Visa Bali : le guide complet pour l’Indonésie
Depuis la suspension de l’exemption de visa pour les ressortissants français, tout voyageur qui se rend à Bali a besoin d’un visa, qu’il s’agisse d’une semaine de vacances, d’un projet de télétravail ou d’une installation longue durée à la retraite. Huit catégories de visa sont pertinentes pour un projet Bali : e-VOA, e-Visa touriste C1, multi-entrées D1 et D2, visa retraite E33F, Silver Hair Visa E33E, télétravail E33G, Second Home Visa E33, et Golden Visa E28. Ce guide reprend les règles applicables en 2026, sources officielles Direction générale de l’immigration indonésienne, portail e-visa, ambassade de France en Indonésie et BOFiP à l’appui.
Ce qu’il faut retenir
- Pour un court séjour jusqu’à 60 jours : e-VOA à 30 jours prolongeables une fois (environ 35 EUR), ou e-Visa C1 à 60 jours prolongeables deux fois (environ 54 EUR).
- Pour un séjour récurrent sur 1 à 5 ans : visa multi-entrées D1 ou D2, avec 60 jours autorisés par entrée.
- Pour s’installer à la retraite dès 55 ans : KITAS E33F, renouvelable chaque année jusqu’à 5 ans, sponsor agréé obligatoire.
- Pour les retraités de 60 ans et plus : Silver Hair Visa E33E sur 5 ans, demande directe sans sponsor, coût officiel 13 millions IDR (environ 750 EUR).
- Pour le télétravail salarié pour un employeur étranger : KITAS E33G, revenu annuel minimum de 60 000 USD, renouvelable jusqu’à 5 fois.
- Pour une résidence secondaire : Second Home Visa E33, dépôt bancaire de 2 milliards IDR (environ 130 000 USD) ou immobilier à partir de 1 million USD, 5 à 10 ans.
- Pour les investisseurs : Golden Visa E28, seuils de 350 000 USD à 50 millions USD selon le profil.
- Trois formalités numériques s’ajoutent à l’entrée : All Indonesia Card, Satusehat Health Pass, taxe touristique Love Bali (150 000 IDR).
- L’amende pour dépassement de visa est de 1 000 000 IDR par jour, avec risque d’expulsion au-delà de 60 jours.
Sommaire
- Quel visa choisir pour aller à Bali selon votre profil ?
- Comment obtenir l’e-VOA ou le visa à l’arrivée pour Bali ?
- Qu’est-ce que l’e-Visa touriste C1 et comment le demander ?
- Quand choisir un visa multi-entrées D1 ou D2 pour Bali ?
- Comment obtenir le KITAS retraite E33F à Bali ?
- Qu’est-ce que le Silver Hair Visa E33E et pour qui ?
- Comment obtenir le KITAS E33G pour télétravailler depuis Bali ?
- Qu’est-ce que le Second Home Visa E33 pour Bali ?
- Qu’est-ce que le Golden Visa E28 indonésien ?
- Quelles formalités numériques sont obligatoires à l’entrée à Bali ?
- Quelles sont les sanctions en cas de dépassement de visa à Bali ?
- Comment votre pension française est-elle imposée si vous vivez à Bali ?
- Quelle assurance santé est exigée pour vivre à Bali ?
- Questions fréquentes sur les visas pour Bali
Quel visa choisir pour aller à Bali selon votre profil ?
Le visa adapté dépend de deux paramètres : la durée envisagée et la nature de votre projet. Pour un séjour jusqu’à 60 jours, l’e-VOA ou l’e-Visa C1 suffisent. Au-delà, un KITAS (permis de séjour temporaire) est obligatoire : E33F ou E33E pour les retraités, E33G pour les télétravailleurs, E33 Second Home ou E28 Golden Visa pour les installations longues.
Pour s’y retrouver sans s’emmêler dans la dizaine de codes indonésiens, le plus simple reste de partir de ses propres contraintes : durée, motif, budget, et degré d’attachement au pays. Voici un tableau d’aiguillage pour pointer directement le visa qui correspond au projet.
| Durée de séjour | Profil | Visa recommandé |
|---|---|---|
| Moins de 30 jours | Tourisme, repérage | e-VOA (B1) ou VOA à l’arrivée |
| 30 à 60 jours | Tourisme prolongé | e-Visa touriste C1 ou e-VOA avec extension |
| 60 à 180 jours | Séjour long, préparation installation | e-Visa C1 avec deux extensions |
| Voyages répétés sur 1 à 5 ans | Retraité partagé France/Bali, voyageur d’affaires | Visa D1 (tourisme) ou D2 (affaires) |
| Installation longue durée, 55 ans et plus | Retraité français | KITAS E33F Lanjut Usia |
| Installation longue durée, 60 ans et plus | Retraité avec budget confortable | Silver Hair Visa E33E |
| Télétravail pour employeur étranger | Salarié à distance | KITAS E33G Remote Worker |
| Résidence secondaire, budget 130 000 USD et plus | Couple mixte, famille aisée | Second Home Visa E33 |
| Investissement passif, budget 350 000 USD et plus | Investisseur, chef d’entreprise | Golden Visa E28C |
| Création d’entreprise | Entrepreneur | Golden Visa E28B ou KITAS investisseur E28A |
Principe de base à garder en tête : tout visa indonésien est lié à un objectif déclaré (tourisme, retraite, travail, investissement, famille, soins). Changer d’objectif en cours de séjour exige une conversion formelle, parfois une sortie et ré-entrée. La plupart des visas courts (e-VOA, e-Visa C1) ne sont d’ailleurs pas convertibles en KITAS sur place sans sortir du pays.
Les délais de traitement, pour se faire une idée : 1 à 2 jours pour l’e-VOA, 5 jours ouvrés pour l’e-Visa C1, 2 à 4 semaines pour un KITAS depuis l’étranger, 3 à 5 semaines en conversion sur place. Et un point qui est valable pour tous les visas sans exception : aucun visa touriste n’autorise à travailler ou à percevoir un revenu local, pas même le bénévolat rémunéré. La sanction peut aller jusqu’à l’expulsion.
Comment obtenir l’e-VOA ou le visa à l’arrivée pour Bali ?
