Budget 2026 et retraite : tout ce qui change pour les retraités en France et à l’étranger
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, promulguée le 31 décembre 2025, et la loi de finances adoptée via 49.3 en janvier 2026 posent un cadre définitif pour les 17 millions de retraités français. Suspension de la réforme des retraites pour les générations 1964-1968, revalorisation des pensions de base de 0,8 %, gel des complémentaires Agirc-Arrco, maintien de l’abattement fiscal de 10 % : les arbitrages sont posés, noir sur blanc, après des mois de débats où plusieurs mesures pénalisantes ont été rejetées. Cet article passe en revue chaque mesure adoptée, son calendrier d’application et son impact concret, y compris pour les retraités installés à l’étranger.
- La réforme des retraites de 2023 est suspendue jusqu’en janvier 2028 : l’âge légal est gelé à 62 ans 9 mois et la durée de cotisation à 170 trimestres pour les générations 1964-1968, avec effet au 1er septembre 2026
- Les pensions de base augmentent de 0,8 % au 1er janvier 2026, conformément à l’indexation sur l’inflation. Le gel initialement prévu a été rejeté
- Les pensions complémentaires Agirc-Arrco sont gelées : la valeur du point reste à 1,4386 € au 1er janvier 2026, faute d’accord entre partenaires sociaux
- L’abattement fiscal de 10 % sur les pensions est maintenu (plafond 4 439 € par foyer), le projet de forfait de 2 000 € ayant été rejeté par 213 voix contre 17
- Le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 %, première tranche à 0 % jusqu’à 11 600 € par part
- L’ASPA reste indexée sur l’inflation (1 034,28 €/mois pour une personne seule) mais n’est pas exportable hors de France
- Le cumul emploi-retraite sera réformé et plafonné à compter de début 2027 (article 102 de la LFSS 2026)
- Les retraités expatriés sont concernés par toutes ces mesures sauf l’ASPA : suspension de la réforme, gel Agirc-Arrco et fiscalité s’appliquent quelle que soit la résidence
Sommaire
- Quelles mesures du budget 2026 ont été adoptées et lesquelles ont été rejetées ?
- Que change la suspension de la réforme des retraites pour les générations 1964-1968 ?
- De combien les pensions de retraite sont-elles revalorisées en 2026 ?
- Quelles sont les mesures fiscales du budget 2026 pour les retraités ?
- Quel impact sur le revenu fiscal de référence, la CSG et les aides sociales ?
- L’ASPA augmente-t-elle en 2026 et peut-on la percevoir depuis l’étranger ?
- Le cumul emploi-retraite va-t-il être plafonné en 2027 ?
- Quel est l’impact du budget 2026 pour les retraités français expatriés ?
- FAQ
Quelles mesures du budget 2026 ont été adoptées et lesquelles ont été rejetées ?
Le budget 2026 repose sur deux textes : la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), votée le 16 décembre 2025 par 247 voix contre 232 et promulguée le 31 décembre, et la loi de finances 2026, adoptée via 49.3 en janvier 2026. Le gouvernement avait proposé plusieurs mesures d’économies ciblant les retraités. Les parlementaires en ont rejeté la majorité, ne conservant que la suspension de la réforme, la revalorisation des pensions, le maintien de l’abattement de 10 % et la réforme du cumul emploi-retraite.
Bon, alors, pourquoi c’est utile de le poser clairement ? Parce que beaucoup d’articles en ligne mélangent encore les mesures proposées pendant les débats et les mesures effectivement dans la loi. J’ai lu un site qui expliquait en mars 2026 que le forfait de 2 000 € allait remplacer l’abattement de 10 %. C’est faux. Ça a été rejeté le 13 novembre 2025. Voici le bilan, mesure par mesure.
| Mesure | Statut | Référence | Date d’effet |
|---|---|---|---|
| Suspension de la réforme des retraites (générations 1964-1968) | Adoptée | Article 105 LFSS 2026 | Pensions à compter du 1er septembre 2026 |
| Revalorisation des pensions de base (+0,8 %) | Adoptée | Indexation légale sur l’inflation | 1er janvier 2026 |
| Maintien de l’abattement fiscal de 10 % | Adoptée (rejet du forfait) | Article 158-5-a du CGI | Revenus 2025, déclaration 2026 |
| Revalorisation du barème IR (+0,9 %) | Adoptée | LFI 2026 | Revenus 2025 |
| Hausse de la CSG sur revenus du capital (9,2 % à 10,6 %) | Adoptée | LFSS 2026 | 1er janvier 2026 |
| Réforme du cumul emploi-retraite | Adoptée | Article 102 LFSS 2026 | Début 2027 |
| Gel des pensions de base (« année blanche ») | Rejetée | Amendement supprimé | Sans objet |
| Forfait fiscal de 2 000 € (remplaçant le 10 %) | Rejetée | Article 6 PLF 2026, rejeté le 13/11/2025 | Sans objet |
| Gel du barème CSG sur pensions | Rejetée | Amendement supprimé | Sans objet |
| Doublement des franchises médicales | Rejetée | Amendement supprimé | Sans objet |
À retenir : si vous lisez encore quelque part que le forfait de 2 000 € sera appliqué en 2026 ou que les pensions sont gelées, l’information est fausse. Ces mesures ont été rejetées en cours de débats parlementaires.
