Retraite au Vietnam : visa, fiscalité, santé et budget
Le Vietnam ne propose aucun visa retraite. Pour s’installer durablement, il faut passer par l’exemption de 45 jours, l’e-visa de 90 jours, une carte de résident temporaire sur sponsor ou un visa investisseur. 6 968 Français étaient inscrits au registre consulaire vietnamien au 1er janvier 2025 selon France Diplomatie. Cet article couvre le budget mensuel réel, les options de séjour, l’imposition des pensions selon la convention bilatérale de 1993, les démarches côté français, la couverture santé et le choix de la ville d’installation.
Ce qu’il faut retenir :
- Pas de visa retraite au Vietnam. Quatre voies : exemption 45 jours pour les Français (entrée unique, gratuite), e-visa 90 jours (25 USD entrée unique, 50 USD entrées multiples), carte de résident temporaire (TRC) sur sponsor familial ou professionnel, ou visa investisseur DT.
- La convention fiscale franco-vietnamienne du 10 février 1993 (publiée par le décret n° 94-1101 du 13 décembre 1994) attribue l’imposition des pensions privées à l’État de résidence (article 11) et celle des pensions publiques à l’État qui paie (article 12).
- La résidence fiscale vietnamienne exige une présence d’au moins 183 jours sur 12 mois consécutifs et un foyer principal sur place. Le barème de l’impôt sur le revenu va de 5 % à 35 % selon les tranches en dôngs vietnamiens.
- L’ASPA et l’ASI sont supprimées dès lors que le retraité ne réside plus en France. Les pensions de base et complémentaire restent payables à l’étranger sous condition de transmettre un certificat de vie chaque année.
- Aucun accord de sécurité sociale entre la France et le Vietnam. La Caisse des Français de l’Étranger (formule RetraitExpat Santé) rembourse aux tarifs français : seule, elle ne couvre pas les factures des cliniques privées internationales. Une complémentaire ou une assurance au premier euro est généralement nécessaire.
- Coût de la vie inférieur de 50 à 60 % à celui de la France selon les indices Numbeo (méthode déclarative). Inscription au registre des Français de l’étranger gratuite, conditionnée à 6 mois de résidence dans la circonscription consulaire.
Sommaire
- Quel budget faut-il pour vivre sa retraite au Vietnam ?
- Quel visa permet de rester durablement au Vietnam à la retraite ?
- Comment fonctionne la fiscalité d’un retraité français au Vietnam ?
- Quelles démarches faire avant et après le départ pour le Vietnam ?
- Quelle couverture santé prévoir au Vietnam quand on est retraité ?
- Dans quelle ville s’installer au Vietnam pour sa retraite ?
- Les questions les plus posées
Quel budget faut-il pour vivre sa retraite au Vietnam ?
Un retraité français peut vivre confortablement au Vietnam avec 1 000 à 1 500 € par mois en grande ville et 700 à 1 000 € hors des grands centres. Le différentiel de coût avec la France oscille autour de 50 à 60 % selon les indicateurs Numbeo, à pondérer par la volatilité du dông et les frais bancaires de transfert.
Disons-le tout de suite : ces fourchettes restent des ordres de grandeur. La source la plus citée, Numbeo, repose sur des saisies déclaratives d’utilisateurs et non sur une statistique officielle. Aucune institution publique gratuite ne publie de panier moyen retraité pour le Vietnam. Les chiffres ci-dessous donnent une base de cadrage, pas une garantie budgétaire.
