Retraite en Grèce : démarches, fiscalité et budget
Prendre sa retraite en Grèce est ouvert à tout Français qui, en tant que ressortissant de l’Union européenne, entre librement avec sa carte d’identité ou son passeport, sollicite après trois mois un certificat de résidence auprès de la police des étrangers, et obtient un AFM (numéro fiscal grec) puis un AMKA (numéro de sécurité sociale grec) pour finaliser son installation.
Le pays combine une nouvelle convention fiscale du 11 mai 2022 qui attribue à l’article 17 le droit d’imposer les pensions privées et de sécurité sociale à l’État de résidence, un régime non-dom retraités à 7 % instauré par la loi 4714/2020 (flat-tax sur tous les revenus de source étrangère pendant 15 ans), une couverture maladie ouverte par le formulaire S1 et l’inscription à l’EFKA, et un coût de la vie inférieur de 20 % à celui de la France selon Numbeo.
L’article détaille les démarches, la fiscalité de la convention de 2022, le régime 7 % et ses conditions d’éligibilité, le versement de la pension française, l’inscription à l’EFKA, le coût de la vie poste par poste, et les pièges qui coûtent cher quand on les ignore.
Ce qu’il faut retenir :
- En tant que ressortissants de l’Union européenne, les Français entrent librement en Grèce avec carte d’identité ou passeport pour 3 mois. Au-delà, enregistrement à la police des étrangers et obtention d’un certificat de résidence. Au-delà de 183 jours, le retraité devient résident fiscal grec et doit obtenir un AFM (numéro fiscal grec).
- La convention fiscale franco-grecque du 11 mai 2022, entrée en vigueur le 30 décembre 2023 et applicable depuis le 1er janvier 2024, a remplacé celle de 1963. Article 17 : pensions privées et de sécurité sociale exclusivement imposables dans l’État de résidence. Article 18 : pensions publiques exclusivement imposables dans l’État de source.
- Le régime non-dom retraités instauré par la loi 4714/2020 du 31 juillet 2020 prévoit une flat-tax de 7 % sur tous les revenus de source étrangère pendant 15 ans. Conditions cumulatives : ne pas avoir été résident fiscal grec sur 5 des 6 dernières années, résider physiquement en Grèce au moins 183 jours par an, transférer la résidence fiscale depuis un pays ayant un accord fiscal avec la Grèce.
- Ce régime 7 % retraités est distinct du régime non-dom général (loi 4646/2019) qui vise les hauts patrimoines avec un forfait de 100 000 €/an et un investissement minimum de 500 000 €. Le régime 7 % retraités N’EXIGE PAS d’investissement de 500 000 €.
- La couverture maladie passe par le formulaire S1, demandé à la caisse française avant le départ, déposé à l’EFKA du lieu de résidence en Grèce. L’AMKA (numéro de sécurité sociale grec) est obtenu auprès du KEP ou de l’e-EFKA.
- L’ASPA et l’ASI ne sont pas versées hors de France, leur paiement étant subordonné à une résidence en France (article L. 815-1 du Code de la sécurité sociale).
- Le coût de la vie en Grèce pour un retraité français se situe entre 1 200 et 2 500 € par mois selon la ville d’installation, le standing recherché et le mode de consommation, soit 20 à 30 % de moins qu’en France selon Numbeo.
Sommaire
- Quelles sont les démarches pour s’installer en retraite en Grèce ?
- Comment fonctionne la fiscalité d’un retraité français résident en Grèce ?
- Comment continuer à percevoir sa pension française quand on s’installe en Grèce ?
- Quelle couverture santé prévoir entre Grèce et France pour un retraité ?
- Quel budget mensuel faut-il prévoir pour vivre sa retraite en Grèce ?
- Quels sont les véritables avantages et inconvénients d’une retraite en Grèce ?
- Quels sont les pièges les plus fréquents quand on prépare sa retraite en Grèce ?
- FAQ
Quelles sont les démarches pour s’installer en retraite en Grèce ?
Pour s’installer en Grèce en tant que retraité français, la libre circulation européenne dispense de visa pour 3 mois. Au-delà, enregistrement obligatoire à la police des étrangers et délivrance d’un certificat de résidence (Vevaiosi Engrafis Politi EE). Au-delà de 183 jours, obtention d’un AFM, numéro fiscal grec et d’un AMKA, numéro de sécurité sociale grec auprès du KEP ou de l’e-EFKA.
L’installation en Grèce est administrativement la plus simple des destinations retraite traitées dans nos guides : pas de visa, libre circulation UE, démarches étalées sur 6 à 8 semaines une fois sur place. La contrepartie est que les pièces se déposent en grec et que les portails publics ne sont pas toujours bilingues, ce qui suppose un peu de patience les premières semaines.
Les trois premiers mois sans formalité
L’entrée se fait avec une carte d’identité ou un passeport en cours de validité, sans visa préalable. Le séjour libre dure 3 mois, sans démarche obligatoire. Pour un projet d’installation, il est de bon sens de prévoir un premier séjour de 4 à 6 semaines de reconnaissance avant le déménagement définitif. Le temps de visiter les quartiers, négocier un bail, identifier le bureau de la police des étrangers et le KEP dont on dépendra.
Le certificat de résidence après 3 mois
Au-delà de 3 mois, l’enregistrement auprès de la police des étrangers (Tmima Allodapon) du lieu de résidence devient obligatoire. Pièces à présenter : carte d’identité ou passeport, justificatif de ressources suffisantes (attestations de pension, relevés bancaires), assurance santé (CEAM ou contrat privé), justificatif de domicile (bail traduit en grec ou acte de propriété). Délivrance du Vevaiosi Engrafis Politi EE, valable indéfiniment tant que les conditions sont remplies.