Que change la suspension de la réforme des retraites pour les générations 1964-1968 ?
L’article 105 de la LFSS 2026 suspend jusqu’en janvier 2028 le calendrier de relèvement de l’âge légal et de la durée d’assurance prévu par la loi du 14 avril 2023. L’âge légal de départ est gelé à 62 ans et 9 mois, la durée de cotisation pour le taux plein à 170 trimestres. Les générations 1964 à 1968 gagnent un trimestre. Ces nouvelles règles ne s’appliquent qu’aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé cette suspension le 14 octobre 2025. Le mécanisme est simple : on gèle les paramètres au niveau atteint au 1er septembre 2025, c’est-à-dire 62 ans 9 mois et 170 trimestres. Le relèvement reprendra à partir de janvier 2028, sauf nouvelle loi après la présidentielle de 2027. Ce n’est pas un retour en arrière, c’est une pause.
| Année de naissance | Âge légal AVEC suspension | Âge légal SANS suspension | Trimestres AVEC | Trimestres SANS |
|---|---|---|---|---|
| 1963 | 62 ans 9 mois | 62 ans 9 mois | 170 | 170 |
| 1964 | 62 ans 9 mois | 63 ans | 170 | 171 |
| 1965 (janv.-mars) | 62 ans 9 mois | 63 ans 3 mois | 170 | 172 |
| 1965 (avr.-déc.) | 63 ans | 63 ans 3 mois | 171 | 172 |
| 1966 | 63 ans 3 mois | 63 ans 6 mois | 172 | 172 |
| 1967 | 63 ans 6 mois | 63 ans 9 mois | 172 | 172 |
| 1968 | 63 ans 9 mois | 64 ans | 172 | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 64 ans | 172 | 172 |
Le gain est de 3 mois pour les générations 1964 et 1966-1968, et jusqu’à 6 mois pour les personnes nées entre janvier et mars 1965. C’est aussi valable pour les départs anticipés en carrière longue : le nombre de trimestres requis pour le taux plein conditionne l’accès à ce mécanisme, donc la baisse d’un trimestre ouvre la porte plus tôt.
Le coût pour l’État : 300 millions d’euros en 2026, 1,9 milliard en 2027. Pour la petite histoire, la première version du texte annonçait 400 millions. L’estimation a été révisée à la baisse après les ajustements au Sénat. Bref, j’y reviens.
Vérifiez votre situation sur info-retraite.fr, les simulateurs ont été mis à jour en mars 2026. Si vous êtes né entre 1964 et 1968 et que vous envisagez de liquider votre retraite dans les 18 prochains mois, recalculez votre date de départ : elle a peut-être reculé de 3 à 6 mois par rapport à ce que vous aviez en tête.
De combien les pensions de retraite sont-elles revalorisées en 2026 ?
Les pensions de base sont revalorisées de 0,8 % au 1er janvier 2026, conformément à l’indexation légale sur l’inflation. Les pensions complémentaires Agirc-Arrco sont en revanche gelées : faute d’accord entre partenaires sociaux au conseil d’administration du 17 octobre 2025, la valeur du point reste à 1,4386 €. La prochaine négociation est prévue mi-mars 2026, mais aucune revalorisation rétroactive n’est actée à ce stade.
Sur le papier, le gel des pensions de base (la fameuse « année blanche ») a été rejeté par les parlementaires. La proposition de sous-indexation des pensions entre 2027 et 2030 a également été écartée. C’est une victoire. Dans la vraie vie, l’Agirc-Arrco échappe au cadre législatif : la décision appartient au conseil d’administration paritaire (syndicats et patronat), et l’État n’y peut rien.