Côté postes, le logement reste le levier principal : un T2 meublé en centre-ville à Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville se loue entre 500 et 800 € selon le quartier, contre 300 à 550 € à Da Nang ou Hoi An. L’alimentation locale, marchés et restauration de rue, tient un budget de couple sous 300 € mensuels en grande ville. Le transport (Grab, taxis, scooter) sort rarement du couloir 50-80 €. Les loisirs (cinéma, sorties, abonnements sportifs) restent accessibles. La santé hors assurance reste modeste tant qu’on évite les cliniques privées internationales, mais ces dernières font basculer le budget en cas d’hospitalisation.
| Poste de dépense | Hanoï / Hô Chi Minh-Ville | Da Nang / Hoi An | Zone rurale ou ville secondaire |
|---|---|---|---|
| Logement (T2 meublé centre) | 500-800 €/mois | 350-550 €/mois | 150-300 €/mois |
| Alimentation pour un couple | 200-300 €/mois | 180-280 €/mois | 120-200 €/mois |
| Transport quotidien | 50-80 €/mois | 40-70 €/mois | 30-50 €/mois |
| Santé (hors assurance santé) | 50-100 €/mois | 50-100 €/mois | 50-100 €/mois |
| Loisirs et sorties | 100-200 €/mois | 80-150 €/mois | 50-100 €/mois |
Source : indices Numbeo Vietnam (méthode déclarative communautaire, pas une statistique institutionnelle).
Reste un point qu’on oublie souvent : la pension est versée en euros, les dépenses se font en dôngs. Sur dix ans, la tendance dépréciative du dông face à l’euro est réelle, et les frais bancaires internationaux (commissions de change, frais de réception) grignotent le pouvoir d’achat. Un retraité installé durablement arbitre généralement entre trois comptes : un compte bancaire français pour percevoir la pension, un compte vietnamien en dôngs (Vietcombank, BIDV) pour les dépenses courantes, parfois un compte en USD ou en euros chez une banque internationale (HSBC, UOB) pour limiter les conversions répétées.
Quel visa permet de rester durablement au Vietnam à la retraite ?
Le Vietnam ne délivre pas de visa retraite spécifique, contrairement à la Thaïlande ou au Cambodge. Les retraités français disposent de quatre voies : l’exemption de visa de 45 jours (entrée unique, gratuite), l’e-visa de 90 jours (25 ou 50 USD), la carte de résident temporaire TRC (1 à 5 ans, sur sponsor) et le visa investisseur DT (engagement financier).
L’exemption de visa de 45 jours
Les ressortissants français bénéficient d’une exemption de visa pour un séjour allant jusqu’à 45 jours. Le passeport doit rester valide au moins 6 mois après l’entrée. L’exemption se reconduit à chaque entrée, autrement dit une sortie suivie d’une nouvelle entrée ouvre droit à 45 jours supplémentaires. La pratique des visa runs (sortie en Thaïlande ou au Cambodge puis retour) reste tolérée mais de plus en plus contrôlée par l’immigration vietnamienne. Limite structurelle : entrée unique seulement, pas de bail longue durée possible, pas d’ouverture de compte bancaire local.
L’e-visa de 90 jours
Depuis le 15 août 2023, la loi modifiée sur l’entrée et la sortie des étrangers a porté la durée maximale de l’e-visa à 90 jours, en entrée simple ou multiples, pour toutes les nationalités. La demande se fait sur le site officiel du Département de l’Immigration, evisa.xuatnhapcanh.gov.vn. Tarifs en vigueur : 25 USD pour une entrée unique, 50 USD pour des entrées multiples. Délai de traitement officiel : 3 jours ouvrés. Les frais sont non remboursables, même en cas de refus. La méfiance s’impose face aux sites intermédiaires qui surfacturent la procédure.
La carte de résident temporaire (TRC)
La TRC ouvre la voie à un séjour de 1 à 5 ans renouvelable, mais elle n’est jamais délivrée à un retraité venu seul sans attache. Trois sponsors possibles : un conjoint vietnamien (visa familial TT), un employeur vietnamien (visa LD ou DN), ou un investissement enregistré (visa DT). Avec une TRC, le retraité peut signer un bail longue durée, ouvrir un compte bancaire en son nom, demander un permis de conduire local. Le dossier exige des documents traduits, légalisés et apostillés, et la dépendance au sponsor reste forte.
