Fracture du bassin chez la personne âgée : symptômes, diagnostic et prise en charge
Chez la personne âgée, la fracture du bassin est le plus souvent une fracture de fragilité, survenue lors d’une chute de sa hauteur, et elle se traite dans la majorité des cas sans chirurgie. Elle se manifeste par une douleur de l’aine, de la hanche ou de la fesse, avec le plus souvent une impossibilité de se relever, mais certaines formes peu déplacées laissent la marche possible. Les semaines d’immobilisation qui suivent concentrent l’essentiel du danger : escarres, phlébite, pneumopathie, confusion. Voici les signes qui doivent alerter, la façon dont le diagnostic est posé, la prise en charge, la rééducation et la prévention.
Ce qu’il faut retenir
- Chez la personne âgée, la fracture du bassin est presque toujours une fracture de fragilité : elle survient après un traumatisme faible, au plus une chute de sa propre hauteur en marchant.
- Les signes habituels sont une douleur du pli de l’aine, de la hanche ou de la fesse, et l’impossibilité de se relever, mais une fracture peu déplacée peut laisser la marche possible, ce qui retarde souvent le diagnostic.
- Une radiographie normale n’écarte pas la fracture : en cas de doute, un scanner ou une IRM est demandé.
- La prise en charge est le plus souvent non chirurgicale : traitement de la douleur puis remise en mouvement, la chirurgie étant réservée aux fractures instables ou déplacées.
- Le danger principal vient de l’immobilisation : escarres, phlébite, pneumopathie, confusion, dénutrition. La mobilisation précoce fait partie du traitement.
- Devant une personne âgée tombée qui ne peut pas se relever, on ne la relève pas : on appelle le 15 ou le 112.
- Après la fracture, la prévention joue sur deux plans : réduire le risque de chuter, et faire évaluer la solidité osseuse.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’une fracture du bassin chez une personne âgée ?
- Quels symptômes doivent faire penser à une fracture du bassin après une chute ?
- Comment le diagnostic est-il posé, et pourquoi une radiographie normale ne suffit pas ?
- Chirurgie ou traitement non chirurgical selon la stabilité de la fracture
- Quels sont les risques de l’immobilisation, et comment les prévenir ?
- Le déroulement de la rééducation après une fracture du bassin
- Prévenir une nouvelle fracture du bassin
- Que se passe-t-il si la fracture survient à l’étranger ?
- Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une fracture du bassin chez une personne âgée ?
La fracture du bassin est une rupture de l’anneau pelvien, une structure osseuse fermée formée par les deux os coxaux et le sacrum, reliés en avant par la symphyse pubienne et en arrière par les articulations sacro-iliaques. Chez la personne âgée, elle survient le plus souvent lors d’une chute de sa hauteur, sur un os déjà fragilisé. Cette chute-là, sans témoin, un matin en allant à la salle de bain, revient dans la plupart des dossiers que j’ai suivis en gériatrie.
Les sièges les plus fréquents sont les branches pubiennes à l’avant de l’anneau, et le sacrum à l’arrière. Quand un seul point de l’anneau cède sans déplacement des fragments, la fracture est dite stable. Quand plusieurs points cèdent, ou que les fragments se déplacent, elle devient instable, et la prise en charge change du tout au tout.
On parle ici de fracture de fragilité, une fracture survenant après un traumatisme faible, au plus équivalent à une chute de sa propre hauteur en marchant, selon la définition de l’Assurance Maladie. Le terrain, c’est l’ostéoporose : autour de 65 ans, 39 % des femmes en sont atteintes, et 70 % à partir de 80 ans. Ce terrain osseux appelle un bilan spécifique après toute fracture de fragilité, détaillé plus loin dans la section prévention.
Une personne sur trois de plus de 65 ans tombe au moins une fois par an, et Santé publique France a recensé 174 824 hospitalisations liées à une chute chez les 65 ans et plus en 2024. Reste une confusion fréquente, celle qui inquiète le plus les familles au téléphone : la fracture du bassin n’est pas la fracture de hanche.
| Fracture | Os concerné | Signe le plus évocateur | Traitement habituel | Appui sur la jambe |
|---|---|---|---|---|
| Fracture du bassin (anneau pelvien) | Os coxal (branches pubiennes), sacrum | Douleur du pubis, de l’aine ou de la fesse, difficulté à se lever d’une chaise | Le plus souvent non chirurgical : antalgiques et remise en mouvement | Souvent autorisé, selon la consigne du chirurgien |
| Fracture de hanche (col du fémur, trochanter) | Extrémité supérieure du fémur | Jambe raccourcie et mal positionnée, impossibilité de bouger la jambe | Chirurgical dans la grande majorité des cas, idéalement en moins de 48 heures | Repris après chirurgie, dans les 24 heures si le chirurgien l’autorise |
Quels symptômes doivent faire penser à une fracture du bassin après une chute ?