Prenons un cas concret. Un retraité perçoit 1 500 € de pension de base et 600 € de complémentaire Agirc-Arrco, soit 2 100 € par mois. Au 1er janvier 2026 : la base augmente de 12 € (+0,8 %), la complémentaire ne bouge pas. Gain réel : 12 €/mois sur 2 100 €, soit une revalorisation effective de 0,57 %. Avec une inflation estimée à 0,9 %, ce retraité perd du pouvoir d’achat, même si sa pension a techniquement augmenté.
Et ce n’est pas automatique, hein. L’Agirc-Arrco n’a aucune obligation de revaloriser. Si aucun accord n’intervient d’ici l’automne 2026, le gel durera au minimum un an complet, du 1er novembre 2025 au 31 octobre 2026. Les 14 millions de retraités du privé qui touchent une complémentaire sont tous concernés, en France comme à l’étranger.
Quelles sont les mesures fiscales du budget 2026 pour les retraités ?
L’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est maintenu pour les revenus 2025 déclarés en 2026, avec un plancher de 454 € par pensionné et un plafond de 4 439 € par foyer fiscal. Le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 %, avec une première tranche à 0 % jusqu’à 11 600 € par part. Le projet de forfait de 2 000 € a été rejeté, le gel du barème CSG aussi.
Le forfait de 2 000 € (article 6 du PLF 2026) aurait touché 39 % des retraités par une hausse d’impôt, dès 1 667 € de pension mensuelle selon le rapporteur Philippe Juvin. L’Assemblée nationale l’a rejeté le 13 novembre 2025 par 213 voix contre 17. Coalition large : RN, LFI, Droite républicaine, Écologistes. Seul le groupe Horizons a majoritairement soutenu le gouvernement.
Le barème progressif de l’impôt 2026 (revenus 2025) s’applique ainsi :
| Tranche de revenu imposable (par part) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Ce barème s’applique par tranches, pas sur l’intégralité du revenu. Un retraité seul percevant 20 000 € de pension brute voit d’abord 10 % déduit (soit 2 000 €), ce qui donne un revenu imposable de 18 000 €. Sur ces 18 000 €, les premiers 11 600 € sont à 0 %, et les 6 400 € restants sont à 11 %, soit 704 € d’impôt brut. Le calcul est mécanique, mais personne ne l’explique à la lettre.
En revanche, la CSG sur les revenus du capital passe de 9,2 % à 10,6 %. Si vous avez des dividendes, des plus-values mobilières ou des revenus fonciers, cette hausse vous concerne. Ce n’est pas la CSG sur les pensions (celle-là ne bouge pas), c’est la CSG sur vos placements et votre patrimoine.
Quel impact sur le revenu fiscal de référence, la CSG et les aides sociales ?
Chaque euro de revenu supplémentaire (y compris la revalorisation de 0,8 % des pensions de base) augmente le revenu fiscal de référence. Le RFR conditionne le taux de CSG sur les pensions, l’exonération de taxe foncière, l’accès à l’ASPA et au chèque énergie. Un retraité dont le RFR franchit un palier peut voir sa CSG passer de 3,8 % à 6,6 %, soit une perte nette sur sa pension supérieure au gain de la revalorisation.
Bon, concrètement, voici les seuils CSG pour 2026 (revenus 2024, avis d’imposition 2025) :
- Exonération totale de CSG : RFR inférieur à 13 048 € pour 1 part
- Taux réduit de 3,8 % : RFR entre 13 048 € et 17 057 €
- Taux médian de 6,6 % : RFR entre 17 057 € et 26 472 €
- Taux normal de 8,3 % : au-delà
Prenons un retraité seul dont le RFR était de 16 900 € en 2024 (taux réduit 3,8 %). Sa pension de base augmente de 0,8 % en 2026. Si cette hausse, combinée à d’éventuels intérêts d’épargne ou revenus fonciers, pousse son RFR de 2025 au-dessus de 17 057 €, il bascule au taux médian de 6,6 % en 2027 (et je parle bien du taux médian, pas du taux plein à 8,3 %). La différence entre 3,8 % et 6,6 %, sur une pension de 1 800 €/mois, c’est environ 50 €/mois de prélèvements en plus. Le gain de la revalorisation était de 14 €/mois. Le calcul est vite fait.
Le gel du barème CSG, qui aurait figé les seuils et piégé mécaniquement plus de retraités dans des tranches supérieures, a heureusement été rejeté. Les seuils sont revalorisés normalement. Mais l’effet de seuil reste un piège pour ceux qui flirtent avec les plafonds.
Côté taxe foncière : exonération totale pour les plus de 75 ans si le RFR est inférieur à 12 679 € (1 part), majoré de 3 386 € par demi-part supplémentaire. Dégrèvement de 100 € entre 65 et 75 ans, sous les mêmes conditions de RFR.