Le visa investisseur DT
Le visa DT est réservé aux étrangers qui ont enregistré une participation dans une entreprise vietnamienne. Quatre catégories selon le capital engagé : DT4 sous 3 milliards VND, DT3 entre 3 et 50 milliards, DT2 entre 50 et 100 milliards, DT1 au-delà de 100 milliards de VND. Le seuil DT1 ouvre droit à une TRC pouvant aller jusqu’à 10 ans. Les seuils inférieurs donnent accès à des durées plus courtes. Les formalités juridiques (création de société, comptabilité locale, conformité fiscale) sont lourdes, l’investissement n’est pas garanti.
| Option | Durée | Coût | Conditions | Limites |
|---|---|---|---|---|
| Exemption de visa | 45 jours | Gratuit | Passeport valide 6 mois, ressortissant français | Entrée unique, pas de bail long terme, pas de compte bancaire local |
| E-visa entrée unique | 90 jours | 25 USD | Demande sur evisa.xuatnhapcanh.gov.vn | Une seule entrée, non renouvelable une fois sorti |
| E-visa entrées multiples | 90 jours | 50 USD | Demande sur evisa.xuatnhapcanh.gov.vn | Sortie et retour libres pendant 90 jours |
| Carte TRC sur sponsor | 1 à 5 ans | Variable selon le sponsor | Conjoint vietnamien, emploi ou investissement | Dépendance au sponsor, dossier multilingue à légaliser |
| Visa DT (investisseur) | Jusqu’à 10 ans (DT1) | Capital engagé en VND | DT1 à DT4 selon le seuil d’investissement | Engagement financier élevé, formalités juridiques lourdes |
À retenir : le dépassement de la durée autorisée déclenche une amende graduée (de 500 000 à 20 millions de VND selon le nombre de jours) et peut entraîner une interdiction de retour. La règle est appliquée à la lettre.
Une carte d’arrivée numérique (Pre-Arrival Card) est exigée à compter de 2026, à remplir dans les trois jours précédant l’arrivée sur le territoire. Les modalités exactes restent à vérifier sur le site officiel avant chaque déplacement, la réglementation évolue régulièrement.
Comment fonctionne la fiscalité d’un retraité français au Vietnam ?
La convention fiscale bilatérale du 10 février 1993, publiée par le décret n° 94-1101 du 13 décembre 1994, attribue l’imposition des pensions privées à l’État de résidence du bénéficiaire (article 11) et celle des pensions publiques à l’État qui les verse (article 12). La résidence fiscale vietnamienne suppose 183 jours de présence sur 12 mois consécutifs et un foyer principal au Vietnam.
Beaucoup d’articles affirment qu’il n’existerait pas de convention fiscale entre la France et le Vietnam. C’est faux. La convention a été signée à Hanoï le 10 février 1993, approuvée par la loi n° 94-323 du 25 avril 1994, publiée par le décret n° 94-1101 du 13 décembre 1994 et est entrée en vigueur le 1er juillet 1994. Le texte intégral est consultable sur Légifrance et sur le BOFiP. C’est noir sur blanc.
L’article 11 règle le sort des pensions privées :
Sous réserve des dispositions du paragraphe 2 de l’article 12, les pensions et autres rémunérations similaires payées à un résident d’un État contractant au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans cet État.
Concrètement, un retraité du privé devenu résident fiscal vietnamien verra sa pension de base (régime général) et sa pension complémentaire (Agirc-Arrco) imposées exclusivement au Vietnam, plus en France. L’article 12 réserve un sort différent aux pensions des fonctions publiques : versées par l’État français ou ses collectivités locales au titre de services rendus, elles restent imposables en France, sauf si le retraité est résident vietnamien et possède la nationalité vietnamienne sans avoir conservé la nationalité française. Cette distinction explique pourquoi un ancien fonctionnaire et un ancien salarié du privé, installés tous deux au Vietnam, n’auront pas la même feuille d’impôt.
Le seuil des 183 jours et le foyer principal
Devenir résident fiscal vietnamien suppose un critère cumulatif : présence physique d’au moins 183 jours sur 12 mois consécutifs et foyer permanent ou centre des intérêts vitaux au Vietnam (article 4 de la convention, complété par le droit interne vietnamien). Vivre 7 mois par an au Vietnam tout en gardant un appartement principal en France, des comptes bancaires actifs et une famille proche dans l’Hexagone ne suffit pas : l’administration française peut maintenir la résidence fiscale en France. La règle administrative et la règle fiscale sont deux choses distinctes, bon nombre de retraités les confondent.
