Aller au contenu

Le PASA en EHPAD : le pôle d’activités et de soins adaptés

0:00 --:--
Le PASA en EHPAD : le pôle d'activités et de soins adaptés

Le PASA, ou pôle d’activités et de soins adaptés, est une unité de jour aménagée à l’intérieur d’un EHPAD, réservée aux résidents dont la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée s’accompagne de troubles du comportement modérés. Rien n’est ajouté au traitement : le pôle mise sur un cadre et des activités pensés pour apaiser ces troubles, sans faire quitter à la personne sa chambre ni son unité de vie habituelle. Le dispositif est encadré depuis le plan Alzheimer, avec des critères d’admission précis et une équipe dédiée, et il se distingue nettement de l’UHR, réservée à des troubles plus sévères.

Ce qu’il faut retenir

  • Le PASA est une unité de jour interne à l’EHPAD : le résident garde sa chambre et son hébergement habituel.
  • Il s’adresse aux résidents ayant des troubles du comportement modérés liés à une maladie d’Alzheimer ou apparentée.
  • L’admission suit une évaluation avec la grille NPI-ES, validée par le médecin coordonnateur.
  • Le pôle accueille en général 12 à 14 résidents par jour, avec une équipe formée à la maladie d’Alzheimer.
  • L’accueil n’entraîne aucun surcoût pour le résident de l’EHPAD.
  • À ne pas confondre avec l’UHR, réservée aux troubles sévères, avec hébergement jour et nuit.
  • Il n’existe aucun équivalent hors de France : le PASA est propre au système français.

Sommaire

Qu’est-ce qu’un PASA en EHPAD ?

Un pôle d’activités et de soins adaptés est un espace aménagé au sein d’un EHPAD, dédié à l’accueil en journée des résidents atteints d’une maladie neurodégénérative avec des troubles du comportement modérés. On y propose des activités sociales et thérapeutiques, dans un lieu pensé pour rassurer, sans facturation supplémentaire pour le résident.

Ils sont destinés à accueillir durant la journée des résidents de l’EHPAD ayant des troubles du comportement modérés et atteints de la maladie d’Alzheimer, d’une maladie apparentée ou d’une maladie neuro-dégénérative.

Le dispositif n’est pas récent. Il vient de la mesure 16 du plan Alzheimer 2008-2012, précisée par la circulaire du 6 juillet 2009 puis inscrite dans le code de l’action sociale et des familles. Concrètement, c’est un lieu de vie situé à l’intérieur de l’établissement, ouvert la journée : le résident ne change ni de chambre ni d’étage, seule sa journée se déroule autrement, entre les activités du pôle et les repas.

L’objectif du PASA est d’améliorer les troubles du comportement en développant les thérapeutiques non médicamenteuses, donc en limitant le recours aux psychotropes. Les troubles du comportement, ici, désignent l’agitation, la déambulation, l’irritabilité ou l’apathie liées à la maladie, un symptôme et non un trait de caractère qui se révélerait avec l’âge. Le pôle travaille aussi le maintien des capacités qui restent, motrices, cognitives, sensorielles, et le lien social.

PASA et UHR : la même origine, deux publics différents

Le PASA accueille en journée des résidents de l’EHPAD dont les troubles sont modérés. L’UHR, elle, héberge jour et nuit des résidents aux troubles sévères, en EHPAD ou en unité de soins de longue durée. Un accueil de jour classique, enfin, concerne des personnes qui vivent encore à leur domicile. C’est la gravité des troubles, et la présence ou non d’un hébergement dédié, qui distingue les trois.

PASA et UHR sont nés de la même mesure du plan Alzheimer, dimensionnés de la même façon, 12 à 14 résidents chacun, ce qui explique qu’on les confonde souvent au téléphone avec un standard d’EHPAD. Le PASA reste un accueil de jour sans hébergement propre, quand l’unité d’hébergement renforcée (UHR) est un lieu de vie qui fonctionne jour et nuit, pour des troubles du comportement sévères, avec hébergement, soins et activités sur place.