Tout ça pour dire que la revalorisation de 0,8 % ne se traduit pas mécaniquement par 0,8 % de pouvoir d’achat en plus. L’effet dépend de votre position par rapport aux seuils CSG, du gel Agirc-Arrco, et de vos autres revenus. Un simulateur ne fait pas de mal : impots.gouv.fr/simulateur.
L’ASPA augmente-t-elle en 2026 et peut-on la percevoir depuis l’étranger ?
L’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées) est revalorisée conformément à l’indexation sur l’inflation. Le montant maximal est de 1 034,28 € par mois pour une personne seule et 1 605,73 € pour un couple. Le gel initialement prévu dans le cadre de l’année blanche a été rejeté par les parlementaires.
Les conditions : 65 ans ou plus (62 ans en cas d’inaptitude), résidence stable et régulière en France (au moins 9 mois par an), ressources sous plafond (12 411,36 € par an pour une personne seule, 19 268,76 € pour un couple).
Et là, le point que beaucoup de gens ratent : l’ASPA n’est pas exportable. C’est une allocation de solidarité nationale, prévue par l’article L.815-1 du Code de la sécurité sociale. Un retraité qui s’installe à l’étranger perd le bénéfice de l’ASPA. S’il rentre en France, il peut la redemander, mais il devra justifier 9 mois de résidence effective avant d’y avoir à nouveau droit.
Autre chose que les gens oublient : l’ASPA est récupérable sur la succession si l’actif net dépasse 105 300 €. Ce n’est pas une prestation gratuite à vie, c’est une avance que l’État récupère au décès. Si vous avez un bien immobilier, la question de la demander ou non mérite d’être posée avec un notaire, pas avec un article de presse.
Les autres aides (APL, APA, crédit d’impôt emploi à domicile) sont maintenues dans les mêmes conditions. Aucune n’est exportable hors de France.
Le cumul emploi-retraite va-t-il être plafonné en 2027 ?
L’article 102 de la LFSS 2026 réforme le cumul emploi-retraite à compter de début 2027. En 2026, rien ne change : les règles actuelles restent en vigueur. Mais le nouveau cadre modifie radicalement l’intérêt financier du cumul selon votre âge, avec trois paliers et un plafonnement progressif jusqu’à 67 ans.
Voici comment le mécanisme va fonctionner à partir de 2027 :
- Avant l’âge légal (64 ans) : les revenus d’activité seront déduits de la pension dès le premier euro. Autrement dit, cumuler n’a plus aucun intérêt financier
- Entre l’âge légal et 67 ans : la pension sera écrêtée de 50 % des revenus d’activité. Si vous gagnez 1 000 € en travaillant, votre pension baissera de 500 €
- À partir de 67 ans : cumul libre, sans plafond ni écrêtement
L’objectif : inciter les assurés à liquider le plus tard possible. Les revenus d’intérêt général ou de service public seront exemptés (conditions à fixer par décret).
En pratique, si vous êtes en cumul emploi-retraite ou si vous envisagez de reprendre une activité après liquidation, posez le calcul maintenant. Selon votre âge et vos revenus prévisionnels, le cumul peut devenir nul ou presque à partir de 2027. Si votre situation implique des revenus d’activité à l’étranger, prenez un CGPI spécialisé en fiscalité internationale, pas un conseiller généraliste.
Quel est l’impact du budget 2026 pour les retraités français expatriés ?
Les retraités français installés à l’étranger sont concernés par la quasi-totalité des mesures du budget 2026 : la suspension de la réforme s’applique quelle que soit la résidence, le gel Agirc-Arrco touche aussi les pensions versées à l’étranger, et l’abattement de 10 % s’applique aux pensions imposées en France. Seules l’ASPA et les aides sociales (APL, APA) sont réservées aux résidents en France.
Voici le détail, mesure par mesure.
Suspension de la réforme : les droits à la retraite sont acquis en France. Un futur retraité né en 1965 qui vit au Portugal bénéficie du même gain de 3 à 6 mois qu’un résident français. La résidence à l’étranger ne change rien au calcul de l’âge légal ni à la durée de cotisation.
Revalorisation des pensions de base : les pensions du régime général sont versées partout dans le monde et revalorisées dans les mêmes conditions. Le +0,8 % s’applique que vous soyez en Algarve, à Marrakech ou à Lyon. Un point de vigilance : le certificat de vie doit être renvoyé dans les délais. J’ai vu des cas où la Carsat (enfin, je parle pour le régime général, hein) a suspendu les versements pendant trois mois pour un certificat non retourné à temps. Ce n’est pas une paperasse, c’est un déclencheur.