Le barème vietnamien de l’impôt sur le revenu
Une fois la résidence fiscale vietnamienne établie, le revenu mondial du retraité est soumis au barème progressif vietnamien, en dôngs.
| Tranche annuelle (millions VND) | Équivalent indicatif (€) | Taux marginal |
|---|---|---|
| Jusqu’à 60 | Jusqu’à environ 2 200 | 5 % |
| De 60 à 120 | Environ 2 200 à 4 400 | 10 % |
| De 120 à 216 | Environ 4 400 à 7 900 | 15 % |
| De 216 à 384 | Environ 7 900 à 14 100 | 20 % |
| De 384 à 624 | Environ 14 100 à 22 900 | 25 % |
| De 624 à 960 | Environ 22 900 à 35 200 | 30 % |
| Au-delà de 960 | Au-delà de 35 200 | 35 % |
Source : barème publié par l’UFE Vietnam, conforme à la loi vietnamienne sur l’impôt sur le revenu des personnes physiques.
Le barème grimpe vite. À titre de repère, une pension de 30 000 € annuels passe en partie dans la tranche à 25 %. Cela ne veut pas dire que l’imposition vietnamienne sera systématiquement plus lourde : il faut comparer après abattements et crédits d’impôt prévus par la convention. Mais l’idée d’une fiscalité automatiquement légère ne tient pas dès qu’on dépasse les pensions modestes.
La déclaration côté français
Un non-résident continue à déclarer ses revenus de source française auprès du Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR), 10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-le-Grand Cedex. Cela vaut notamment pour les revenus immobiliers (article 6 de la convention : les revenus de biens immobiliers situés en France restent imposables en France), pour les dividendes français, et pour la première année de transition. Aucune convention bilatérale ne couvre les successions ni les donations entre la France et le Vietnam : la transmission suit le régime de droit commun applicable aux non-résidents.
Quelles démarches faire avant et après le départ pour le Vietnam ?
Avant le départ, prévenir ses caisses de retraite et le service des impôts. Sur place, s’inscrire au registre des Français de l’étranger après 6 mois de résidence dans la circonscription consulaire. Chaque année, transmettre un certificat de vie sous peine de suspension du versement des pensions.
Informer les caisses de retraite
Le régime général (Carsat), l’Agirc-Arrco et les régimes spéciaux doivent être informés du changement de résidence. La pension reste payable à l’étranger, sur compte bancaire français ou local, selon ce que demande la caisse. Le retraité non-résident n’est pas soumis à la CSG ni à la CRDS. En revanche, pour les pays hors Espace Économique Européen et hors Suisse, une cotisation maladie de 3,2 % est prélevée sur la pension de base et complémentaire (article L.131-9 du Code de la sécurité sociale). Le Vietnam relève bien de ce cas.
Le sort de l’ASPA et de l’ASI
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) sont soumises à une condition de résidence stable et régulière en France. Tout départ supérieur à 6 mois entraîne la suppression du versement (article L.815-1 du Code de la sécurité sociale). Cette règle change radicalement le calcul de viabilité d’un projet d’expatriation pour les pensions modestes : un retraité qui complète sa retraite de base par l’ASPA perdra cette part en quittant la France. Le retour permettra de redéposer une demande, mais sans rappel rétroactif.
À retenir : l’ASPA et l’ASI s’arrêtent à la frontière. Une retraite de 800 € complétée d’une ASPA de 350 € retombe à 800 € en cas de départ pour le Vietnam.
Déclarer le départ aux impôts
Le retraité prévient le SIPNR (10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-le-Grand Cedex) via le formulaire 2042 et la déclaration de transfert de domicile. La première année reste hybride : revenus français de la période de résidence française imposés selon le barème classique, revenus de source française post-départ traités en non-résident. C’est aussi à ce moment qu’on signale les biens immobiliers conservés en France.