L’e-VOA (Visa on Arrival électronique) et le VOA classique permettent un séjour de 30 jours prolongeable une fois 30 jours à Bali, pour un coût de 500 000 IDR (environ 30 à 35 EUR). L’e-VOA se demande en ligne 48 heures à 14 jours avant l’arrivée sur evisa.imigrasi.go.id, le VOA au comptoir de l’aéroport Ngurah Rai.
Deux modalités pour la même chose. L’e-VOA (électronique, en ligne) et le VOA (au comptoir à l’arrivée) ont la même durée, le même coût et les mêmes règles. L’e-VOA permet juste d’éviter la file d’attente au guichet, ce qui en haute saison représente une bonne heure gagnée.
Les conditions sont classiques : passeport valide au moins 6 mois au jour d’entrée, billet de sortie du territoire, preuve d’hébergement, moyens financiers suffisants (environ 2 000 USD sur relevé bancaire). Le coût officiel est de 500 000 IDR, soit environ 30 EUR au taux actuel. Paiement en espèces à l’aéroport (roupies ou dollars), ou par carte bancaire pour la version électronique.
La durée initiale est de 30 jours à entrée unique, prolongeable une seule fois sur place pour 30 jours supplémentaires, soit 60 jours maximum au total. Depuis le 29 mai 2025, la prolongation n’est plus 100% en ligne : il faut faire une pré-demande sur evisa.imigrasi.go.id, puis se présenter en personne au bureau d’immigration local dans les deux jours ouvrés pour la biométrie et l’entretien. Coût de l’extension : environ 25 EUR. Sortir d’Indonésie annule automatiquement le VOA ou e-VOA, sans exception.
Cas concret. Un couple français prévoit 3 semaines à Bali en mars. e-VOA demandé 10 jours avant le départ, coût 500 000 IDR x 2, soit environ 70 EUR. Sur place, pas de démarche supplémentaire. À l’arrivée à Ngurah Rai : présentation du QR code All Indonesia Card, contrôle passeport et VOA en un quart d’heure en moyenne, une demi-heure en pic de saison.
Qu’est-ce que l’e-Visa touriste C1 et comment le demander ?
L’e-Visa touriste C1 (anciennement B211A) permet un séjour de 60 jours à entrée unique, prolongeable deux fois de 60 jours chacune, soit 180 jours maximum. Il coûte environ 54 EUR pour la demande initiale. La demande se fait en ligne sur evisa.imigrasi.go.id avec un sponsor agréé indonésien.
C’est le visa que j’ai vu le plus souvent choisi par les Français qui veulent passer plusieurs mois à Bali sans s’engager sur un KITAS. L’ancienne appellation B211A a été remplacée par C1 lors de la réforme visa de 2023-2024, dans le cadre de la simplification pour les 87 pays éligibles dont la France.
La durée initiale est de 60 jours consécutifs à entrée unique, prolongeable deux fois de 60 jours. Ce qui porte le séjour maximal à 180 jours sans sortie du territoire. Un sponsor indonésien est requis pour la demande, agence de visa agréée ou entreprise locale. Le coût du sponsoring tourne entre 200 et 350 EUR selon l’agence, tout compris pour la délivrance initiale.
Conditions à fournir : passeport valide 6 mois minimum, billet de sortie, preuve de fonds d’au moins 2 000 USD sur les 3 derniers mois, photo couleur récente. Le visa, une fois délivré, ouvre un corridor d’entrée de 90 jours. Passé ce délai, il expire sans avoir servi. Autrement dit, on le demande avec un départ déjà programmé.
Depuis le 1er juin 2025, la demande de C1 doit obligatoirement se faire depuis l’étranger, il n’est plus possible de la lancer depuis le territoire indonésien. Depuis mai 2025 également, les deux extensions exigent une visite physique au bureau d’immigration pour la biométrie, en même temps que pour le VOA. Coût de chaque extension : environ 120 EUR via sponsor, ou 1,9 million IDR (110 EUR) en direct. Interdits à la lettre : travailler, percevoir un revenu local, vendre des biens ou services.
Cas concret. Un futur expatrié français veut tester 4 mois à Bali avant de demander un KITAS retraite. e-Visa C1 demandé via une agence indonésienne 3 semaines avant le départ, coût total 320 EUR sponsor compris. Extension de 60 jours demandée 15 jours avant la fin du visa initial, biométrie à l’immigration de Denpasar. Après 4 mois, sortie vers Singapour pour déposer le KITAS retraite E33F depuis l’étranger. Cette mécanique reste la plus propre pour enchaîner période de test et installation définitive.
Quand choisir un visa multi-entrées D1 ou D2 pour Bali ?
Les visas multi-entrées D1 (tourisme) et D2 (affaires) permettent d’entrer et de sortir d’Indonésie plusieurs fois sur une période de 1, 2 ou 5 ans, avec un séjour autorisé de 60 jours à chaque entrée, prolongeable deux fois de 60 jours. Ils conviennent aux retraités qui alternent entre France et Bali, aux conjoints de résidents, et aux voyageurs d’affaires.
Option méconnue et pourtant pertinente pour une configuration que je rencontre souvent : le retraité qui veut garder un pied en France auprès des petits-enfants et passer ses hivers au soleil. Le D1 vous offre cette souplesse sans demander un KITAS ni ses contraintes.
La durée de validité se choisit à la demande : 1 an, 2 ans ou 5 ans. Coût progressif, autour de 120 EUR pour 1 an, 200 EUR pour 2 ans, 400 EUR pour 5 ans selon les sponsors. Le séjour autorisé à chaque entrée est de 60 jours consécutifs, prolongeable deux fois de 60 jours chacune sur place (avec la biométrie désormais obligatoire). Le nombre d’entrées, lui, est illimité durant la validité : chaque nouvelle entrée remet le compteur à zéro.
Conditions côté dossier : passeport valide 18 à 30 mois selon la durée choisie, solde bancaire d’au moins 2 000 USD sur 3 mois, sponsor indonésien. La différence entre D1 et D2 tient au motif déclaré : tourisme pour le D1, affaires pour le D2. Le D2 autorise les réunions, les audits, les achats professionnels, sans pour autant donner droit à une activité rémunérée.