L’AFM, le numéro fiscal grec
L’AFM est indispensable pour ouvrir un compte bancaire, signer un bail, accéder aux services publics. Demande auprès de la DOY (Dimosia Oikonomiki Ypiresia, service des impôts grec) du lieu de résidence. Pièces : passeport, certificat de résidence, justificatif de domicile. Délivré sur place ou sous quelques jours. C’est l’identifiant qu’on retrouvera ensuite sur tous les actes administratifs et fiscaux grecs.
L’AMKA, le numéro de sécurité sociale grec
L’AMKA est indispensable pour accéder aux soins via l’EFKA, traiter avec les hôpitaux publics et les pharmacies. Demande auprès du KEP, Kentro Exypiretisis Politon, centre de service aux citoyens présent dans toutes les villes, ou directement auprès de l’e-EFKA. Pièces : passeport, certificat de résidence, AFM, justificatif de domicile. Délai 1 à 4 semaines selon les guichets. Sans AMKA, pas d’accès aux soins, même avec un S1 déposé.
L’inscription consulaire et le permis de conduire
En parallèle, l’inscription au registre consulaire du consulat général de France à Athènes (6 rue Akadimias, 10671 Athènes) ou de Thessalonique (2A Leoforos Stratou, 54640 Thessalonique) est vivement conseillée. Inscription dématérialisée sur service-public.fr. Donne accès à la carte consulaire, à la protection consulaire, au visa des certificats de vie, et au réseau des agences consulaires honoraires (14 sur le continent et 3 dans les îles).
Pour le permis de conduire, la Grèce reconnaît le permis français pour les résidents UE. Pas d’échange obligatoire, le permis français reste valable. Pour les démarches longues (renouvellement, perte), un permis grec peut être demandé auprès de la Direction des Transports.
Taxisnet et la déclaration fiscale annuelle
Taxisnet est le portail fiscal en ligne pour les déclarations annuelles. Le retraité résident fiscal grec doit y déposer sa déclaration en grec (avec quelques modules en anglais). Beaucoup font appel à un comptable local (logistis) les premières années pour sécuriser la procédure, surtout pour la première option du régime 7 % retraités qui se demande aussi via Taxisnet.
| Étape | Pièce ou action | Coût ou délai |
|---|---|---|
| Préparation en France | Carte d’identité ou passeport, justificatifs de pension, CEAM | À rassembler avant départ |
| Entrée en Grèce | Libre circulation UE | Séjour libre 3 mois |
| Logement | Bail traduit en grec ou acte de propriété | Variable selon ville |
| Certificat de résidence | Police des étrangers du lieu de résidence | Avant la fin des 3 premiers mois |
| AFM (numéro fiscal) | DOY (service des impôts) du lieu de résidence | Sur place ou quelques jours |
| AMKA (numéro de sécurité sociale) | KEP ou e-EFKA | Délai 1 à 4 semaines |
| Inscription consulaire | Consulat de France (Athènes ou Thessalonique) | Gratuite, dématérialisée |
| Demande régime 7 % retraités | Taxisnet ou DOY | Avant le 31 mars de l’année suivant l’installation |
Un cas concret pour fixer le calendrier. Un retraité français de 65 ans arrive à Athènes le 15 mars. Il loue un appartement à Pangrati à 700 €/mois et obtient son contrat de bail traduit en grec en avril. Avant le 14 juin (90e jour), il dépose sa demande de certificat de résidence à la police des étrangers du quartier. Il obtient son AFM à la DOY de Pangrati en mai, son AMKA au KEP local en juin. Il s’inscrit en parallèle au consulat de France à Athènes. S’il s’installe définitivement en 2025, il a jusqu’au 31 mars 2026 pour déposer sa demande de régime 7 % retraités auprès de l’administration fiscale grecque.
À retenir : les démarches grecques sont simples sur le papier mais tributaires des guichets locaux. Six à huit semaines de patience entre l’arrivée et l’inscription complète sont la règle, pas l’exception.
Source officielle : Consulat général de France à Athènes ; Cleiss, régime de sécurité sociale grec.
Comment fonctionne la fiscalité d’un retraité français résident en Grèce ?
La convention fiscale franco-grecque du 11 mai 2022, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, attribue à l’article 17 l’imposition exclusive des pensions privées et de sécurité sociale à l’État de résidence. Le régime non-dom retraités de la loi 4714/2020 propose une flat-tax de 7 % sur tous les revenus de source étrangère pendant 15 ans, sous conditions.
La nouveauté à intégrer dès le départ : la convention fiscale en vigueur n’est plus celle de 1963. La nouvelle convention, signée à Athènes le 11 mai 2022 et applicable aux revenus à compter du 1er janvier 2024, a clarifié plusieurs points qui posaient problème depuis des décennies, notamment l’imposition des pensions de sécurité sociale.
La nouvelle convention fiscale 2022
Convention en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion fiscale, signée à Athènes le 11 mai 2022, ratifiée par la France et la Grèce, entrée en vigueur le 30 décembre 2023, applicable aux revenus à compter du 1er janvier 2024. Elle remplace la convention du 21 août 1963 entrée en vigueur le 31 janvier 1965. Le commentaire administratif français figure au BOFIP sous l’identifiant BOI-INT-CVB-GRC, mis à jour le 11 septembre 2024.
Les critères de résidence fiscale
L’article 4 de la convention pose la séquence à appliquer quand une personne pourrait être considérée comme résidente des deux États. Foyer d’habitation permanent en premier. Centre des intérêts vitaux ensuite, c’est-à-dire l’endroit où se trouvent la famille, le patrimoine et les liens économiques principaux. À défaut, séjour habituel. À défaut encore, nationalité.
Le seuil opérationnel reste la présence physique de plus de 183 jours par année civile en Grèce, combinée à un foyer permanent en Grèce. Pour le régime 7 % retraités, ce seuil de 183 jours est même une condition d’éligibilité explicite.