S’inscrire au registre des Français de l’étranger
Démarche gratuite, en ligne via service-public.fr ou directement au consulat. Validité 5 ans, renouvelable. L’inscription est conditionnée à une résidence d’au moins 6 mois dans la circonscription. Avantages concrets : carte consulaire, alertes en cas de crise sanitaire ou politique, accès aux tarifs A préférentiels au consulat (vs. tarif B pour les non-inscrits), simplification des renouvellements de passeport. Le consulat général de France à Hô Chi Minh-Ville couvre le sud du pays, l’ambassade à Hanoï couvre le nord.
Le certificat de vie annuel
Un seul certificat unifié vaut pour toutes les caisses françaises depuis la mise en place du service « Ma retraite à l’étranger » sur info-retraite.fr. Trois canaux possibles :
- Application mobile Mon certificat de vie en reconnaissance biométrique (depuis juin 2024).
- Service en ligne sur l’espace personnel info-retraite.fr, certificat à faire compléter par une autorité locale compétente puis transmis numérisé.
- Voie postale au Centre de traitement retraite à l’étranger, CS 13 999 Esvres, 37 321 Tours Cedex 9, France.
Le délai de transmission après notification est strict : 1 mois selon service-public.gouv.fr, jusqu’à 2 mois selon l’Assurance retraite. Dépassement = suspension automatique du versement de la pension. À partir du 1er janvier 2028, la preuve d’existence devra obligatoirement être apportée par reconnaissance biométrique.
J’ai vu des cas où l’oubli a coûté trois mois de pension non versés, le temps que le dossier soit débloqué. Ce n’est pas une paperasse parmi d’autres, c’est un déclencheur. Une notification arrive par e-mail ou par courrier, le compteur démarre à ce moment-là, pas au moment où le retraité y pense.
Quelle couverture santé prévoir au Vietnam quand on est retraité ?
Le Vietnam et la France n’ont aucun accord de sécurité sociale. La Sécurité sociale française cesse de rembourser au-delà de trois mois après le départ. Trois options : Caisse des Français de l’Étranger (CFE) seule, CFE plus complémentaire, ou assurance internationale au premier euro. Une hospitalisation en clinique privée internationale peut atteindre plusieurs milliers d’euros par jour.
Un système de santé à deux vitesses
Le secteur public vietnamien reste peu coûteux à l’unité, mais saturé, à l’équipement inégal, avec un personnel rarement francophone ou anglophone. Le secteur privé international (chaîne Vinmec à Hanoï, Hô Chi Minh-Ville et Da Nang, FV Hospital à Hô Chi Minh-Ville, Hôpital Français de Hanoï) propose des plateaux techniques modernes, des médecins formés à l’étranger, des interprètes francophones dans les grandes structures. Mais la facturation s’aligne sur les standards occidentaux : une nuit en chambre individuelle dépasse 200 €, une intervention chirurgicale lourde se chiffre en milliers d’euros.
La CFE RetraitExpat Santé
La CFE propose le contrat RetraitExpat Santé dédié aux retraités d’un régime français de Sécurité sociale. Il couvre l’assuré, son conjoint et ses ayants droit mineurs. Principe de remboursement : alignement sur les tarifs de la Sécurité sociale française. Sur le papier, c’est une continuité Sécu rassurante. Dans la vraie vie, cela signifie qu’une consultation à 80 € en clinique privée vietnamienne sera remboursée sur la base d’une consultation française à 30 €. Le tiers-payant hospitalier est plafonné à 70 % du tarif CFE depuis 2024-2025, le reste à charge devient l’enjeu central. Avantage non négligeable : la CFE ne pratique pas de sélection médicale, ce qui sécurise les profils âgés ou avec antécédents.
La catégorie aidée
La catégorie aidée permet une cotisation forfaitaire de 228 € par trimestre en 2026, sous condition que les ressources annuelles restent inférieures à 24 030 € (50 % du PASS 2026 fixé à 48 060 €). Conditions cumulatives : être inscrit au registre des Français de l’étranger, adhérer aux contrats MondExpat ou RetraitExpat Santé. La demande passe par le consulat de résidence, qui transmet le dossier à la CFE.