L’intérêt principal : sortir d’Indonésie ne clôt pas le visa, contrairement à un C1 à entrée unique. C’est le point qui justifie le surcoût par rapport à un simple C1. Dans la vraie vie, un retraité qui part 6 mois à Bali et revient 6 mois en France, deux fois de suite, économise environ 300 EUR avec un D1 de 2 ans par rapport à deux C1 + extensions successifs.
Cas concret. Un couple de retraités souhaite passer la saison sèche en Indonésie (mai-octobre) et la saison scolaire avec leurs petits-enfants en France (novembre-avril). Solution : D1 de 2 ans, 200 EUR par personne. Deux aller-retour possibles sans renouveler le visa. Chaque entrée à Bali ouvre 60 jours, prolongeables deux fois pour couvrir 180 jours par séjour sans overstay.
Comment obtenir le KITAS retraite E33F à Bali ?
Le KITAS E33F Visa Lanjut Usia est le visa retraite classique de l’Indonésie, accessible dès 55 ans. Il dure 1 an et se renouvelle 5 fois, soit 5 ans au total. Conditions : justificatif de pension ou de revenus passifs, assurance santé, bail locatif en Indonésie, et sponsor agréé obligatoire (agence de voyage ou d’immigration licenciée).
C’est le visa que 80% des retraités français choisissent pour leur installation à Bali. Tout a été calibré pour un profil précis : ancien salarié ou ancien indépendant avec pension, pas d’activité professionnelle maintenue, souhaitant résider durablement. Les conditions sont strictes et non négociables, noir sur blanc dans la fiche officielle imigrasi.go.id.
Les conditions officielles du E33F
L’âge minimum est de 55 ans à la date de la demande. Pas de seuil supérieur. Le justificatif de pension ou de revenu passif doit démontrer au moins 3 000 USD par mois, ou 36 000 USD par an. Ce seuil, mis à jour en 2024 sur la fiche officielle, est le plus souvent la zone de contradiction dans les articles en ligne : beaucoup citent encore 1 500 USD par mois, valeur qui ne correspond plus à la pratique actuelle des bureaux d’immigration. Pour un dossier propre, visez 3 000 USD.
Autres pièces à produire :
- Solde bancaire personnel d’au moins 2 000 USD sur les 3 derniers mois, avec attestation bancaire horodatée.
- Assurance santé et assurance vie couvrant l’Indonésie, valides durant tout le séjour.
- Contrat de bail locatif en Indonésie, durée minimale 12 mois, ou preuve de domicile équivalente.
- Casier judiciaire vierge du pays de résidence.
- Certificat médical attestant l’absence de maladies listées par la réglementation indonésienne (tuberculose active, VIH, hépatites actives).
- Passeport valide au moins 18 mois avec 6 pages vierges.
Le sponsor agréé : la contrainte structurante
Le E33F ne peut pas être demandé en direct par le retraité, contrairement au Silver Hair. Un sponsor local agréé est obligatoire : agence de voyage ou agence d’immigration licenciée par le Tourism Department indonésien. Le sponsor dépose le dossier, paie les frais officiels, accompagne aux biométries, gère les renouvellements annuels.
Le coût de sponsoring tombe entre 11 et 14 millions IDR par an la première année, soit environ 650 à 820 EUR. Les années suivantes, le tarif baisse légèrement, entre 10 et 12 millions IDR. À l’intérieur de cette facture, les frais officiels payés à l’immigration représentent 150 USD plus 2 700 000 IDR (environ 300 EUR). Le reste correspond aux services de l’agence, et c’est là qu’il faut comparer.
Dans la vraie vie, le sponsor fait quasiment tout. Le retraité fournit les documents et se présente aux biométries. Cela représente un coût annuel qui s’ajoute au budget mais reste tolérable sur 5 ans pour la sérénité administrative.
La procédure étape par étape
La demande se dépose depuis l’étranger sur evisa.imigrasi.go.id via le sponsor. Délai de traitement : 2 à 4 semaines. Vous obtenez un visa à entrée unique, valable 90 jours pour entrer en Indonésie.
Une fois arrivé, conversion en KITAS via la procédure « Alih Status Keimigrasian » au bureau d’immigration local (Denpasar pour Bali). Biométrie obligatoire, prise de photo, empreintes. Délai : 2 à 3 semaines sur place. En sortie, vous repartez avec la carte e-ITAS (électronique) et le Re-Entry Permit pour pouvoir sortir et rentrer librement pendant la durée du visa.
Interdits et obligations pendant le séjour
Interdits, à appliquer à la lettre : travailler, percevoir un revenu local, vendre des biens ou services, faire du bénévolat rémunéré. J’ai vu des cas où des retraités ont été rappelés à l’ordre pour des cours de yoga rémunérés ou la gestion d’une chambre d’hôtes via Airbnb. C’est interdit, sans ambiguïté.
Autorisés : activités touristiques, vie associative, investissement passif, soins. Obligations pratiques : signaler tout changement d’adresse ou d’état civil dans les 30 jours, obtenir un SKTT (Surat Keterangan Tempat Tinggal, certificat de domicile temporaire) au bureau du village ou sous-district local. Le renouvellement annuel s’anticipe 30 à 45 jours avant l’échéance, via le sponsor. Après 5 renouvellements consécutifs, la demande d’un KITAP (permis de résidence permanent) devient possible sous conditions.
Cas concret. Un couple français de 62 et 58 ans veut s’installer à Ubud. Seul le mari atteint l’âge minimum. Solution : demande E33F pour lui, avec sa femme sur un KITAS Famille (E31B) rattaché à son statut. Budget annuel total : environ 24 millions IDR (1 400 EUR) pour le couple, frais de sponsor inclus, hors assurance santé.
Qu’est-ce que le Silver Hair Visa E33E et pour qui ?
Le Silver Hair Visa E33E, lancé en 2024 dans le cadre des Golden Visa indonésiens, s’adresse aux retraités de 60 ans et plus. Durée : 5 ans, avec coût officiel total de 13 millions IDR (environ 750 EUR) pour le visa et le re-entry permit. Demande directe sur evisa.imigrasi.go.id, sans sponsor obligatoire.