Gel Agirc-Arrco : les complémentaires sont versées à l’étranger sans restriction. Le gel de la valeur du point touche identiquement les expatriés.
Fiscalité : ça dépend de la convention fiscale entre la France et le pays de résidence. Les pensions publiques (fonctionnaires, militaires, enseignants) restent généralement imposées en France selon les conventions bilatérales, l’abattement de 10 % s’applique. Les pensions privées (régime général, Agirc-Arrco) sont souvent imposées dans le pays de résidence (Portugal, Espagne, Maroc), et dans ce cas l’abattement français ne joue pas. Si vous ne savez pas dans quelle catégorie tombent vos pensions, la réponse est dans la convention fiscale bilatérale, consultable sur le site du ministère des Finances. Si c’est compliqué, prenez un avocat fiscaliste spécialisé en droit international, pas un conseiller bancaire.
ASPA : non exportable, article L.815-1 du Code de la sécurité sociale. Un retraité qui quitte la France perd l’ASPA. Un retraité qui rentre peut la redemander après 9 mois de résidence stable.
Prenons un cas concret. Marc, 67 ans, ancien cadre du privé, installé au Portugal depuis 2023. Il perçoit 1 600 € de pension de base (régime général) et 800 € d’Agirc-Arrco. Au 1er janvier 2026 : sa base augmente de 12,80 € (+0,8 %), sa complémentaire reste à 800 €. Total : 2 412,80 € au lieu de 2 400 €, soit +0,53 % de revalorisation effective. La convention franco-portugaise prévoit que ses pensions privées sont imposées au Portugal (article 18 de la convention). Il ne bénéficie donc pas de l’abattement de 10 % en France. Il n’a pas droit à l’ASPA (non-résident). La suspension de la réforme ne le concerne plus (retraite déjà liquidée). En résumé : il gagne 12,80 €/mois du côté français, subit le gel de sa complémentaire, et doit gérer sa fiscalité portugaise.
À retenir : être expatrié ne dispense de rien. La suspension de la réforme, le gel Agirc-Arrco, la fiscalité et le futur plafonnement du cumul emploi-retraite concernent les retraités français partout dans le monde. Seules l’ASPA et les aides sociales sont réservées aux résidents en France.
Questions fréquentes
Les pensions de retraite sont-elles gelées en 2026 ?
Non. Le gel des pensions (« année blanche ») a été rejeté par les parlementaires. Les pensions de base sont revalorisées de 0,8 % au 1er janvier 2026. En revanche, les pensions complémentaires Agirc-Arrco sont gelées faute d’accord entre partenaires sociaux au conseil d’administration du 17 octobre 2025.
Le forfait de 2 000 € remplace-t-il l’abattement de 10 % en 2026 ?
Non. L’article 6 du PLF 2026 proposant ce remplacement a été rejeté à l’Assemblée nationale le 13 novembre 2025 par 213 voix contre 17. L’abattement de 10 % est maintenu intégralement, avec un plafond de 4 439 € par foyer fiscal pour les revenus 2025.
La suspension de la réforme des retraites concerne-t-elle les retraités déjà en retraite ?
Non. La suspension concerne les futurs retraités des générations 1964 à 1968 dont la pension prend effet à compter du 1er septembre 2026. Les retraités ayant déjà liquidé leur pension ne sont pas impactés par l’article 105 de la LFSS 2026.
Un retraité expatrié bénéficie-t-il de la revalorisation des pensions de base ?
Oui. Les pensions du régime général sont versées à l’étranger et revalorisées dans les mêmes conditions qu’en France. La revalorisation de 0,8 % au 1er janvier 2026 s’applique quelle que soit la résidence, à condition que le certificat de vie soit à jour auprès de la Carsat.
La CSG sur les pensions augmente-t-elle en 2026 ?
Les taux de CSG sur les pensions (8,3 %, 6,6 %, 3,8 % ou 0 %) restent inchangés. Le gel du barème CSG initialement prévu a été rejeté par les parlementaires. En revanche, la CSG sur les revenus du capital (dividendes, plus-values) passe de 9,2 % à 10,6 % à compter du 1er janvier 2026.
Peut-on encore cumuler emploi et retraite librement en 2026 ?
En 2026, les règles actuelles du cumul emploi-retraite restent en vigueur. La réforme prévue par l’article 102 de la LFSS 2026, qui plafonne le cumul avant 67 ans, n’entrera en application qu’à compter de début 2027. Si vous êtes concerné, c’est le moment de poser le calcul avec un conseiller retraite (Carsat, Agirc-Arrco ou CGPI spécialisé).