Après une chute, une douleur du pli de l’aine, du pubis, de la hanche ou de la fesse, avec impossibilité de se relever ou de tenir debout, doit faire suspecter une fracture du bassin. Certaines fractures peu déplacées laissent pourtant la marche possible, ce qui retarde le diagnostic plus souvent qu’on ne le pense.
La douleur est vive. Elle s’accentue à l’appui et surtout aux changements de position : se lever d’une chaise, se retourner dans le lit, monter dans une voiture. Un hématome peut apparaître dans la région pelvienne, parfois seulement un ou deux jours après la chute. La personne boite, ou avance en s’accrochant aux meubles.
Quand la fracture n’est pas déplacée, il n’y a pas de déformation visible : la marche reste possible, douloureuse mais réelle. L’Assurance Maladie décrit ce phénomène pour la fracture non déplacée du fémur, et il vaut aussi pour les fractures peu déplacées du bassin. Marcher n’élimine pas une fracture. C’est justement ce qui rassure à tort la famille qui voit la personne se déplacer.
- Impossibilité de se relever du sol ou de tenir debout
- Douleur du pli de l’aine, du pubis ou de la fesse à l’appui
- Jambe raccourcie, tournée vers l’extérieur, impossible à bouger
- Douleur qui persiste plus de quelques jours après une chute
- Sang dans les urines ou impossibilité d’uriner
Appelez le 15 ou le 112 devant une impossibilité totale de bouger la jambe, une jambe raccourcie ou tournée vers l’extérieur, une douleur intolérable, un malaise, du sang dans les urines ou une impossibilité d’uriner. Si la chute paraît sans gravité mais que la douleur de l’aine ou de la fesse ne cède pas après quelques jours, ou que la personne boite ou peine à se lever de son fauteuil, direction le médecin traitant.
Quand une personne âgée est au sol et ne peut pas se relever, on ne la relève pas. L’Assurance Maladie recommande d’appeler le 15 ou le 112, de couvrir la personne, de surélever sa tête et de lui faire bouger doucement bras et jambes en attendant les secours, ce qui limite le risque de phlébite. La redresser de force, même avec les meilleures intentions, peut déplacer une fracture qui ne l’était pas.
Comment le diagnostic est-il posé, et pourquoi une radiographie normale ne suffit pas ?
Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique et sur une radiographie du bassin. Quand la radiographie ne montre rien alors que la douleur empêche l’appui, le médecin demande un scanner ou une IRM.
En cas de doute diagnostic sur les radiographies standard, un scanner ou une IRM peut être demandée.
La radiographie du bassin reste le premier examen. Elle montre les fractures déplacées et la plupart des fractures des branches pubiennes. Elle ne montre pas tout, en particulier au niveau du sacrum, où le trait peut rester invisible sur les clichés standard. Le scanner précise alors le nombre de points de rupture de l’anneau, et l’IRM retrouve des fractures récentes que les autres examens ne voient pas.
| Examen | Ce qu’il montre | Quand il est demandé | Limite |
|---|---|---|---|
| Radiographie du bassin | Traits de fracture visibles, déplacement | En première intention, dès l’arrivée aux urgences | Peut être normale alors qu’une fracture est présente |
| Scanner (tomodensitométrie) | Trait de fracture précis, nombre de points de rupture de l’anneau | En cas de doute après la radiographie, ou pour préciser une fracture complexe | Examen irradiant |
| IRM | Fractures récentes non visibles ailleurs, atteinte des parties molles | En cas de doute persistant, notamment au sacrum | Accès et délais variables, contre-indiquée avec certains dispositifs implantés |
Concrètement, entendre « la radio est normale » ne règle rien si la personne ne peut toujours pas poser le pied par terre. Mieux vaut le dire au médecin en décrivant les gestes devenus impossibles plutôt que l’intensité de la douleur, souvent minimisée par la personne elle-même.
À l’hôpital, en parallèle du bilan d’imagerie, plusieurs mesures sont prises d’emblée chez la personne âgée : évaluation et traitement précoce de la douleur, installation sur un lit adapté pour prévenir les escarres, prévention de la désorientation, poursuite des traitements en cours pour les maladies chroniques.
Chirurgie ou traitement non chirurgical selon la stabilité de la fracture
Dans la majorité des cas chez la personne âgée, la fracture du bassin ne s’opère pas. Le traitement associe la prise en charge de la douleur et la reprise du mouvement le plus tôt possible, sous surveillance. La chirurgie se discute quand l’anneau pelvien est instable, la fracture déplacée, ou la douleur impossible à contrôler.
