Montant de l’AAH : combien touche-t-on selon sa situation ?
« Combien vais-je toucher avec l’AAH ? » La réponse n’est pas un chiffre unique, parce que l’allocation aux adultes handicapés n’est pas un forfait. Le montant qu’on voit partout, 1 041,59 € par mois en 2026, est un plafond : l’AAH complète vos autres revenus jusqu’à ce niveau, elle ne s’ajoute pas à eux. Voici comment se calcule ce que vous percevez vraiment, avec les plafonds de ressources, la déconjugalisation, le cumul avec un travail et ce qui change à la retraite.
Ce qu’il faut retenir
- Le montant maximal de l’AAH est de 1 041,59 € par mois depuis le 1er avril 2026, revalorisé chaque année.
- C’est un plafond, pas un forfait : l’AAH est une allocation différentielle qui complète vos autres ressources.
- Le plafond de ressources annuel est de 12 499 € pour une personne seule, 22 623 € pour un couple (base N-2).
- Depuis octobre 2023, la déconjugalisation calcule l’AAH sur vos seules ressources quand c’est plus favorable.
- Le cumul avec un travail est prévu : six mois sans prise en compte du salaire, puis un abattement.
- À la retraite, l’AAH est maintenue pour un taux d’incapacité d’au moins 80 %, elle cesse entre 50 et 79 %.
Sommaire
- Quel est le montant maximal de l’AAH en 2026 ?
- Le calcul du montant : une allocation différentielle
- Les plafonds de ressources et la déconjugalisation
- Peut-on cumuler l’AAH avec un travail ?
- Que devient l’AAH au moment de la retraite ?
- Qui a droit à l’AAH et comment la demander ?
- Questions fréquentes
Quel est le montant maximal de l’AAH en 2026 ?
Depuis le 1er avril 2026, le montant maximal de l’AAH est de 1 041,59 € par mois pour une personne sans autre ressource. Il est revalorisé chaque année à cette date. Retenez le mot « maximal » : ce chiffre est un plafond, pas la somme que reçoit chaque allocataire.
L’allocation aux adultes handicapés est un revenu minimum garanti versé par la CAF ou la MSA aux personnes handicapées, sous condition de taux d’incapacité et de ressources. Sans aucune ressource, vous touchez le montant plein ; avec d’autres revenus, l’AAH vient combler l’écart jusqu’au plafond. Le montant réellement versé se calcule donc au cas par cas.
Le calcul du montant : une allocation différentielle
Le calcul part du montant maximal et lui soustrait vos autres ressources prises en compte. Ce qui reste, c’est ce que la CAF ou la MSA vous verse. Une allocation différentielle comble l’écart entre vos ressources et un montant plafond, au lieu d’être versée en totalité.
Vous percevez la différence entre le montant de votre pension et le montant maximal de l’AAH.
Les revenus n’y pèsent pas tous pareil. Les revenus d’activité et ceux du patrimoine ne comptent qu’en partie, après abattement ; d’autres ressources entrent intégralement dans le calcul. C’est ce qui rend l’estimation à la main hasardeuse, et c’est pourquoi une simulation sur le site de la CAF donne le montant fiable avant toute décision.
Les plafonds de ressources et la déconjugalisation
Pour ouvrir le droit, les ressources annuelles ne doivent pas dépasser un plafond, lu sur l’avant-dernière année (base N-2) : 12 499 € pour une personne seule sans enfant, 22 623 € pour un couple, majorés de 6 249,54 € par enfant à charge. Au-delà, l’AAH n’est pas versée.
| Situation du foyer | Plafond annuel de ressources |
|---|---|
| Personne seule, sans enfant | 12 499 € |
| Personne seule, un enfant à charge | 18 749 € |
| Couple, sans enfant | 22 623 € |
| Couple, un enfant à charge | 28 873 € |
| Par enfant supplémentaire | + 6 249,54 € |
Depuis le 1er octobre 2023, la déconjugalisation calcule l’AAH sur les seules ressources du demandeur, sans celles du conjoint, lorsque ce mode est plus favorable. La CAF retient automatiquement l’option la plus avantageuse, sans démarche de votre part. Concrètement, une personne dont le conjoint a de bons revenus, et qui touchait peu ou rien avant, a pu voir son droit rouvert du jour au lendemain. C’est l’un des rares changements récents à avoir fait entrer de l’argent, pas sorti de la paperasse.
Peut-on cumuler l’AAH avec un travail ?
Oui, et le système est fait pour l’encourager. En milieu ordinaire, vos revenus d’activité ne sont pas pris en compte pendant les six premiers mois : vous gardez l’AAH pleine en plus du salaire. Passé ce délai, l’allocation redevient différentielle, mais avec un abattement qui protège la petite activité.