Article 17 et article 18 : la nouvelle répartition
L’article 17 traite les pensions privées et de sécurité sociale. Le BOFIP en donne la lecture autorisée.
Les pensions et autres rémunérations similaires, payées à un résident d’un État contractant au titre d’un emploi antérieur, sont imposables exclusivement dans l’État de résidence. Les pensions visées incluent celles versées en application de la législation sur la sécurité sociale.
Pour un retraité français résident fiscal grec au sens de l’article 4, sa pension Carsat, sa complémentaire Agirc-Arrco et plus généralement toutes les pensions de sécurité sociale française basculent sous l’imposition grecque. C’est une nouveauté importante par rapport à la convention 1963 qui prévoyait imposition partagée pour les pensions de sécurité sociale, source de doubles impositions historiques (cas connu des fonctionnaires détachés du lycée franco-hellénique d’Athènes).
L’article 18 traite les pensions publiques. Elles sont exclusivement imposables dans l’État de source. Pension de fonctionnaire d’État, militaire, magistrat, agent territorial, agent hospitalier restent imposables en France. Pas d’option grecque possible. Cette règle a clarifié le contentieux historique des enseignants du lycée franco-hellénique.
Une exception à connaître : pour un fonctionnaire qui serait à la fois résident grec et exclusivement de nationalité grecque (sans nationalité française), la pension publique française basculerait en Grèce. Cas marginal en pratique pour les retraités français, mais à mentionner pour les binationaux franco-helléniques.
Le régime non-dom retraités à 7 %
Cadre légal : loi 4714 du 31 juillet 2020. Le mécanisme tient en une ligne. Flat-tax de 7 % sur tous les revenus de source étrangère (pensions, dividendes, intérêts, plus-values, loyers étrangers), pendant 15 ans maximum. L’option ne fait pas obstacle aux conventions fiscales bilatérales, qui continuent à s’appliquer pour la répartition du droit d’imposer.
Les conditions d’éligibilité sont cumulatives. Premièrement, ne pas avoir été résident fiscal grec sur 5 des 6 dernières années précédant le transfert. Deuxièmement, provenir d’un État avec lequel la Grèce a un accord d’échange d’informations fiscales (la France remplit ce critère). Troisièmement, percevoir des pensions de source étrangère. Quatrièmement, résider physiquement en Grèce au moins 183 jours par année civile. Cinquièmement, déposer la demande à l’administration fiscale grecque avant le 31 mars de l’année suivant l’installation. Sixièmement, acquitter l’impôt en une seule fois avant le dernier jour ouvré de juillet pour l’année antérieure.
Le piège majeur à éviter : ne pas confondre les deux régimes non-dom
C’est l’erreur la plus fréquente dans la presse française et chez certains conseils patrimoniaux. La Grèce a deux régimes non-dom distincts.
| Régime | Cadre légal | Public visé | Imposition | Investissement minimum | Durée |
|---|---|---|---|---|---|
| Régime 7 % retraités | Loi 4714/2020 | Retraités étrangers | Flat-tax 7 % sur tous revenus étrangers | Aucun | 15 ans |
| Régime non-dom général | Loi 4646/2019 | Hauts patrimoines | Forfait 100 000 €/an | 500 000 € en Grèce sous 3 ans | 15 ans |
Le régime 7 % retraités n’exige aucun investissement. Sa condition principale est l’ancienneté hors résidence grecque. Le régime non-dom général à 100 000 € forfaitaires exige un investissement de 500 000 €. Beaucoup de guides en ligne mélangent les deux et laissent croire qu’il faut investir 500 000 € pour bénéficier du 7 % retraités. C’est faux. Pour un retraité moyen, c’est le régime 7 % qui s’applique, sans aucun investissement à faire.
Le calcul effectif sur cas chiffrés
Voici ce que donne le régime 7 % sur trois niveaux de pension, comparé au scénario France au barème standard.
| Pension brute annuelle | Régime 7 % en Grèce | IR français équivalent (célibataire) | Économie annuelle | Économie cumulée 15 ans |
|---|---|---|---|---|
| 24 000 € | 1 680 € | environ 2 000 € | 320 € | 4 800 € |
| 36 000 € | 2 520 € | environ 4 500 € | 1 980 € | 29 700 € |
| 50 000 € | 3 500 € | environ 11 000 € | 7 500 € | 112 500 € |
| 80 000 € | 5 600 € | environ 22 000 € | 16 400 € | 246 000 € |
Plus la pension est élevée, plus l’avantage du régime 7 % est massif. Pour une pension de 50 000 €/an, l’économie cumulée sur 15 ans atteint 112 500 €. C’est ce qui rend le régime grec singulier en Europe, bien au-delà du Portugal qui a supprimé son régime RNH ou de l’Italie dont le régime impatrié est plus contraignant.
Une limite à intégrer. Si le retraité a une pension publique française (fonctionnaire), celle-ci reste imposable en France selon l’article 18 et n’est pas concernée par le régime 7 % grec. Pour un couple mixte (un cadre du privé + un fonctionnaire), l’économie ne porte que sur la pension privée. À simuler avant de basculer sa résidence fiscale.
L’obligation déclarative française du compte grec
Côté français, le retraité qui conserve un statut de résident fiscal français pendant la phase de transition (cas fréquent les premiers mois) doit déclarer chaque année son compte grec à l’administration fiscale française. Article 1649 A du Code général des impôts, formulaire n° 3916, joint à la déclaration annuelle de revenus. Amende de 1 500 € par compte non déclaré.
Successions : pas de convention bilatérale
La convention de 2022 ne couvre pas les successions, contrairement à la convention France-Maroc qui inclut un volet successions. Pour un retraité ayant des biens dans les deux pays, risque de double imposition. Les biens en Grèce sont imposés selon le droit grec (abattement environ 150 000 € pour héritier direct, puis taux progressifs). Les biens en France sont imposés selon le droit français. Pas de mécanisme automatique d’élimination de la double imposition. Le réflexe utile : consulter un notaire international avant de structurer son patrimoine.