Le traitement non chirurgical tient sur deux piliers. D’abord les antalgiques, adaptés et réévalués : la Haute Autorité de santé recommande une évaluation systématique, précoce et répétée de la douleur, avec une échelle adaptée, y compris chez les personnes qui ne peuvent pas s’exprimer. Ensuite la verticalisation, puis la marche avec un déambulateur ou des cannes, selon la consigne d’appui donnée par l’équipe chirurgicale.
Le repos au lit prolongé n’est plus la règle. La HAS place au contraire la mobilisation précoce parmi les mesures qui réduisent le risque d’infection pulmonaire et d’escarre après une fracture, avec une mobilisation recommandée dans les 24 heures après une chirurgie de la hanche. Lever quelqu’un qui a mal reste contre-intuitif pour l’entourage ; c’est pourtant le traitement.
La question de l’appui se règle au cas par cas : autorisé, partiellement autorisé, ou interdit selon le type de fracture, avec une consigne écrite dans le compte rendu. Quand l’appui est interdit d’un côté, le kinésithérapeute entretient l’appui sur le côté sain et travaille les transferts lit-fauteuil.
La chirurgie, quand elle est décidée, vise à stabiliser l’anneau pelvien par ostéosynthèse (vis, plaques, fixation percutanée), selon le type de fracture, l’état général et le bénéfice attendu sur la douleur et la remise debout. La durée de guérison se compte en semaines à quelques mois, sans délai standard promis à l’avance : elle dépend du type de fracture, de l’âge, des maladies associées et de l’autonomie antérieure.
Quels sont les risques de l’immobilisation, et comment les prévenir ?
Escarres, phlébite, pneumopathie, confusion, dénutrition, constipation. Ces complications de l’immobilisation s’installent vite chez une personne âgée alitée. La HAS place la mobilisation précoce, la prévention des escarres et la surveillance nutritionnelle au centre de la prise en charge.
L’escarre est une lésion cutanée provoquée par une pression prolongée sur une zone d’appui chez une personne immobilisée, d’autant plus vite installée que la personne est fragile ou dénutrie. La prévention passe par une évaluation du risque avec une échelle validée de type Braden, un support adapté, une mobilisation régulière et un apport protéique d’au moins 1 g par kilo et par jour.
La maladie thromboembolique (phlébite, embolie pulmonaire) se prévient par une anticoagulation préventive prescrite par l’équipe médicale : après chirurgie de la hanche, la HAS recommande une héparine de bas poids moléculaire pendant 35 jours, en complément de la remise en mouvement. La pneumopathie, elle, reste la première cause de décès à 30 jours après une fracture de hanche selon la HAS ; la mobilisation précoce, la position assise au fauteuil et la kinésithérapie respiratoire chez les personnes à risque en réduisent nettement la fréquence.
La confusion aiguë est un trouble brutal et fluctuant de la conscience et de l’attention, fréquent chez la personne âgée hospitalisée, favorisé par la douleur mal contrôlée, l’immobilisation, la déshydratation et certains médicaments. Elle se prévient en traitant la douleur, en évitant l’immobilisation et la contention, en réorientant la personne dans le temps et l’espace, et en lui rendant lunettes et appareils auditifs. Une chute de tension nutritionnelle et une constipation persistante s’ajoutent souvent au tableau : d’où la surveillance du poids, des apports protéiques et du transit dès les premiers jours.
| Complication | Ce qui la favorise | Mesure de prévention |
|---|---|---|
| Escarre | Alitement, dénutrition, points d’appui prolongés | Support adapté, mobilisation et mise au fauteuil, surveillance de la peau, apport protéique d’au moins 1 g/kg/jour |
| Phlébite et embolie pulmonaire | Immobilisation, alitement | Anticoagulation préventive prescrite par l’équipe médicale, remise en mouvement |
| Pneumopathie | Alitement, troubles de la déglutition, dénutrition | Mobilisation précoce, position assise au fauteuil, kinésithérapie respiratoire chez les personnes à risque |
| Confusion aiguë | Douleur mal contrôlée, immobilisation, déshydratation, médicaments | Traiter la douleur, éviter l’immobilisation et la contention, hydrater, rendre lunettes et appareils auditifs |
| Dénutrition | Perte d’appétit, hospitalisation, douleur | Surveillance du poids, apports protéiques, avis diététique |
| Perte d’autonomie | Cumul des complications, alitement prolongé | Rééducation individualisée précoce, préparation anticipée du retour à domicile |
Pour l’aidant, quelques gestes simples pèsent lourd : réclamer la mise au fauteuil plutôt que la laisser glisser, signaler une grimace ou un refus de bouger comme une possible douleur mal évaluée, apporter lunettes et appareils auditifs, surveiller le poids sans confondre confusion et changement de caractère.