StructurePublicGravité des troublesMode d’accueilLieu
PASARésidents de l’EHPADModérésEn journéeEspace aménagé dans l’EHPAD
UHRRésidents en EHPAD ou USLDSévèresJour et nuitUnité d’hébergement dédiée
Accueil de jourPersonnes vivant à domicileVariablesQuelques heures ou jours par semaineStructure rattachée ou autonome

Entre les deux premières lignes du tableau, le critère qui oriente est la gravité des troubles et le besoin ou non d’une présence renforcée la nuit : des troubles gérables en journée, avec un accompagnement adapté, relèvent du PASA, tandis que des troubles qui rendent la vie collective difficile jour et nuit relèvent de l’UHR. La décision finale revient à l’équipe médicale de l’établissement.

Qui peut être accueilli en PASA, et comment se décide l’admission ?

Le PASA s’adresse aux résidents de l’EHPAD diagnostiqués avec une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée, qui présentent des troubles du comportement modérés et acceptent d’y participer. L’admission repose sur une évaluation des troubles, le plus souvent avec la grille NPI-ES, validée par le médecin coordonnateur de l’établissement.

Le diagnostic d’Alzheimer, à lui seul, n’ouvre pas la porte du PASA : c’est la présence de troubles du comportement évalués qui compte. L’évaluation utilise l’inventaire neuropsychiatrique version équipe soignante (NPI-ES), une grille qui mesure ces troubles du comportement, refaite régulièrement, parce que la situation d’une personne évolue, parfois en quelques semaines.

La chaîne de décision est simple à décrire : l’équipe du PASA repère les résidents qui pourraient en bénéficier et le propose, le médecin coordonnateur valide. Le consentement de la personne et l’adhésion des proches font partie des conditions, ce n’est jamais imposé d’office. Les résidents en hébergement temporaire peuvent aussi être accueillis, selon les places.

  • Être résident de l’EHPAD, les résidents permanents étant prioritaires
  • Avoir un diagnostic de maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée
  • Présenter des troubles du comportement modérés, évalués avec la grille NPI-ES
  • Ne pas relever de troubles sévères, qui orientent plutôt vers l’UHR
  • Consentir à l’accueil, avec l’adhésion des proches

Quelles activités propose un PASA au quotidien ?

Le PASA propose des activités individuelles ou collectives à visée sociale et thérapeutique : ateliers cuisine, activités physiques, stimulation de la mémoire, jardinage, musicothérapie, art-thérapie, repas partagés. Elles visent à maintenir les capacités motrices, cognitives et sensorielles, à entretenir le lien social et à réduire les troubles du comportement, sans traitement supplémentaire.

Chaque famille d’activités répond à une logique précise, plus qu’à la seule idée d’occuper le temps. La cuisine et le jardinage remobilisent des gestes et une mémoire des habitudes anciennes, souvent bien conservée alors que la mémoire récente flanche. La musicothérapie et l’art-thérapie passent par les sens et l’émotion, qui restent des portes d’entrée quand les mots deviennent difficiles. Les repas et les sorties, eux, entretiennent tout simplement le fait de rester en relation avec d’autres.

Le programme est élaboré par l’ergothérapeute ou le psychomotricien, sous la responsabilité du médecin coordonnateur, et l’équilibre recherché est subtil : stimuler sans sur-stimuler. Un environnement trop chargé, trop bruyant, produit l’effet inverse, de la confusion et de l’agitation. Ce que la famille transmet sur les habitudes anciennes du résident, sur ce qui le met en confiance et sur ce qui au contraire l’agace, pèse parfois plus que le dossier médical lui-même.

  • Ateliers cuisine et gestes du quotidien
  • Activités physiques adaptées
  • Ateliers de stimulation de la mémoire
  • Jardinage
  • Musicothérapie et art-thérapie
  • Repas et activités de lien social

Quelle équipe encadre le PASA, pour combien de résidents ?

L’équipe associe un ergothérapeute ou un psychomotricien, des assistants de soins en gérontologie, un psychologue, et le temps du médecin coordonnateur qui en est responsable. Ces professionnels sont spécialement formés à l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Le pôle est conçu pour accueillir 12 à 14 résidents par jour.