Source officielle : commentaire BOFIP de la convention ; loi 4714/2020 sur kodiko.gr ; rapport du Sénat sur la ratification de la convention 2022.
Comment continuer à percevoir sa pension française quand on s’installe en Grèce ?
La pension de retraite française est versée en Grèce sans condition de résidence, via la DSFIPE de Nantes pour les pensions des régimes français de sécurité sociale, ou directement par les caisses pour les complémentaires. Le retraité signale son changement d’adresse à ses caisses, retourne annuellement le certificat de vie, et accepte que l’ASPA et l’ASI ne soient plus payées.
Signaler son départ aux caisses
Le retraité doit informer chaque caisse à laquelle il est rattaché : Carsat pour le régime général, Agirc-Arrco pour les complémentaires du privé, Service des Retraites de l’État pour la fonction publique d’État, CNRACL pour la fonction publique territoriale et hospitalière, MSA pour les agriculteurs, régimes spéciaux le cas échéant.
Pour les retraités installés dans un pays UE, le paiement de la pension reste géré par la caisse française, qui peut virer directement sur un compte grec ou conserver le compte français. Beaucoup de retraités optent pour le maintien du compte français et font des virements ponctuels vers la Grèce, pour conserver une souplesse en cas de retour temporaire en France. C’est aussi plus pratique pour les remboursements de soins reçus en France lors des séjours.
Le certificat de vie
Le certificat de vie est le formulaire annuel que le pensionné français résidant à l’étranger retourne à sa caisse de retraite pour justifier de son existence et maintenir le versement de sa pension. Depuis 2019, le formulaire est unique pour tous les régimes français.
Pour les retraités en Grèce, le certificat peut être visé par le consulat de France à Athènes ou Thessalonique, par une agence consulaire honoraire (3 sur les îles, 14 sur le continent), ou par une autorité grecque compétente : mairie, notaire, KEP. La conséquence d’un retard est immédiate. La caisse suspend le versement après une relance laissée à sa main. Les versements reprennent dès réception du certificat valide, avec rattrapage des mois suspendus, mais la trésorerie tient deux ou trois mois sans rentrée. C’est le piège qui fait le plus de dégâts en pratique chez les retraités à l’étranger.
L’ASPA, l’ASI, et les prélèvements sociaux
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) ne sont versées que pour les retraités résidant en France. Le fondement légal est l’article L. 815-1 du Code de la sécurité sociale pour l’ASPA, l’article L. 815-24 pour l’ASI. Condition de résidence en France au moins 9 mois par an, soit 270 jours.
Si la résidence fiscale n’est plus en France, le retraité est exonéré de la contribution sociale généralisée, de la contribution pour le remboursement de la dette sociale et de la contribution de solidarité pour l’autonomie sur sa pension. La caisse a besoin d’un certificat de résidence fiscale étrangère pour stopper le prélèvement à la source. En Grèce, ce certificat est délivré en grec par l’administration fiscale, à faire traduire si la caisse française l’exige.
La couverture maladie financée par la France
Une particularité du cadre UE qui mérite d’être posée. Pour les retraités français inscrits à l’EFKA via le formulaire S1, la couverture maladie en Grèce est financée par la caisse française d’origine, sans cotisation directe spécifique du retraité. C’est une différence majeure avec le Maroc et l’Algérie, où une cotisation 3,2/4,2 % est prélevée sur la pension. En Grèce, rien de tel grâce à la coordination européenne des systèmes de sécurité sociale.
Le compte bancaire grec et l’euro
Ouverture sur place auprès des banques grecques : Alpha Bank, Eurobank, Piraeus Bank, National Bank of Greece. Pièces : passeport, AFM, certificat de résidence, justificatif de domicile. La Grèce est dans la zone euro depuis le 1er janvier 2002. Pas de risque de change, pas de problème d’inconvertibilité, contrairement à l’Algérie. C’est une force opérationnelle quotidienne pour les retraités français : virer 2 000 € depuis Paris vers Athènes coûte ce que coûte un virement domestique européen, et le pouvoir d’achat reste prévisible mois après mois.
Un cas concret pour fixer la chronologie. Un retraité du régime général s’installe en Crète en mars 2026. Il signale son départ à la Carsat et à l’Agirc-Arrco en février, demande le formulaire S1 à la Carsat. Il conserve son compte français pour la pension et fait des virements ponctuels sur un compte ouvert à Eurobank Héraklion. Il reçoit son certificat de vie en septembre, le fait viser au consulat de France à Athènes ou par la mairie de sa commune crétoise. Il dépose son S1 à l’agence EFKA d’Héraklion en avril, obtient son AMKA en mai. Six semaines plus tard, l’inscription est effective.
Source officielle : Cleiss, régime de sécurité sociale grec ; L’Assurance retraite, démarches quand on vit à l’étranger.
Quelle couverture santé prévoir entre Grèce et France pour un retraité ?
La couverture maladie passe par le formulaire S1 demandé à la caisse française avant le départ, puis déposé à l’EFKA, fonds national électronique pour la sécurité sociale grecque en Grèce avec demande d’AMKA. La couverture est gratuite, financée par la caisse française d’origine. Une assurance privée ou la CFE en complément reste recommandée pour les soins privés et la rapidité d’accès.
Le cadre est posé par la coordination européenne des systèmes de sécurité sociale (règlements CE 883/2004 et 987/2009), qui ouvre aux retraités UE le droit de transférer leur couverture maladie vers leur pays de résidence, sous condition de résidence fiscale dans ce pays.