Le déroulement de la rééducation après une fracture du bassin
La rééducation commence à l’hôpital, dès que la douleur est contrôlée. Elle associe verticalisation, transferts, marche avec aide technique, renforcement musculaire et travail de l’équilibre. Elle se poursuit ensuite soit dans le lieu de vie, soit en soins de suite et de réadaptation, selon l’autonomie antérieure et l’environnement de la personne.
Le contenu type, décrit par la HAS après fracture de hanche, se retrouve dans la rééducation pelvienne : séances quotidiennes supervisées, exercices d’équilibre, exercices contre résistance des membres inférieurs, endurance pour les plus robustes, apprentissage des aides techniques par le kinésithérapeute ou l’ergothérapeute. De retour à domicile, la HAS cite un programme type : 2 séances par semaine, 30 à 60 minutes chacune, pendant 10 à 12 semaines, qui améliore les capacités physiques, l’autonomie et la qualité de vie.
Deux orientations restent possibles à la sortie : le lieu de vie pour les personnes médicalement stables, aux fonctions cognitives suffisantes et capables de se mobiliser seules dans un environnement adapté ; sinon, les soins de suite et de réadaptation. En gériatrie, j’ai vu la peur de tomber freiner des récupérations bien plus longtemps que la fracture elle-même : elle réduit les déplacements, fait fondre les muscles, et prépare souvent la chute suivante si personne ne la travaille avec le kinésithérapeute et l’entourage.
L’ergothérapeute prépare le retour à domicile pendant l’hospitalisation, pas la veille de la sortie : barres d’appui près du lit et des toilettes, rehausseur, suppression des tapis, éclairage des couloirs. Aucune durée de récupération standard n’est promise : elle dépend du type de fracture, de l’âge, des maladies associées et de l’autonomie antérieure.
Prévenir une nouvelle fracture du bassin
La prévention agit sur deux leviers : réduire le risque de tomber, et faire évaluer la solidité de l’os. Aménagement du logement, révision des médicaments, contrôle de la vue, activité physique régulière et apports suffisants en protéines forment le socle de base.
Côté logement, l’Assurance Maladie donne des repères concrets : libérer et éclairer les lieux de passage, fixer ou retirer les tapis, installer des barres d’appui près du lit, des toilettes et de la baignoire, poser un rehausseur de toilettes de 10 à 15 cm, porter des chaussures fermées à talon large et bas (2 à 3 cm) à semelles antidérapantes.
Somnifères, anxiolytiques et traitements qui altèrent la vigilance augmentent le risque de chute autant qu’un tapis qui glisse, et le risque d’interactions grandit à partir de quatre médicaments pris sur la même période. Une révision d’ordonnance annuelle avec le médecin traitant reste le geste le plus simple pour désamorcer ce risque-là.
Trois autres réflexes comptent tout autant : faire contrôler la vue et l’audition, surveiller le poids puisque la dénutrition fait fondre les muscles, bouger au moins 30 minutes de marche par jour ou pratiquer une gymnastique douce avec des exercices d’équilibre. Apprendre à se relever du sol avant d’en avoir besoin complète ce socle, de préférence avec quelqu’un à proximité ; la téléassistance permet de donner l’alerte quand se relever seul devient impossible.
Après une fracture de fragilité, la question de l’os se pose au médecin traitant : correction d’une carence en vitamine D, apport de calcium et, si l’indication est retenue, traitement de l’ostéoporose. Ce bilan-là ne se limite pas à une case à cocher sur une ordonnance : il conditionne le risque de récidive et se pose sans attendre le prochain rendez-vous de routine.
Que se passe-t-il si la fracture survient à l’étranger ?
Tout dépend du statut : séjour temporaire ou résidence permanente. La carte européenne d’assurance maladie couvre les soins devenus nécessaires pendant un séjour temporaire dans l’Union européenne, mais elle ne couvre pas le rapatriement sanitaire. Le retraité installé dans l’UE relève, lui, du formulaire S1 et du système de santé local.
Pour un séjour temporaire dans l’UE, l’EEE, la Suisse ou le Royaume-Uni, la carte européenne d’assurance maladie atteste des droits et ouvre la prise en charge selon la législation du pays de séjour. Elle est valable deux ans au maximum et se demande au moins 15 jours avant le départ ; à défaut, un certificat provisoire de remplacement, valable 3 mois, est délivré.