Chacun tient un rôle précis. Le médecin coordonnateur valide les admissions et supervise le projet de soins. L’ergothérapeute ou le psychomotricien conçoit et anime les activités. Les assistants de soins en gérontologie, des aides-soignants ou aides médico-psychologiques formés spécifiquement à la maladie d’Alzheimer, sont les plus nombreux de l’équipe : ce sont eux qui accompagnent les résidents dans les gestes du quotidien et pendant les ateliers. Le psychologue soutient les résidents, mais aussi les familles au moment de l’admission ou d’un changement dans les troubles, et l’équipe elle-même.

Le lieu lui-même fait partie du soin. Un PASA comprend une entrée adaptée et sécurisée, un salon pour recevoir les familles, des salles d’activités, un espace repas avec un office, et surtout un jardin ou une terrasse clos, librement accessible, un espace où l’on peut marcher sans qu’un couloir fermé ou une porte verrouillée ne vienne interrompre le geste toutes les dix minutes.

Ce que le PASA change concrètement, pour le résident et pour l’équipe

Sur le résident, le PASA vise une baisse des épisodes de trouble du comportement et un moindre recours aux psychotropes. Sur le reste de l’équipe de l’EHPAD, le fait qu’un résident agité passe sa journée dans un cadre dédié, encadré par du personnel formé, allège la charge de vigilance sur l’unité de vie classique pendant ce temps-là.

J’ai vu, plus d’une fois, un résident très agité sur son unité de vie retrouver un comportement apaisé les jours où il rejoignait le PASA, sans changer une ligne de son ordonnance. Le cadre et l’activité faisaient, à eux seuls, une bonne partie du travail que la famille attribuait d’abord au médicament. C’est une observation de soignante, répétée assez souvent pour compter, plus qu’un diagnostic que je poserais ici.

Le second bénéfice tient au lien social et aux capacités qui restent : une personne qui participe à un atelier, qui échange quelques mots pendant un repas, qui remet les mains dans la terre du jardin, continue d’occuper une place active, au-delà des seuls soins qu’elle reçoit.

  • Réduction des épisodes de trouble du comportement, par les thérapeutiques non médicamenteuses
  • Moindre recours aux psychotropes et à leurs effets secondaires chez la personne âgée
  • Maintien des capacités motrices, cognitives et sensorielles, et du lien social
  • Allègement indirect de la charge pour le reste de l’équipe pendant l’accueil

L’accueil en PASA coûte-t-il plus cher ?

L’accueil en PASA n’entraîne aucune facturation supplémentaire pour un résident de l’EHPAD : il est compris dans le tarif de l’établissement. Les postes dédiés au pôle sont financés sur la section soins. Une personne extérieure accueillie à la journée peut, elle, voir cet accompagnement intégré au plan d’aide de l’APA.

C’est une inquiétude qui revient souvent, et elle se comprend : la facture d’un EHPAD pèse déjà lourd sur beaucoup de familles. Sur ce point précis, la règle ne varie pas d’un établissement à l’autre : le PASA fait partie des prestations proposées aux résidents concernés, sans ligne supplémentaire sur la facture. Le financement public couvre les professionnels du pôle au titre des soins, ce qui explique l’absence de reste à charge spécifique, comme le détaille le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr.

Il existe un cas particulier : certains PASA accueillent des personnes qui vivent encore à domicile et viennent à la journée. Là, l’allocation personnalisée d’autonomie peut prendre en charge une partie de l’accompagnement. Pour une situation précise, le bon réflexe reste de poser la question à l’établissement et au conseil départemental, qui gère l’APA.

Comment savoir si un EHPAD dispose d’un PASA, et comment y accéder ?

L’annuaire officiel des EHPAD, sur le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr, permet de filtrer les établissements par accompagnement spécifique, dont le PASA. Si le résident est déjà installé, la demande passe par le médecin coordonnateur, qui évalue l’éligibilité avec l’équipe.

La présence d’un PASA vaut la peine d’être vérifiée avant de signer, pour une famille qui cherche un établissement. L’annuaire donne une première réponse ; un appel direct à l’établissement confirme l’information et permet de poser tout de suite la question des places. Un PASA n’accueille que 12 à 14 résidents par jour, et sa présence dans l’établissement ne garantit donc pas une place disponible au moment où le besoin se présente.

Quand le proche est déjà résident de l’établissement, la démarche est différente : l’évaluation NPI-ES est un acte de l’équipe soignante. La famille peut néanmoins signaler à l’équipe ou au médecin coordonnateur des troubles du comportement nouveaux ou plus marqués, et demander si le PASA a été envisagé. La décision finale reste médicale.