La procédure d’inscription via le formulaire S1
La procédure tient en trois étapes. Première étape, demander à sa caisse française (Carsat, Agirc-Arrco, ou la caisse débitrice principale) le formulaire S1 avant le départ. C’est un formulaire individuel et nominatif, à demander pour chaque membre de la famille qui accompagne le retraité. Bon à savoir : le S1 a remplacé l’ancien E 121, mais les deux désignations cohabitent encore dans les dossiers et chez certains agents. C’est le même document.
Deuxième étape, une fois en Grèce, déposer le S1 à l’agence EFKA du lieu de résidence. Troisième étape, demander en parallèle l’AMKA auprès du KEP ou directement à l’e-EFKA. Sans AMKA, pas d’accès aux soins, même avec un S1 déposé.
Pour pouvoir bénéficier d’une prise en charge de ses frais de santé par l’assurance maladie, il faut d’abord obtenir un numéro de sécurité sociale AMKA.
La couverture EFKA et EOPYY en pratique
L’EFKA est l’organisme principal de sécurité sociale, l’EOPYY, Ethnikos Organismos Parohis Ypiresion Ygeias, gère les prestations de santé en Grèce. Pour les retraités français inscrits via S1, accès gratuit aux hôpitaux publics et aux médecins conventionnés EOPYY, remboursement selon les barèmes grecs.
Pour les séjours temporaires en France, la caisse d’assurance maladie française reste compétente pour la prise en charge des soins reçus, ainsi que pour la délivrance de la carte européenne d’assurance maladie. Pas besoin du CNAREFE pour les retraités UE (le CNAREFE est réservé aux retraités résidant hors UE/EEE/Suisse, comme au Maroc, en Algérie, à l’île Maurice ou au Sénégal).
Le piège connu du S1 non renvoyé
Un cas réel et documenté sur le forum Ameli mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il illustre un risque opérationnel fréquent. Un retraité installé à Athènes a déposé son S1 à l’agence EFKA, qui lui a ouvert ses droits en Grèce. Mais EFKA n’a jamais renvoyé le S1 à la caisse française. Conséquence : la Sécu française a fermé les droits du retraité en France, sans le prévenir, parce qu’il était devenu résident fiscal grec, alors que le retour du S1 aurait dû maintenir la prise en charge des soins en France lors des séjours temporaires.
Le retraité s’est retrouvé sans CEAM ni couverture en France, malgré son statut de retraité du régime général. La régularisation a pris des mois et plusieurs relances. Conclusion pratique : si le retour du S1 à la caisse française n’est pas confirmé dans les 6 à 12 mois, le retraité doit relancer EFKA par écrit (en grec si possible) et alerter sa CPAM française par courrier. Mieux vaut anticiper que régulariser, parce qu’on gagne du temps et de l’énergie. C’est rien de le savoir avant.
Le système de santé grec et le complément privé
Le système public via EFKA et EOPYY ouvre l’accès aux hôpitaux publics : CHU d’Athènes, CHU de Thessalonique, hôpital universitaire de Crète à Héraklion. Bon niveau dans les grands centres, mais saturation, délais d’attente longs pour les spécialistes, manque d’anglophones hors grandes villes, équipements inégaux en province.
Le secteur privé s’est développé fortement à Athènes et Thessalonique. Acteurs : Hygeia, Athens Medical Center, Metropolitan, Iaso, Mitera. Plateaux techniques modernes, réputation établie en cardiologie, orthopédie, cancérologie. Praticiens souvent formés à l’étranger. Tarifs : consultation généraliste 30-60 €, consultation spécialiste 60-120 €, journée d’hospitalisation privée 250-600 €.
Pour un suivi régulier, l’assurance privée est utile. CFE (Caisse des Français de l’Étranger) à 250-350 €/mois individuel, 450-600 €/mois couple 65-75 ans, qui complète la couverture EFKA selon les barèmes français. Ou assurance privée internationale (April International, Allianz Care, Cigna Global, MSH International, Henner) à 200-500 €/mois pour un couple 65-70 ans.
Évacuation sanitaire vers la France : à 3 heures de vol depuis Athènes. Coût d’un rapatriement médicalisé Athènes-Paris : 15 000 à 35 000 €. Inclus dans la plupart des contrats internationaux, à vérifier ligne par ligne. Praticiens francophones disponibles à Athènes (réseau autour de l’Institut français et de l’École française d’Athènes) et à Thessalonique. Annuaire fourni par le consulat de France.
| Solution | Soins remboursés en France | Soins remboursés en Grèce | Coût pour le retraité | Cumul possible |
|---|---|---|---|---|
| EFKA via S1 | Oui (caisse française reste compétente) | Oui (selon barèmes EOPYY) | Néant (financé par la caisse française) | Oui avec assurance privée |
| CFE | Oui | Oui (selon prestation) | 450 à 600 € (couple 65-75 ans) | Oui avec EFKA |
| Assurance privée internationale | Oui (selon contrat) | Oui (selon contrat) | 200 à 500 € | Possible avec EFKA et CFE |
Un cas concret pour fixer la configuration optimale. Un couple de retraités du privé, 67 et 65 ans, s’installe à Thessalonique. Choix : demande des formulaires S1 individuels à la Carsat avant le départ + dépôt à l’agence EFKA de Thessalonique en arrivant + demande d’AMKA au KEP local. Inscription effective 6 à 8 semaines plus tard. En complément, assurance privée internationale à 250 €/mois pour le couple, pour les soins privés et le confort linguistique. Total santé : 250 €/mois pour une couverture totale (France + Grèce + privé).
À retenir : la procédure S1 est la base. Sans elle, pas d’accès EFKA et risque de perdre les droits français. Vérifier le retour du S1 à la caisse française est l’étape que personne ne fait spontanément, et qui fait toute la différence.
Source officielle : Cleiss, régime de sécurité sociale grec ; Ameli, retraite à l’étranger UE.
Quel budget mensuel faut-il prévoir pour vivre sa retraite en Grèce ?
