa 11798*02 peut être l’ambassade de France à Bangkok, un consulat honoraire (Chiang Mai, Phuket), une autorité communale thaïlandaise, ou un notary public. Le choix dépend de la distance et des délais locaux.