Bon, alors. Le Silver Hair change la donne pour les retraités qui ont passé la soixantaine et disposent d’un peu d’épargne disponible. Il a été lancé en 2024 pour attirer une population plus aisée, à l’image de la MM2H malaisienne ou du visa retraite thaï O-A.
Les conditions officielles
Âge minimum : 60 ans à la date de la demande, contre 55 pour le E33F. Justificatif de revenus : au moins 3 000 USD de revenus mensuels, OU dépôt de 50 000 USD sur un compte à terme dans une banque d’État indonésienne (Mandiri, BNI, BRI, BTN). Le dépôt reste bloqué durant toute la durée du visa, à prévoir dans le plan patrimonial.
Autres pièces : assurance santé couvrant l’Indonésie, casier judiciaire vierge, certificat médical, passeport valide au moins 30 mois, solde bancaire personnel sur les 3 derniers mois d’au moins 5 000 USD.
Les avantages par rapport au E33F
Pas de sponsor obligatoire. Demande directe sur le portail officiel. Économie nette de 10 à 14 millions IDR par an, soit 600 à 820 EUR. Sur 5 ans, l’écart atteint 3 000 à 4 000 EUR.
Durée de 5 ans d’un coup : pas de renouvellement annuel. Une seule démarche biométrique à l’arrivée, puis vous vivez tranquille. Le coût global est nettement plus favorable : 13 millions IDR pour 5 ans, soit 2,6 millions IDR par an en moyenne (environ 150 EUR/an), contre 11 à 14 millions IDR par an pour un E33F avec sponsor.
Le report d’adresse est annuel au lieu de tous les 90 jours, et quelques points d’entrée aéroportuaires ouvrent leurs fast-tracks aux titulaires de Silver Hair.
Les limites à anticiper
Les seuils financiers sont plus exigeants : 50 000 USD de dépôt bancaire est un engagement d’immobilisation sur la durée. Cet argent ne travaille pas, ou très peu (les dépôts à terme en banque d’État indonésienne rapportent rarement plus de 4 à 5% brut).
La catégorie est encore récente, quelques bureaux d’immigration locaux demandent des clarifications et la procédure se fluidifie au fil des mois. Même interdiction de travail et de perception de revenus locaux qu’avec le E33F, sans changement sur ce terrain.
E33E ou E33F : comment arbitrer ?
Trois situations claires :
- Entre 55 et 59 ans, le E33F est la seule option. Pas de choix.
- À partir de 60 ans avec 50 000 USD disponibles et un projet de plus de 2 ans, le E33E est plus avantageux à coup sûr.
- Si le capital est trop juste ou si le projet est incertain, le E33F avec sa souplesse annuelle reste préférable.
Cas concret. Un retraité de 63 ans avec pension de 2 800 EUR/mois et épargne disponible de 80 000 EUR. Choix du E33E : dépôt de 50 000 USD (environ 45 000 EUR) sur une banque d’État indonésienne, coût total visa 750 EUR pour 5 ans. Reste une enveloppe de 35 000 EUR pour l’installation. Économie de 3 000 à 4 000 EUR sur 5 ans par rapport à un E33F avec sponsor, et surtout tranquillité d’esprit pendant 5 ans.
Comment obtenir le KITAS E33G pour télétravailler depuis Bali ?
Le KITAS E33G Visa Pekerja Jarak Jauh (Remote Worker) permet de vivre en Indonésie pendant 1 an renouvelable, en télétravaillant pour un employeur étranger. Conditions : revenu annuel d’au moins 60 000 USD, contrat de travail avec une entreprise enregistrée hors Indonésie, solde bancaire minimum de 2 000 USD. Les freelances sans employeur formel ne sont pas éligibles.
Visa souvent appelé à tort « visa digital nomad ». Officiellement, l’Indonésie n’a pas de visa digital nomad au sens strict. Le E33G, lancé en 2022 et précisé par la réforme de 2023-2024, est un KITAS travailleur à distance, avec une exigence forte : contrat de travail salarié avec une entreprise étrangère.
Les conditions à remplir
Revenu annuel minimum de 60 000 USD, soit environ 5 000 USD par mois, attesté par le contrat de travail. L’employeur doit être une entreprise enregistrée hors Indonésie : société étrangère, ONG, institution gouvernementale étrangère. Les clients indonésiens sont interdits.
Point bloquant : les freelances et indépendants sans contrat employeur ne sont pas éligibles. Je vois souvent des consultants français qui pensent pouvoir passer sous ce visa avec leurs clients directs, mais non, ça ne marche pas. Pour eux, les options sont le C1 en série, ou le Second Home s’ils ont les moyens.
Autres pièces : passeport valide au moins 6 mois, solde bancaire minimum 2 000 USD sur 3 mois, adresse de résidence en Indonésie (hôtel longue durée ou bail locatif).
Les avantages du E33G
- Durée 1 an renouvelable jusqu’à 5 fois, soit 6 ans au total en théorie.
- Ouverture d’un compte bancaire indonésien autorisée, facilitant la vie courante.
- Permis de conduire indonésien (SIM) accessible.
- Demande de visa Schengen, américain ou japonais possible depuis l’Indonésie.
- Exonération fiscale indonésienne sur les revenus étrangers si pas de source indonésienne, sous conditions strictes.
- Multi-Entry Re-Entry Permit (MERP) disponible pour entrer et sortir librement.
Le piège fiscal des 183 jours
Au-delà de 183 jours de présence en Indonésie sur 12 mois, le titulaire devient résident fiscal indonésien. Il doit s’enregistrer au Revenue Department pour obtenir un NPWP (Nomor Pokok Wajib Pajak).
L’exonération fiscale sur les revenus étrangers n’est pas automatique. Elle exige une occupation déclarée contribuant à l’économie locale et une demande explicite. Sans demande d’exonération et avec résidence fiscale indonésienne, les revenus étrangers transférés en Indonésie peuvent être soumis au barème Pajak Penghasilan (5% à 35% par tranches).
Coûts officiels : 150 USD de frais de demande, 165 USD d’enregistrement KITAS à l’arrivée, soit 315 USD. Avec agent, comptez 300 à 600 USD supplémentaires, pour un total de 615 à 920 USD tout compris. Délai de traitement : 2 à 4 semaines depuis l’étranger, 3 à 5 semaines en conversion sur place.