Un retraité célibataire vit en Grèce avec 1 200 à 1 600 € par mois en mode adapté, 1 800 à 2 400 € en standing européen. Un couple prévoit 1 500 à 2 200 € en mode adapté, 2 500 à 3 200 € en standing européen. L’écart de coût avec la France est de 20 à 30 % selon Numbeo.
Les chiffres Numbeo 2025 sont stables et bien documentés : -20 % sur le coût de la vie global, -39,5 % sur le loyer, -30,2 % sur les courses, -9 % sur les restaurants. Le pouvoir d’achat local Numbeo est à -46 % par rapport à la France, mais cet indicateur reflète le niveau des salaires grecs et n’a aucun sens pour un retraité avec une pension française. Pour qui touche 2 000 ou 3 000 €/mois l’écart est très favorable.
Le poste logement, à arbitrer ville par ville
À Athènes, l’écart entre quartiers est très marqué. Kolonaki, Kifissia, centre historique : 800-1 500 €/mois pour un appartement de standing 2-3 pièces. Pangrati, Glyfada, Vouliagmeni : 600-1 000 €/mois. Quartiers résidentiels classiques (Néa Smyrni, Halandri) : 400-700 €/mois. Périphérie : 300-500 €/mois.
À Thessalonique, le marché est plus accessible : 500-900 €/mois pour un appartement de standing au centre, 350-600 €/mois en quartier résidentiel.
En Crète, Héraklion et La Canée 400-800 €/mois pour appartement de standing, 250-500 €/mois en quartier classique. Villages côtiers ou intérieurs : 250-450 €/mois pour des biens corrects. La Crète offre le meilleur compromis qualité-prix-services médicaux pour les retraités.
Aux Cyclades, le marché est très hétérogène. Santorin (saisonnalité touristique forte) : 600-1 200 €/mois en location annuelle, parfois plus en saison. Naxos et Paros : 400-800 €/mois en location annuelle, plus accessibles. Petites îles : variable selon disponibilité et services médicaux.
Les autres postes du budget
L’alimentation est très accessible côté local. Sur les marchés (laiki agora), un couple dépense 150 à 250 €/mois pour les fruits, légumes, viande et poisson. Les supermarchés (Sklavenitis, AB Vassilopoulos, Lidl) ajoutent 200 à 400 €/mois selon les habitudes. Vins grecs et fromages locaux peu chers, produits importés européens à prix raisonnable grâce au marché unique européen.
Les transports en commun à Athènes (métro, bus, tram) coûtent 1,20 € le ticket, abonnement mensuel 30 €. Taxis Athènes 4-15 € la course en ville. Voiture personnelle : essence 1,80-2 €/litre, assurance auto 250-500 €/an, péages autoroute modérés. Ferries entre îles 30-90 € selon trajet et classe.
L’énergie tourne autour de 80 à 200 €/mois selon usage, électricité DEI à 0,15-0,20 €/kWh. La climatisation est très consommatrice en été dans les Cyclades et à Athènes, à intégrer dans les calculs estivaux.
Le poste loisirs et communications est confortable. Forfait téléphonie Cosmote, Vodafone ou Wind 15-30 €/mois, internet fibre 25-40 €/mois, restaurant local (taverna) 12-25 € par couvert, restaurant international à Athènes 30-60 €.
| Poste de dépense | Célibataire vie adaptée | Célibataire standing européen | Couple vie adaptée | Couple standing européen |
|---|---|---|---|---|
| Logement | 350 – 550 € | 600 – 1 000 € | 450 – 700 € | 800 – 1 300 € |
| Alimentation | 150 – 220 € | 280 – 400 € | 220 – 320 € | 400 – 550 € |
| Transports | 50 – 80 € | 120 – 200 € | 70 – 120 € | 180 – 300 € |
| Énergie (DEI, eau) | 60 – 100 € | 120 – 180 € | 80 – 130 € | 150 – 250 € |
| Santé (en complément EFKA) | 100 – 200 € | 250 – 400 € | 200 – 350 € | 350 – 500 € |
| Loisirs et restaurants | 80 – 130 € | 200 – 320 € | 130 – 220 € | 280 – 450 € |
| Communications | 30 – 50 € | 50 – 70 € | 40 – 60 € | 60 – 80 € |
| Divers et imprévus | 100 – 150 € | 200 – 300 € | 180 – 280 € | 280 – 450 € |
| TOTAL | 1 200 – 1 600 € | 1 800 – 2 400 € | 1 500 – 2 200 € | 2 500 – 3 200 € |
Un cas concret pour donner la mesure. Un couple de retraités du privé, 66 et 64 ans, deux pensions cumulées de 2 600 € nets mensuels. Installation à Naxos dans une maison à 600 €/mois, alimentation 280 €/mois en mix laiki agora et Sklavenitis, voiture d’occasion 6 000 € à l’achat puis 150 €/mois en essence et entretien, EFKA via S1 (gratuit) + assurance privée internationale 230 €/mois pour le couple, restaurants 200 €/mois, divers 180 €/mois. Total dépenses 1 640 €/mois, marge mensuelle de 960 € pour les voyages et imprévus.
Source : Numbeo, coût de la vie en Grèce.
Quels sont les véritables avantages et inconvénients d’une retraite en Grèce ?
La Grèce combine la libre circulation européenne, un coût de la vie inférieur de 20-30 % à celui de la France, le régime fiscal 7 % retraités le plus généreux d’Europe, l’euro comme monnaie, et plus de 300 jours de soleil par an. En contrepartie, le système de santé public est saturé et les démarches administratives en grec restent une barrière les premières semaines.