Complémentaire ou assurance au premier euro
Au-delà de la CFE, deux schémas s’opposent. La complémentaire santé internationale prend le relais sur les frais réels au-delà du remboursement CFE, ce qui aligne la couverture finale sur les coûts vietnamiens. L’assurance au premier euro remplace la CFE et gère seule les remboursements, avec des plafonds plus élevés mais une sélection médicale parfois exigeante et des exclusions sur les maladies préexistantes. Critères de comparaison à examiner avant signature : plafond annuel d’hospitalisation, franchise, exclusions, rapatriement sanitaire, téléconsultation francophone, prise en charge des soins hors Vietnam (Bangkok ou Singapour pour les cas lourds).
| Solution | Public visé | Couverture cliniques privées internationales | Avantage | Limite |
|---|---|---|---|---|
| CFE seule (RetraitExpat Santé) | Pension modeste, retours fréquents en France | Insuffisante | Continuité Sécu, pas de sélection médicale | Reste à charge élevé sur le privé local |
| CFE + complémentaire internationale | Profils mixtes, suivi en France | Bonne avec un plafond adapté | Articulation Sécu et privé | Cotisation cumulée, double gestion |
| Assurance au premier euro | Expatriés sans suivi français régulier | Très bonne | Plafonds élevés, gestion directe | Sélection médicale, exclusions possibles |
| CFE catégorie aidée | Ressources sous 24 030 €/an | Insuffisante seule | 228 €/trimestre | Plafond de ressources strict |
Côté vaccinations, aucune n’est obligatoire à l’entrée. L’Institut Pasteur et le ministère de la Santé recommandent les vaccins habituels (hépatite A et B, typhoïde) selon la durée du séjour, et la rage et l’encéphalite japonaise pour les zones rurales et les longues installations. Le rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite reste de mise à tout âge.
Dans quelle ville s’installer au Vietnam pour sa retraite ?
Cinq villes concentrent l’essentiel des installations de retraités français : Hanoï (capitale culturelle, communauté francophone active), Hô Chi Minh-Ville (services premium), Da Nang (équilibre urbain et bord de mer), Hoi An (rythme calme, dépend de Da Nang pour les soins lourds) et Nha Trang (cité balnéaire). Le choix dépend du climat supporté, du budget et de la proximité d’une clinique internationale.
Hanoï
Climat continental marqué par un été chaud et humide et un hiver frais (10 à 15 °C en janvier). La capitale concentre une communauté francophone active autour de l’Institut français, du Lycée français Alexandre Yersin et de l’Hôpital Français de Hanoï. L’ambassade de France au 57 rue Trần Hưng Đạo couvre le nord du pays. Inconvénient pour les sensibilités respiratoires : la qualité de l’air en hiver atteint régulièrement des seuils élevés sur les indices PM2.5.
Hô Chi Minh-Ville
L’ancienne Saïgon offre un climat tropical plus stable, deux saisons (sèche et humide), une vie cosmopolite. Les cliniques internationales FV Hospital et Vinmec Central Park couvrent les soins lourds. Les quartiers Thảo Điền (district 2) et Phú Mỹ Hưng (district 7) restent les pôles expatriés, avec services occidentaux, restaurants internationaux et résidences sécurisées. Le consulat général de France au 27 Nguyễn Thị Minh Khai gère la circonscription sud.
Da Nang
À mi-chemin entre Hanoï et Saïgon, Da Nang combine front de mer, centre-ville moderne et coût de la vie raisonnable. Climat tempéré avec une saison fraîche d’octobre à mars. Aéroport international, plages aménagées, Vinmec Da Nang pour les soins privés. Communauté expatriée en croissance, présence francophone modeste mais existante. Loyers nettement inférieurs aux deux capitales économiques.