Cas concret. Un informaticien français de 42 ans, salarié d’une SSII européenne en télétravail, souhaite passer 18 mois à Canggu. Revenu brut annuel 72 000 EUR. Demande E33G via une agence, coût 800 USD. Visa obtenu en 3 semaines. Fiscalité : résidence fiscale indonésienne déclenchée au 184e jour, NPWP obtenu à Denpasar, déclaration annuelle indonésienne à anticiper avec un comptable local.
Qu’est-ce que le Second Home Visa E33 pour Bali ?
Le Second Home Visa E33 Rumah Kedua permet de résider en Indonésie 5 à 10 ans, avec deux modalités au choix : un dépôt de 2 milliards IDR (environ 130 000 USD) sur une banque d’État indonésienne, ou l’achat d’un bien immobilier résidentiel d’au moins 1 million USD. Pas de condition d’âge, pas de sponsor obligatoire.
Visa de résidence intéressant pour les profils qui ne rentrent ni dans la case retraite ni dans celle du télétravail : pré-retraités avec patrimoine, parents qui veulent vivre à Bali avec enfants scolarisés sur place, couples mixtes. La base juridique est le Peraturan Menteri Hukum dan HAM n° 22 de 2023, mis à jour en 2024.
Les deux modalités d’éligibilité
Modalité 1, la plus choisie : dépôt de 2 milliards IDR (environ 130 000 USD au taux 2024-2026) sur un compte à terme dans une banque d’État indonésienne (Mandiri, BNI, BRI, BTN). Le dépôt reste immobilisé durant toute la durée du visa. Rémunération standard d’un dépôt à terme : 4 à 5% annuels bruts en IDR, avec risque de change IDR/EUR à surveiller.
Modalité 2 : achat d’un bien immobilier résidentiel d’au moins 1 million USD, en titre Hak Pakai. Cette option fait coup double avec un projet d’installation si le budget le permet, mais elle impose un investissement immobilier conséquent sur un marché moins liquide que l’Europe.
Autres conditions : passeport valide au moins 30 mois, solde bancaire personnel sur 3 mois d’au moins 5 000 USD, assurance santé. Aucune condition d’âge : accessible dès la majorité, contrairement aux visas retraite.
Durée, renouvellement, limites
Validité initiale 5 ans, renouvelables pour 5 ans supplémentaires, soit 10 ans maximum. Multi-entrées, entrée et sortie illimitées durant la validité. Report d’adresse annuel. Pas de conversion automatique en KITAP à l’issue.
Interdit, comme pour les autres visas non-travail : activité professionnelle rémunérée en Indonésie. Le Second Home sert à vivre, pas à travailler sur place.
Cas concret. Un couple de retraités de 58 et 55 ans, trop jeunes pour le E33F, avec une épargne disponible de 200 000 EUR après vente de la résidence principale en France. Choix du Second Home : dépôt de 130 000 USD (environ 115 000 EUR) sur BRI, solde disponible pour l’installation. Visa 10 ans obtenu en 4 à 6 semaines, sans sponsor. Sur la durée, c’est bien moins cher et moins chronophage que 10 ans de E33F renouvelé chaque année.
Qu’est-ce que le Golden Visa E28 indonésien ?
Le Golden Visa E28 est le programme indonésien de résidence par investissement, lancé en septembre 2023. Il existe en cinq sous-catégories selon le profil : E28A (actionnaire), E28B (création d’entreprise), E28C (investissement passif), E28D (dirigeant de filiale), E28F (Nusantara Capital City). Seuils : de 350 000 USD à 50 millions USD selon la catégorie et la durée.
Le Golden Visa vise clairement les patrimoines importants. Pour un retraité français moyen, ce n’est pas la porte d’entrée naturelle. Pour un ancien chef d’entreprise qui a vendu sa société, en revanche, ça peut devenir une vraie alternative au E33F ou au Second Home.
Les cinq sous-catégories
E28A, actionnaire d’une société indonésienne : détention de parts d’une entreprise indonésienne d’au moins 10 milliards IDR (environ 625 000 USD). Durée 2 ans. Accessible en premier niveau, sans création de nouvelle entreprise.
E28B, création d’entreprise par investisseur individuel : investissement dans une PT PMA (société à capitaux étrangers) d’au moins 2,5 millions USD pour 5 ans, ou 5 millions USD pour 10 ans. Preuve d’une société étrangère mère avec chiffre d’affaires annuel d’au moins 2,5 millions USD. Délai de mise en place : 90 jours à compter de l’entrée en Indonésie.
E28C, investissement passif (le plus courant) : 350 000 USD en obligations d’État, actions de sociétés cotées à l’Indonesia Stock Exchange, ou OPCVM, pour un visa de 5 ans. 700 000 USD pour un visa de 10 ans, OU achat d’un appartement en condominium d’au moins 1 million USD. Pas d’obligation de créer ou gérer une entreprise. Revenus personnels à justifier : au moins 5 000 USD/mois ou équivalent en épargne.
E28D, dirigeant de filiale indonésienne : directeur ou commissaire d’une société étrangère ouvrant une filiale en Indonésie. Investissement 25 millions USD pour 5 ans, 50 millions USD pour 10 ans. Chiffre d’affaires de la société mère d’au moins 100 millions USD, attesté par audit.
E28F, Nusantara Capital City (IKN) : depuis janvier 2026, seuils réduits pour les investissements dans la nouvelle capitale administrative. 5 millions USD pour 5 ans, 10 millions USD pour 10 ans. Réduction de 80% par rapport au E28D standard, incitation au développement d’IKN. Éligibilité limitée aux investisseurs affiliés à une liste prescrite de cabinets internationaux.
Les avantages du Golden Visa
- Pas d’obligation de présence physique en Indonésie. Le visa reste valide même si vous passez moins de 30 jours par an sur place.
- Pas de condition de langue, d’éducation ou d’emploi.
- e-ITAS et Re-Entry Permit délivrés automatiquement à l’arrivée.
- Conjoint et enfants mineurs éligibles automatiquement en visa dépendant, sans surcoût d’investissement.
- Accès aux fast-tracks aéroports.
- Pas d’obligation de conversion en KITAS après arrivée, procédure allégée.