Le tableau ci-dessous résume dimension par dimension. La force singulière de la Grèce, qu’aucune autre destination retraite ne combine au même niveau, c’est l’addition régime fiscal 7 % + libre circulation UE + euro + climat. La contrepartie, c’est un système administratif parfois lent et un système de santé public inégal hors Athènes et Thessalonique.
| Dimension | Atout côté Grèce | Réserve à connaître |
|---|---|---|
| Coût de la vie global | -20 à -30 % vs France selon Numbeo | Variations fortes selon les îles (Santorin, Mykonos chères) |
| Fiscalité retraités | Régime 7 % loi 4714/2020 sur 15 ans, le plus généreux d’Europe | Conditions cumulatives strictes, pension publique exclue |
| Couverture santé | EFKA gratuit via S1 (système UE) | Système public saturé, complément privé recommandé |
| Distance et liaison | 3 h de vol depuis la France, vols quotidiens | Plus loin que le Maroc ou l’Espagne, AR famille à budgéter |
| Langue | Anglais courant en zone urbaine et touristique | Grec officiel pour les démarches, alphabet grec |
| Climat | Plus de 300 jours d’ensoleillement par an, hivers doux | Été chaud à Athènes, vent meltemi sur les îles |
| Logement | Marché ouvert aux UE, prix accessibles hors zones touristiques | ENFIA (impôt foncier annuel), frais d’acquisition 5-10 % |
| Statut juridique | Libre circulation UE, certificat de résidence simple | Démarches AFM/AMKA peuvent prendre 6 à 8 semaines |
| Devise | Euro, zone euro, pas de risque de change | Dépendance économique grecque toujours surveillée |
| Communauté française | Réseaux à Athènes et Thessalonique (Athènes Accueil, Institut français) | Communauté plus restreinte qu’au Portugal ou en Espagne |
| Successions | Abattement environ 150 000 € pour héritier direct en Grèce | Pas de convention bilatérale, risque de double imposition |
Le décalage horaire est minime : GMT+2, soit 1 heure d’avance sur la France toute l’année. Pour appeler la Carsat ou la famille en France, c’est aussi simple qu’un appel intérieur. Pour les vols quotidiens vers Paris (Aegean Airlines, Air France, Transavia, easyJet), comptez 100 à 300 € pour un AR selon période et anticipation. Pendant l’été, des vols supplémentaires desservent Thessalonique, Héraklion, Rhodes, Mykonos.
Un couple de retraités du privé, 65 et 63 ans, deux pensions cumulées de 3 200 € nets par mois, illustre l’arbitrage typique. Côté Grèce, transfert de résidence fiscale en Grèce avec demande de régime 7 % retraités → impôt grec annuel 2 688 € (vs 4 800 € en France au barème), couverture maladie via S1 et EFKA gratuite, coût de la vie absorbé à 2 200 €/mois en standing intermédiaire à La Canée (Crète), marge mensuelle de 1 000 € après impôt. Côté pratique, AR famille à Paris à budgéter, certificat de vie à viser annuellement, déclaration française résiduelle pour les biens immobiliers conservés en France. C’est ce niveau de granularité qu’il faut établir avant de signer un bail à Athènes ou en Crète.
Quels sont les pièges les plus fréquents quand on prépare sa retraite en Grèce ?
Cinq erreurs reviennent régulièrement chez les retraités français qui s’installent en Grèce : confondre le régime 7 % retraités avec le régime non-dom général à 100 000 €, rater la date limite du 31 mars pour l’option régime 7 %, oublier de demander l’AMKA, ne pas suivre le retour du S1 à la caisse française, et croire que les successions sont protégées par convention.
Confondre régime 7 % retraités et régime non-dom général à 100 000 €. Le régime 7 % (loi 4714/2020) vise les retraités étrangers, sans exigence d’investissement, sur condition principale d’ancienneté hors résidence grecque. Le régime non-dom général (loi 4646/2019) vise les hauts patrimoines, exige un forfait fiscal de 100 000 €/an et un investissement minimum de 500 000 € en Grèce sous 3 ans. Pour un retraité moyen, c’est le régime 7 % qui s’applique, sans investissement à faire. Erreur fréquente : renoncer au projet en pensant qu’il faut investir 500 000 €. Cette confusion vient de plusieurs guides patrimoniaux qui mélangent les deux dans leurs tableaux.
Rater la date limite du 31 mars pour l’option régime 7 %. La demande de régime 7 % retraités doit être déposée auprès de l’administration fiscale grecque avant le 31 mars de l’année suivant l’installation. Un retraité installé en Grèce en septembre 2025 a jusqu’au 31 mars 2026 pour postuler. Au-delà, il devra attendre l’année fiscale suivante et perdre une année de bénéfice. Sur 15 ans à 7 000 € d’économie annuelle, l’année perdue représente 7 000 €. Erreur entièrement évitable avec une simple alerte calendrier.
Oublier de demander l’AMKA. Sans AMKA, pas d’accès aux soins via l’EFKA, même avec un S1 déposé. L’AMKA se demande au KEP ou directement à l’e-EFKA, avec passeport, AFM et certificat de résidence. Délai 1 à 4 semaines. Erreur fréquente : croire que le S1 suffit. C’est le couple S1 + AMKA qui ouvre les droits, l’un ne va pas sans l’autre.
Ne pas suivre le retour du S1 à la caisse française. J’y reviens parce que c’est le piège le plus discret et le plus coûteux. Cas réel et documenté sur le forum Ameli : un S1 déposé à EFKA Athènes peut ne jamais être renvoyé à la caisse française. Conséquence : la Sécu française ferme les droits du retraité en France parce qu’il est devenu résident fiscal grec, sans confirmation de l’inscription EFKA. Le retraité se retrouve sans couverture pendant plusieurs mois. Solution : relancer EFKA par écrit (en grec si possible) si le retour n’est pas confirmé dans les 12 mois, et alerter la CPAM française par courrier dès le moindre doute.