Chercher ou activer un PASA quand la famille vit à l’étranger

Le PASA est un dispositif français, réservé aux résidents d’un EHPAD situé en France. Un aidant qui vit à l’étranger peut demander à l’établissement si son proche relève du PASA et rester associé au projet de soins à distance. Il n’existe pas d’équivalent portant ce nom, avec ce cahier des charges, hors de France.

Le lien avec le médecin coordonnateur, qui décide de l’admission, reste l’essentiel pour une famille expatriée dont le parent est déjà en EHPAD en France. Participer aux temps proposés aux proches même à distance, par un appel avant ou après un atelier, un mot transmis à l’équipe sur ce que la personne aime, nourrit l’accompagnement. Rester un interlocuteur reconnu de loin demande simplement un peu plus d’organisation qu’en étant sur place.

Autre situation, plus lourde à décider : une famille installée à l’étranger dont le parent, resté sur place, développerait des troubles du comportement liés à une maladie neurodégénérative, et qui envisage un retour en France précisément pour ce type d’accompagnement. Le parcours à suivre reste alors celui d’une entrée en EHPAD classique : recherche d’établissement via l’annuaire officiel, dossier d’admission, évaluation à l’arrivée. Rien de spécifique au PASA ne s’ajoute à ce parcours, si ce n’est de vérifier qu’il dispose bien du PASA avant de signer. Je sais que c’est une décision lourde à prendre à distance, entre l’envie de rapprocher un parent et le bouleversement que représente un déménagement pour une personne déjà fragilisée.

Si c’est votre parent qui reste vivre à l’étranger, l’accompagnement des troubles du comportement liés à une maladie neurodégénérative passera par les structures locales, accueils de jour ou unités spécialisées, dont l’organisation et le financement varient d’un pays à l’autre. Pour chaque décision, le médecin traitant et l’équipe sur place restent les bons interlocuteurs.

Questions fréquentes

Un PASA accueille combien de résidents ?

Un PASA est conçu pour accueillir 12 à 14 résidents par jour. C’est un accueil de journée : les résidents rejoignent le pôle pour les activités et le déjeuner, puis retrouvent leur chambre dans l’EHPAD. Le nombre de personnes suivies sur l’année peut être plus élevé, par rotation.

Le PASA coûte-t-il plus cher que le reste de l’hébergement ?

Non. Pour un résident de l’EHPAD, l’accueil en PASA est compris dans le tarif de l’établissement, sans facturation en plus : les postes du pôle sont financés sur la section soins. Une personne extérieure accueillie à la journée peut voir cet accompagnement intégré à son plan d’aide APA.

Quelle est la différence entre le PASA et l’UHR ?

Le PASA accueille en journée des résidents ayant des troubles du comportement modérés, qui gardent leur chambre habituelle. L’UHR héberge jour et nuit des résidents dont les troubles sont sévères, en EHPAD ou en unité de soins de longue durée. La gravité des troubles et le mode d’accueil font la différence.

Peut-on refuser l’entrée en PASA, ou en sortir ?

Oui. L’accueil repose sur le consentement de la personne et l’adhésion des proches. Un résident peut ne pas souhaiter y aller, et son accompagnement peut cesser si le PASA ne lui convient plus ou si ses troubles évoluent vers une forme plus sévère. La décision se prend avec l’équipe et le médecin coordonnateur.

Comment savoir si un EHPAD dispose d’un PASA avant d’y placer un proche ?

L’annuaire officiel des EHPAD sur le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr permet de filtrer les établissements par accompagnement spécifique, dont le PASA. Il vaut mieux le confirmer aussi directement auprès de l’établissement, la présence du pôle ne garantissant pas une place disponible immédiatement.

Existe-t-il un équivalent du PASA à l’étranger ?

Non, pas sous ce nom ni ce cahier des charges : le PASA est un dispositif français, réservé aux résidents d’un EHPAD situé en France. À l’étranger, des structures de jour pour troubles neurodégénératifs existent, mais sous d’autres noms et d’autres règles, propres à chaque pays.

Cet article vous a-t-il été utile ?

Notez cet article afin de nous permettre d'améliorer nos contenus.