Le piège fiscal à ne pas sous-estimer
Au-delà de 183 jours de présence annuelle, la résidence fiscale indonésienne est déclenchée. Les revenus mondiaux deviennent potentiellement imposables en Indonésie au barème progressif 5% à 35%. La convention fiscale bilatérale France-Indonésie de 1979 protège contre la double imposition, mais la planification reste complexe. Pour éviter la résidence fiscale indonésienne, il faut maintenir la présence sous 183 jours avec utilisation du Re-Entry Permit.
Frais officiels : visa 5 ans, environ 13 millions IDR (750 EUR). Visa 10 ans, environ 19,5 millions IDR (1 125 EUR). L’investissement lui-même doit être réalisé dans les 90 jours suivant l’entrée en Indonésie avec le visa, sous peine d’annulation du statut.
Quelles formalités numériques sont obligatoires à l’entrée à Bali ?
Trois démarches numériques s’appliquent à tout voyageur entrant en Indonésie, y compris aux titulaires de KITAS résidant à Bali : la All Indonesia Card (déclaration douanière E-CD), le Satusehat Health Pass (déclaration sanitaire), et la taxe touristique Love Bali de 150 000 IDR. Toutes se remplissent en ligne dans les 72 heures précédant l’arrivée.
Trois démarches, trois portails distincts, trois QR codes à présenter à l’arrivée. Le flou médiatique autour de ces obligations génère régulièrement des ralentissements à Ngurah Rai pour les voyageurs qui arrivent sans rien avoir préparé.
La All Indonesia Card (E-CD)
Déclaration douanière numérique unifiée qui remplace les formulaires papier depuis janvier 2024. Portail officiel : allindonesia.imigrasi.go.id. Délai : 72 heures précédant l’arrivée. Contenu : déclaration des biens transportés, informations de vol, adresse en Indonésie. Résultat : QR code par e-mail, à présenter avec le passeport.
Démarche gratuite. Attention aux sites imitateurs qui facturent le service : plusieurs sites apparaissent en premier sur les moteurs de recherche et réclament 20 à 40 EUR pour un service gratuit à la source. Passer uniquement par le portail officiel.
Le Satusehat Health Pass (SSHP)
Déclaration sanitaire obligatoire depuis fin 2023, mesure post-pandémique. Portail officiel : sshp.kemkes.go.id. Remplissage avant l’embarquement. QR code sanitaire à présenter au contrôle à l’arrivée. Démarche gratuite. Validité : valable pour l’entrée concernée, pas pour les suivantes.
La taxe touristique Love Bali
Taxe spécifique à l’entrée sur l’île, en vigueur depuis le 14 février 2024. Montant : 150 000 IDR par personne et par entrée, soit environ 9 EUR. Portail officiel : lovebali.baliprov.go.id. Paiement en ligne avant le départ (recommandé) ou au guichet à l’aéroport Ngurah Rai, avec files d’attente.
Point important pour les résidents : elle est due à chaque entrée sur l’île, y compris pour les titulaires de KITAS qui reviennent d’un séjour à Jakarta ou à l’étranger. Destinée au financement de la protection du patrimoine culturel et environnemental balinais. Certaines catégories de visa diplomatique ou officiel sont exonérées, sans qu’il y ait d’exemption pour les visas retraite.
Piège classique : un retraité E33F qui rentre de 3 semaines en France pour voir ses enfants doit refaire la All Indonesia Card, le Satusehat, et repayer la taxe Love Bali. Conserver les QR codes de la première entrée ne fonctionne pas. Prévoir 15 à 30 minutes de formulaires en ligne avant chaque vol retour à Bali.
Quelles sont les sanctions en cas de dépassement de visa à Bali ?
Depuis le 3 mai 2019, le dépassement de visa (overstay) en Indonésie est sanctionné par une amende de 1 000 000 IDR par jour (environ 60 EUR). L’amende s’applique aux 60 premiers jours. Au-delà, le voyageur s’expose à une expulsion et à une inscription sur la liste noire de l’immigration, avec interdiction de retour pendant plusieurs années.
Le barème des sanctions
De 1 à 60 jours d’overstay : amende de 1 000 000 IDR par jour, payable à l’aéroport avant tout embarquement. Pour un couple avec un enfant, 3 jours d’overstay coûtent 9 millions IDR, soit environ 540 EUR, à régler cash ou par carte au guichet de l’immigration.
Plus de 60 jours d’overstay : sanction pénale possible, expulsion, black-list interdisant le retour pendant plusieurs années. En cas de refus de paiement ou de désaccord : retenue au poste de contrôle, pas d’autorisation d’embarquement, détention administrative dans certains cas. Les mineurs suivent le régime des parents pour le calcul de l’amende.
Le cas particulier des KITAS
Pour un titulaire de KITAS retraite E33F qui ne renouvelle pas dans les délais, le dépassement se compte à partir de la date d’expiration du KITAS, pas de l’entrée en Indonésie. Le renouvellement doit être engagé 30 à 45 jours avant l’échéance. Si la procédure prend du retard côté indonésien, un « bridging permit » peut être accordé dans certains cas, à vérifier avec le sponsor.
Le calendrier recommandé pour éviter l’overstay
- e-VOA 30 jours : demander l’extension au plus tard 14 jours avant l’échéance.
- e-Visa C1 60 jours : lancer la demande d’extension 10 à 14 jours avant la fin, avec rendez-vous biométrique sous 2 jours ouvrés.
- KITAS retraite E33F : démarche de renouvellement auprès du sponsor 30 à 45 jours avant l’échéance annuelle.
- KITAS Silver Hair E33E : report d’adresse annuel, prévu en agenda dès l’obtention du visa.
Le border run et ses limites
Le « border run » consiste à sortir et rentrer pour remettre à zéro le compteur d’un visa multi-entrées ou obtenir un nouveau VOA. Il a longtemps été utilisé par les digital nomads pour vivre à Bali sans KITAS. Les autorités indonésiennes surveillent désormais les border runs systématiques et peuvent refuser l’entrée pour « non-respect de l’usage touristique ». Border run autorisé pour un usage occasionnel et cohérent avec le motif déclaré, à éviter comme méthode de résidence prolongée sans KITAS.
Comment votre pension française est-elle imposée si vous vivez à Bali ?