Croire que les successions sont protégées par convention. La convention fiscale 2022 ne couvre PAS les successions. Pour un retraité ayant des biens dans les deux pays, risque de double imposition. Abattement grec environ 150 000 € pour héritier direct, puis taux progressifs. Pas de mécanisme automatique d’élimination de la double imposition. Solution : consulter un notaire international avant de structurer son patrimoine, surtout si on possède un bien immobilier important en France ET en Grèce.
Activer le régime 7 % alors que les pensions sont majoritairement publiques. Pour un fonctionnaire retraité dont la pension est imposée en France selon l’article 18 (pension publique), le régime 7 % grec n’apporte rien sur sa pension principale. Il peut s’appliquer aux pensions complémentaires éventuelles ou aux revenus mobiliers, mais l’effet global est limité. Erreur fréquente : demander le régime 7 % sans simulation préalable et découvrir que l’économie est marginale. Pour un couple mixte (un cadre du privé + un fonctionnaire), seule la pension privée bénéficie du régime grec.
Sous-estimer le coût de la santé privée en Grèce. EFKA via S1 ouvre l’accès gratuit au système public, mais les délais et la qualité poussent vers le privé pour les soins courants. Sans assurance privée, les factures s’accumulent : consultation spécialiste 60-120 €, journée d’hospitalisation 250-600 €. Une assurance privée à 200-300 €/mois pour un couple s’amortit dès la première hospitalisation lourde.
Ne pas déclarer le compte grec à l’administration française. Article 1649 A du Code général des impôts, formulaire n° 3916, joint à la déclaration annuelle de revenus française tant que le retraité conserve un statut de résident fiscal français. Amende de 1 500 € par compte non déclaré. La détection se fait par échange automatique d’informations bancaires CRS de l’OCDE, qui couvre la France et la Grèce.
Un cas concret pour mesurer l’enjeu cumulé. Un retraité du privé, 70 ans, pension cumulée 4 200 €/mois, s’installe à Athènes en avril 2025. Il rate la date limite du 31 mars 2026 pour demander le régime 7 % retraités, par confusion avec le régime non-dom général à 100 000 € qu’il pensait inaccessible. Il déclare ses pensions au barème progressif grec en 2026 et paie environ 9 000 € d’impôt grec sur 50 400 € (taux effectif 18 %). Avec le régime 7 %, il aurait payé 3 528 €. Préjudice de 5 472 € pour cette première année, qu’il peut rattraper en demandant le régime 7 % pour 2026 avant le 31 mars 2027. Mais l’année 2025 est perdue.
À retenir : les pièges grecs se concentrent sur le calendrier et la confusion entre les deux régimes non-dom. Un avocat fiscaliste ou un comptable local (logistis) la première année amortit son coût en un mois.
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour s’installer en retraite en Grèce ?
Non pour les Français, en tant que ressortissants de l’Union européenne. La libre circulation permet d’entrer librement avec carte d’identité ou passeport pour 3 mois. Au-delà, enregistrement obligatoire à la police des étrangers et délivrance d’un certificat de résidence. Au-delà de 183 jours, le retraité devient résident fiscal grec et doit obtenir un AFM (numéro fiscal) et un AMKA (numéro de sécurité sociale).
Le régime fiscal 7 % pour retraités étrangers en Grèce s’applique-t-il à toutes les pensions ?
Non, uniquement aux revenus de source étrangère, ce qui inclut les pensions privées (Carsat, Agirc-Arrco) et de sécurité sociale. Les pensions publiques françaises (fonctionnaires, militaires, magistrats) restent imposables en France selon l’article 18 de la convention fiscale du 11 mai 2022. Le régime 7 % peut donc être moins intéressant pour un fonctionnaire retraité avec pension publique majoritaire.
Le régime 7 % retraités exige-t-il un investissement de 500 000 € en Grèce ?
Non. C’est une confusion fréquente. Le régime 7 % retraités (loi 4714/2020) ne demande aucun investissement minimum. Sa condition principale est de ne pas avoir été résident fiscal grec sur 5 des 6 dernières années. L’investissement de 500 000 € concerne le régime non-dom général (loi 4646/2019) qui vise les hauts patrimoines avec un forfait de 100 000 €/an. Ce sont deux régimes distincts.
Quelle est la convention fiscale en vigueur entre la France et la Grèce ?
La convention du 11 mai 2022, entrée en vigueur le 30 décembre 2023, applicable aux revenus à compter du 1er janvier 2024. Elle remplace la convention du 21 août 1963. Article 17 : pensions privées et de sécurité sociale exclusivement imposables dans l’État de résidence. Article 18 : pensions publiques exclusivement imposables dans l’État de source.
Comment fonctionne la couverture maladie en Grèce pour un retraité français ?
Demander le formulaire S1 à sa caisse française avant le départ. Une fois en Grèce, déposer le S1 à l’agence EFKA du lieu de résidence et obtenir l’AMKA (numéro de sécurité sociale grec) auprès du KEP ou de l’e-EFKA. Couverture gratuite, financée par la caisse française. Les soins en France lors des séjours temporaires restent pris en charge par la caisse française, qui reste compétente.
L’ASPA et l’ASI sont-elles versées si on s’installe en Grèce ?
Non. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) ne sont versées que pour les retraités résidant en France. Le fondement légal est l’article L. 815-1 du Code de la sécurité sociale pour l’ASPA, l’article L. 815-24 pour l’ASI. Un déménagement en Grèce entraîne la suspension du paiement.
Y a-t-il une convention bilatérale entre la France et la Grèce sur les successions ?
Non. La convention fiscale du 11 mai 2022 ne couvre pas les successions. Pour un retraité ayant des biens dans les deux pays, risque de double imposition. Les biens en Grèce sont imposés selon le droit grec (abattement environ 150 000 € pour héritier direct, puis taux progressifs). Les biens en France sont imposés selon le droit français. Consulter un notaire international pour structurer son patrimoine.