Hoi An
À 30 km au sud de Da Nang, classée à l’UNESCO pour sa vieille ville. Rythme paisible, taille humaine, climat tropical doux. Petite communauté française. Pour les soins lourds, le report sur Da Nang reste systématique : la ville n’a pas de clinique internationale de plein exercice. Convient à un projet de retraite calme, pas à un profil avec suivi médical régulier exigeant.
Nha Trang
Cité balnéaire de la côte centre-sud, longue saison sèche, hôtels internationaux, Vinmec Nha Trang. Plus modeste en communauté française que les villes précédentes. Loyers encore inférieurs à Da Nang. Le consulat de Hô Chi Minh-Ville s’y déplace périodiquement pour les démarches d’état civil et les passeports.
| Ville | Climat dominant | Loyer T2 meublé centre | Accès aux soins privés | Communauté francophone |
|---|---|---|---|---|
| Hanoï | Continental humide | 500-800 €/mois | Hôpital Français de Hanoï, Vinmec Times City | Active (Institut français, Lycée) |
| Hô Chi Minh-Ville | Tropical, deux saisons | 600-1000 €/mois | FV Hospital, Vinmec Central Park | Très active, consulat général |
| Da Nang | Tempéré (saison fraîche oct-mars) | 350-550 €/mois | Vinmec Da Nang | En croissance |
| Hoi An | Tropical doux | 300-500 €/mois | Soins lourds reportés sur Da Nang | Petite mais présente |
| Nha Trang | Sec ensoleillé | 300-500 €/mois | Vinmec Nha Trang | Modeste |
Source : France Diplomatie pour les chiffres consulaires, indices Numbeo pour les loyers indicatifs.
Les questions les plus posées
Peut-on percevoir sa retraite française en vivant au Vietnam ?
Oui. La pension de base et la pension complémentaire restent payables à l’étranger, sur compte bancaire français ou vietnamien, sous condition de transmettre chaque année un certificat de vie. L’ASPA et l’ASI sont en revanche supprimées dès lors que la résidence n’est plus en France.
Faut-il être résident fiscal au Vietnam pour bénéficier de la convention de 1993 ?
Oui. La convention s’applique aux résidents d’un État contractant ou des deux. La résidence fiscale vietnamienne suppose un séjour égal ou supérieur à 183 jours sur 12 mois consécutifs et un foyer permanent ou centre d’intérêts vitaux au Vietnam. Sans ce statut, l’imposition reste française.
Quelle différence entre l’exemption de visa et l’e-visa pour le Vietnam ?
L’exemption de 45 jours est gratuite mais limitée à une seule entrée. L’e-visa de 90 jours coûte 25 USD en entrée unique ou 50 USD en entrées multiples et permet de sortir et revenir librement pendant la durée de validité. Au-delà, seules la TRC ou un visa investisseur permettent un séjour durable.
La Sécurité sociale française rembourse-t-elle les soins reçus au Vietnam ?
Non. Le Vietnam n’a pas signé d’accord bilatéral de sécurité sociale avec la France. Au-delà des trois premiers mois suivant le départ, plus aucun remboursement n’est versé hors situations particulières. Une couverture par la Caisse des Français de l’Étranger ou une assurance internationale est nécessaire.
Comment fonctionne le certificat de vie depuis 2024 ?
Un seul certificat unifié pour toutes les caisses françaises est demandé chaque année. Il peut être transmis via l’application Mon certificat de vie en biométrie (depuis juin 2024), via le service « Ma retraite à l’étranger » sur info-retraite.fr, ou par voie postale au Centre de traitement retraite à l’étranger, CS 13 999 Esvres, 37 321 Tours Cedex 9. À partir du 1er janvier 2028, la biométrie sera obligatoire.
Peut-on acheter un bien immobilier au Vietnam quand on est retraité étranger ?
Oui depuis la loi sur le logement entrée en vigueur le 1er juillet 2015, un étranger peut acheter un appartement en titre d’usage de 50 ans renouvelable. L’acquisition est facilitée pour les titulaires d’un visa investisseur DT. La transmission par succession reste soumise au droit vietnamien et à l’éligibilité des héritiers.