Vos pensions de source française (régime général, Agirc-Arrco, fonction publique) restent imposables en France au titre de l’article 18 de la convention fiscale franco-indonésienne du 14 septembre 1979. En revanche, les rentes issues de PER, Perco et assurance-vie peuvent être imposées en Indonésie si vous devenez résident fiscal indonésien (plus de 183 jours de présence par an).
C’est le point qui sépare les articles sérieux des guides de tourisme déguisés. La plupart des sites répètent en boucle « les pensions françaises sont toujours imposées en France » sans distinguer les différentes natures de revenu. Pour un retraité français, cette distinction change le calcul fiscal sur des milliers d’euros par an.
Le cadre conventionnel
Convention entre la France et l’Indonésie tendant à éviter les doubles impositions et à prévenir l’évasion fiscale, signée à Jakarta le 14 septembre 1979, entrée en vigueur le 13 mars 1981 (décret n° 81-343 du 8 avril 1981). Modifiée par la Convention multilatérale BEPS signée le 7 juin 2017 par la France et l’Indonésie. Texte consolidé sur BOFiP (BOI-INT-CVB-IDN).
Les pensions de régime général et complémentaire obligatoire
Article 18 de la convention : les pensions privées, rentes viagères et rémunérations au titre d’un emploi antérieur sont imposables dans l’État qui les verse. Article 19 : les pensions publiques (fonction publique) suivent la même règle. Conséquence : les pensions Carsat, Agirc-Arrco, régimes spéciaux et fonction publique restent imposables en France.
Retenue à la source non-résidents (article 182 A du CGI) : 0% jusqu’à 17 122 EUR, 12% entre 17 122 et 49 610 EUR, 20% au-delà (revenus 2025). Revalorisation 2026 : 0% jusqu’à 17 275 EUR, 12% jusqu’à 50 122 EUR, 20% au-delà. Abattement de 10% avant barème.
Taux minimum d’imposition de 20% jusqu’à 29 579 EUR et 30% au-delà, sauf preuve d’un taux moyen mondial inférieur. CSG, CRDS et CASA non dus pour un non-résident hors EEE. Cotisation COTAM maintenue : 3,2% sur pension de base, 4,2% sur complémentaire.
Les rentes PER, Perco et assurance-vie : le point différenciant
Article 22 de la convention : les revenus non expressément visés sont imposables dans l’État de résidence. Un PER liquidé en rente ou en capital, une rente Perco, une rente d’assurance-vie ne sont pas des pensions au sens strict de l’article 18. Ce sont des revenus d’épargne individuelle.
Conséquence : si résidence fiscale en Indonésie établie, ces revenus peuvent être imposés localement selon le barème Pajak Penghasilan. Pour un retraité avec fraction PER importante, le traitement indonésien peut être plus favorable que la retenue à la source française, notamment sur les premières tranches du barème local.
Le barème Pajak Penghasilan pour résident fiscal
- 5% jusqu’à 60 millions IDR (environ 3 500 EUR)
- 15% de 60 à 250 millions IDR (14 500 EUR)
- 25% de 250 à 500 millions IDR (29 000 EUR)
- 30% de 500 millions IDR à 5 milliards IDR (290 000 EUR)
- 35% au-delà
Pour un non-résident : taux fixe de 20% sur les revenus de source indonésienne uniquement.
Obligations déclaratives
En France : déclaration annuelle au SIPNR (10 rue du Centre, TSA 10010, 93465 Noisy-le-Grand Cedex), formulaire 2042 rubriques 1AL et suivantes pour les pensions soumises à la RAS NR, formulaire 2041-E pour la période. En Indonésie : si résident fiscal, obtention d’un NPWP auprès de l’office fiscal local, déclaration annuelle SPT (Surat Pemberitahuan Tahunan) avant le 31 mars de l’année suivante.
La communauté française en Indonésie
Selon la section consulaire de Jakarta en octobre 2025, environ 3 000 Français sont inscrits au registre consulaire en Indonésie (dont 1 800 à Jakarta). La communauté réelle est estimée à plus de 12 000 résidents par l’ambassade, dont 5 000 à 8 000 à Bali. L’agence consulaire à Denpasar est habilitée à tamponner le certificat de vie Cerfa 11798*02 pour l’Assurance retraite française.
Cas concret. Un retraité de 66 ans à Sanur, pension Carsat + Agirc-Arrco de 30 000 EUR/an, rente PER de 7 200 EUR/an. La pension de 30 000 EUR reste imposable en France : retenue à la source calculée après abattement de 10%, environ 1 664 EUR d’impôt. La rente PER de 7 200 EUR, si résidence fiscale indonésienne établie, peut être imposée en Indonésie à 5% en première tranche, soit environ 360 EUR. Aucune CSG ni CRDS. Cotisation COTAM (4,2% sur Agirc-Arrco) maintenue. À comparer avec le traitement tout-France qui aurait coûté plus de 2 000 EUR d’impôt total.
Quelle assurance santé est exigée pour vivre à Bali ?
Les visas longue durée (E33F, E33E, E33G, E33 Second Home, Golden Visa) exigent une assurance santé couvrant l’Indonésie pendant toute la durée du séjour. Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et l’Indonésie, et la carte Vitale ne fonctionne pas. Trois options : assureur local, assurance internationale, ou adhésion volontaire à la CFE en complément.
Sans convention de sécurité sociale, pas de CLEISS applicable. La carte Vitale n’a aucune valeur à Bali, et les hôpitaux privés internationaux facturent aux tarifs internationaux, qui peuvent grimper vite en cas d’hospitalisation.
Les options pour un expatrié français
Contrat local indonésien (AXA Mandiri, Allianz Indonesia, Cigna Indonesia) : primes 1 200 à 3 500 EUR par an pour un couple 60-70 ans. Plafonds de remboursement à vérifier avec attention, ils sont souvent plus bas qu’en assurance internationale.
Contrat international expatriés : couverture plus large, prime 2 500 à 6 000 EUR par an selon l’âge, acceptée pour la plupart des visas longue durée. Rapatriement inclus dans les bons contrats.