Le barème se lit en deux tranches. Sur la part de salaire inférieure à 30 % du Smic mensuel, soit environ 547 € et revalorisé avec le Smic, l’abattement est de 80 % : seuls 20 % comptent. Au-delà de ce seuil, l’abattement tombe à 40 %, donc 60 % du salaire pèsent sur le calcul. Plus le salaire monte, plus la part comptée grimpe, sans jamais atteindre l’euro pour euro.
| Part du salaire mensuel | Abattement | Part réellement comptée |
|---|---|---|
| 6 premiers mois d’activité | Total | 0 % |
| Part sous 30 % du Smic (environ 547 €) | 80 % | 20 % |
| Part au-delà de 30 % du Smic | 40 % | 60 % |
Prenons un salaire de 700 € net imposable. La CAF retient 20 % des 547 premiers euros (109 €) plus 60 % du reste (92 €), soit environ 201 € de ressources comptées. L’AAH versée devient 1 041,59 − 201, soit 840 € par mois, qui s’ajoutent au salaire. Vous déclarez vos ressources tous les trois mois, la CAF réajuste. Refuser un emploi de peur de « perdre l’AAH » revient presque toujours à refuser du revenu net en plus.
Que devient l’AAH au moment de la retraite ?
À l’âge légal, tout se joue sur le taux d’incapacité. Avec un taux d’au moins 80 %, l’AAH continue et complète votre pension ; avec un taux de 50 à 79 %, elle s’arrête. C’est une bascule qui se prépare, parce qu’elle peut changer le revenu du mois au mois suivant.
Pour un taux d’au moins 80 %, l’AAH est maintenue en différentiel : si votre pension de retraite est inférieure à 1 041,59 €, l’allocation comble l’écart jusqu’à ce plafond, exactement comme avant l’âge légal. Vous ne basculez pas d’office sur le minimum vieillesse, contrairement à ce que beaucoup redoutent.
Pour un taux de 50 à 79 %, le versement de l’AAH prend fin à l’âge légal de départ. Le relais est alors pris par vos droits à retraite, et par l’allocation de solidarité aux personnes âgées si vous n’avez jamais cotisé ou ne percevez aucun avantage vieillesse. Le montant peut se rapprocher, mais l’organisme payeur et les règles changent, y compris la question de la récupération sur succession, propre à l’ASPA.
| Taux d’incapacité | À l’âge légal | Ce qui prend le relais |
|---|---|---|
| Au moins 80 % | AAH maintenue en différentiel de la pension | Rien, l’AAH continue si la pension est sous 1 041,59 € |
| 50 à 79 % | AAH supprimée | Pension de retraite, ASPA à défaut d’avantage vieillesse |
À retenir : simuler sa pension un an avant l’âge légal évite de découvrir la bascule le mois où elle tombe.
Qui a droit à l’AAH et comment la demander ?
Le montant ne se discute qu’une fois le droit ouvert. Il faut un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou de 50 à 79 % assorti d’une restriction d’accès à l’emploi, avoir au moins 20 ans et résider en France de façon stable. Deux portes d’entrée, une seule condition d’âge, une condition de résidence qui pèse lourd pour un expatrié.
La première porte est un taux d’au moins 80 %. La seconde, un taux de 50 à 79 % avec une restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi, appréciée par la commission au regard du handicap, prévue par l’article L.821-2 du code de la sécurité sociale. L’âge minimum est de 20 ans, abaissé à 16 ans si vous n’êtes plus à la charge de vos parents au sens des prestations familiales.
La demande passe par deux guichets. D’abord la MDPH, qui reconnaît le handicap et fixe le taux ; ensuite la CAF ou la MSA, qui liquide l’allocation au vu de cette décision et de vos justificatifs de ressources. Comptez plusieurs mois d’instruction. Et pour qui envisage de vivre hors de France, la règle est sèche : l’AAH suppose une résidence stable en France, un séjour prolongé à l’étranger interrompt le droit. À vérifier avant de réserver quoi que ce soit, pas après.
Questions fréquentes
Quel est le montant de l’AAH en 2026 ?
Le montant maximal est de 1 041,59 € par mois depuis le 1er avril 2026, pour une personne sans autre ressource. C’est un plafond : l’AAH complète vos autres revenus jusqu’à ce niveau, elle n’est pas versée en totalité à tout le monde.
Comment se calcule l’AAH ?
À la différence : on part du montant maximal et on retire vos autres ressources prises en compte. Certains revenus comptent en partie, comme l’activité et le patrimoine, d’autres intégralement. La CAF applique ces règles et une simulation donne le montant exact.
Le revenu du conjoint compte-t-il pour l’AAH ?
Depuis le 1er octobre 2023, plus nécessairement. La déconjugalisation calcule l’AAH sur vos seules ressources lorsque c’est plus favorable, et la CAF retient automatiquement l’option la plus avantageuse.
Peut-on cumuler l’AAH avec un travail ?
Oui. En milieu ordinaire, les six premiers mois d’activité ne sont pas comptés. Ensuite, un abattement de 80 % s’applique sur la part de salaire inférieure à 30 % du Smic, puis de 40 % au-delà, si bien que travailler augmente presque toujours le revenu total.
Peut-on cumuler l’AAH avec une retraite ?
Avec un taux d’au moins 80 %, oui : l’AAH complète la pension tant que celle-ci reste sous 1 041,59 €. Entre 50 et 79 %, le versement cesse à l’âge légal de départ, avec un relais possible par l’ASPA.
Peut-on toucher l’AAH en vivant à l’étranger ?
Non pour une installation durable. L’AAH suppose une résidence stable en France, et un séjour hors de France de plus de trois mois sur l’année civile interrompt en principe le droit. La condition de résidence est à vérifier avant tout projet d’expatriation.