Les frais de secours et le rapatriement sanitaire restent en dehors de cette couverture, et c’est souvent le poste le plus coûteux en pratique. L’Assurance Maladie recommande de souscrire à part un contrat d’assistance garantissant le remboursement des frais médicaux et le rapatriement. Une fracture du bassin découverte à l’étranger avec une simple carte européenne périmée transforme vite une hospitalisation en casse-tête financier.
Pour une résidence permanente dans l’UE, l’EEE, la Suisse ou le Royaume-Uni, le retraité du régime français demande le formulaire E 121/S1 à sa caisse de retraite avant le départ, puis s’inscrit auprès de la sécurité sociale locale : les soins sont alors pris en charge selon les règles du pays de résidence. Hors UE, EEE, Suisse et Royaume-Uni, les frais de santé ne sont plus couverts par l’Assurance Maladie française sur place, d’où le recours fréquent à la Caisse des Français de l’Étranger ou à une assurance privée ; le Cnarefe, de son côté, gère la prise en charge des soins reçus lors de séjours temporaires en France, sous condition de 15 ans de cotisation à un régime obligatoire français.
Une fracture du bassin, à l’étranger, ce n’est pas une simple consultation : c’est une hospitalisation non programmée suivie de plusieurs semaines de rééducation. Trois questions à poser dès l’admission : qui paie les soins, la rééducation est-elle couverte, et le rapatriement est-il prévu par un contrat. Le rapatriement sanitaire n’est d’ailleurs pas toujours souhaitable : un transport long sur une fracture récente est douloureux et retarde la mobilisation. La décision revient au médecin sur place.
Questions fréquentes
Peut-on marcher avec une fracture du bassin ?
C’est possible quand la fracture est peu déplacée et que l’anneau pelvien reste stable : la marche est alors douloureuse mais conservée. À l’inverse, une fracture instable ou déplacée rend l’appui impossible. Seule l’imagerie tranche, et la consigne d’appui vient de l’équipe chirurgicale.
Combien de temps dure la guérison d’une fracture du bassin ?
La consolidation osseuse et la récupération de la marche se comptent en semaines à quelques mois. La durée dépend du type de fracture, de l’âge, des maladies associées et de l’autonomie antérieure. Aucun délai standard ne peut être annoncé, mais la reprise du mouvement commence dès que la douleur est contrôlée.
Une radiographie normale exclut-elle une fracture du bassin ?
Non. Une fracture peut ne pas se voir sur une radiographie standard, en particulier au sacrum. L’Assurance Maladie indique qu’en cas de doute diagnostique sur les radiographies, un scanner ou une IRM peut être demandé. Si la douleur empêche l’appui alors que la radio est dite normale, il faut le signaler au médecin.
Faut-il relever une personne âgée qui est tombée ?
Non, si elle ne peut pas se relever seule ou si elle a mal. L’Assurance Maladie recommande de ne pas la relever et d’appeler le 15 ou le 112. En attendant les secours, on la couvre, on surélève sa tête et on lui fait bouger doucement bras et jambes pour limiter le risque de phlébite.
La fracture du bassin est-elle la même chose que la fracture du col du fémur ?
Non. La fracture du col du fémur touche l’extrémité supérieure du fémur et s’opère dans la grande majorité des cas, avec un délai recommandé de moins de 48 heures. La fracture du bassin touche l’anneau pelvien et se traite le plus souvent sans chirurgie. Les deux appartiennent à la famille des fractures de fragilité.
Le repos au lit est-il recommandé après une fracture du bassin ?
L’alitement prolongé n’est pas un traitement, c’est un risque. La HAS cite la mobilisation précoce parmi les mesures qui réduisent le risque de pneumopathie et d’escarre après une fracture. La remise en mouvement se fait sous surveillance, une fois la douleur contrôlée et selon la consigne d’appui donnée.
La carte européenne d’assurance maladie couvre-t-elle un rapatriement après une fracture à l’étranger ?
Non. La carte européenne couvre les soins devenus nécessaires pendant un séjour temporaire dans un pays de l’Union européenne, mais pas les frais de secours ni le rapatriement sanitaire. Ceux-ci relèvent d’un contrat d’assistance ou d’assurance souscrit séparément.
Qui décide si la personne rentre à domicile ou va en rééducation ?
La décision est pluridisciplinaire et se prend avec la personne, sa famille et le médecin traitant. La HAS recommande une rééducation dans le lieu de vie pour les patients stables, aux fonctions cognitives suffisantes et capables de se mobiliser seuls, et une rééducation en soins de suite et de réadaptation pour les autres.