Adhésion volontaire à la Caisse des Français à l’Étranger (CFE) : cotisations calculées sur les ressources. Remboursements selon les barèmes de la Sécurité sociale française, bien inférieurs aux tarifs des hôpitaux privés à Bali. Intéressant pour la continuité des soins lors des retours en France (jusqu’à 3 mois consécutifs pris en charge).
Combinaison la plus fréquente : CFE en premier rideau + contrat local ou international en complément. La CFE seule ne couvre pas les tarifs privés à Bali, et le contrat local seul laisse un trou à chaque retour en France.
Les hôpitaux privés à Bali
- BIMC Hospital Kuta et BIMC Nusa Dua : réseau international anglophone, tarifs haut de gamme.
- Siloam Hospital Denpasar : urgences 24h/24, spécialités larges.
- RSUP Prof. I.G.N.G. Ngoerah (anciennement Sanglah) : hôpital public de référence, tarifs bas mais barrière linguistique.
Consultation généraliste privée : 500 000 à 1 500 000 IDR (30 à 85 EUR). Journée d’hospitalisation privée : 2 à 10 millions IDR (115 à 570 EUR) selon établissement et service.
Le cas du BPJS Kesehatan
Régime national indonésien, accessible aux titulaires de KITAS après 6 mois de résidence. Cotisation mensuelle de 35 000 à 150 000 IDR selon la classe (2 à 9 EUR). Réseau principalement public, délais longs, couverture limitée sur certains actes. Rarement choisi en couverture principale par les retraités français.
Les allocations ASPA et ASI
Soumises à résidence principale en France (article L.815-1 du Code de la sécurité sociale). Cessation du versement dès le départ à l’étranger. Redemande possible au retour en France. Pour un retraité modeste dépendant de l’ASPA, ce manque à gagner doit être anticipé dans le calcul budgétaire d’installation.
Questions fréquentes sur les visas pour Bali
Faut-il encore un visa pour Bali en 2026 pour un Français ?
Oui. L’exemption de visa pour les Français reste suspendue depuis 2020. Tout voyageur français, même pour un séjour de moins de 30 jours, doit obtenir un e-VOA (environ 30 EUR) ou un autre visa selon la durée et le motif. Le VOA classique reste disponible au comptoir de l’aéroport Ngurah Rai, à payer en roupies ou en dollars.
Quelle est la différence entre un visa et un KITAS ?
Le visa autorise l’entrée en Indonésie pour une période donnée. Le KITAS (Kartu Izin Tinggal Terbatas) est le permis de séjour temporaire qui se substitue au visa à l’arrivée, après biométrie. Tous les visas longue durée (retraite, télétravail, Second Home, Golden Visa) débouchent sur l’obtention d’un KITAS après conversion au bureau d’immigration local.
Peut-on convertir un e-Visa C1 en KITAS retraite sans quitter l’Indonésie ?
En théorie non pour la plupart des cas. Depuis mai 2025, les demandes de KITAS retraite doivent se faire depuis l’étranger. La solution classique consiste à sortir brièvement vers Singapour, la Malaisie ou le Timor oriental, déposer la demande depuis là-bas, puis rentrer avec le visa d’entrée unique obtenu.
Un retraité français peut-il toucher sa pension sur un compte bancaire indonésien ?
Oui. L’Assurance retraite verse les pensions sur un compte étranger via RIB international (IBAN). Le compte doit être ouvert auprès d’une banque indonésienne (BCA, Mandiri, BRI acceptent les étrangers avec KITAS). Conversion en roupies au taux du jour par la banque destinataire. Beaucoup de retraités gardent un compte français en parallèle pour éviter d’être dépendants du taux de change IDR.
Quelle est la différence entre le E33F et le Silver Hair E33E ?
Le E33F est accessible dès 55 ans, dure 1 an renouvelable, et exige un sponsor agréé (coût annuel 650 à 820 EUR). Le Silver Hair E33E est accessible à partir de 60 ans, dure 5 ans d’un coup, se demande en direct sans sponsor, pour 13 millions IDR au total (environ 750 EUR pour 5 ans). Point de bascule pratique : si vous avez 60 ans et 50 000 USD disponibles, le Silver Hair est plus avantageux.
Dois-je demander un NPWP (numéro fiscal indonésien) avec mon visa retraite ?
Obligatoire si vous devenez résident fiscal indonésien (plus de 183 jours de présence par an) et percevez des revenus de source indonésienne ou des rentes PER imposables localement. Démarche gratuite au Kantor Pajak local. Pour un retraité dont toutes les pensions restent imposables en France, le NPWP n’est pas systématiquement demandé.
Peut-on travailler en ligne depuis Bali avec un visa retraite ?
Non. Les visas retraite (E33F, E33E, Second Home) interdisent toute activité rémunérée, y compris le télétravail pour un employeur étranger. Le visa dédié est le E33G Remote Worker, qui exige 60 000 USD de revenus annuels et un contrat employeur. Les autorités peuvent sanctionner une activité en ligne sous visa retraite, avec expulsion possible.
Que se passe-t-il si je dépasse la durée de mon visa ?
Amende de 1 000 000 IDR par jour de dépassement (environ 60 EUR), payable à l’aéroport avant embarquement. Au-delà de 60 jours : risque d’expulsion et inscription sur la liste noire de l’immigration, avec interdiction de retour pendant plusieurs années. Sans paiement, pas de sortie du territoire autorisée.
La taxe Love Bali s’applique-t-elle aux titulaires de KITAS qui résident à Bali ?
Oui. La taxe de 150 000 IDR (environ 9 EUR) est due à chaque entrée sur l’île, y compris pour les résidents qui reviennent d’un séjour en France ou d’un déplacement à Jakarta. Paiement recommandé en ligne avant le départ sur lovebali.baliprov.go.id. Seuls quelques visas diplomatiques sont exonérés.
Un étranger peut-il acheter une maison à Bali en pleine propriété ?
Non. La loi agraire indonésienne de 1960 (Undang-Undang Pokok Agraria n° 5/1960) réserve le Hak Milik (pleine propriété foncière) aux citoyens indonésiens. Les trois alternatives légales pour un étranger sont le Hak Pakai (droit d’usage 30 ans renouvelables avec KITAS), le bail longue durée jusqu’à 30 ans, et l’achat d’un appartement en condominium (Strata Title).