Retraite au Portugal : guide complet
Le Portugal reste l’une des destinations préférées des retraités français en 2026, malgré la fin du régime fiscal RNH au 1er janvier 2024 et l’entrée en vigueur de l’IFICI qui en exclut les retraités. Pour un Français qui s’installe aujourd’hui, la fiscalité est désormais celle du droit commun portugais, mais les autres atouts du pays restent intacts : libre circulation UE sans visa, accès au système de santé via le formulaire S1, coût de la vie inférieur à la France selon les régions, communauté francophone bien implantée. Cet article détaille les démarches d’installation, la fiscalité réelle depuis 2024, le budget mensuel à prévoir par région, l’accès aux soins et le choix d’une région.
Ce qu’il faut retenir :
- Pour un Français qui s’installe en 2026, aucun régime fiscal favorable spécifique : la pension privée est imposée selon le barème IRS progressif (13,25 % à 48 %), avec une surtaxe de solidarité de 2,5 % à 5 % au-delà de 80 000 €.
- Le RNH (Résident Non Habituel) est fermé aux nouvelles demandes depuis le 1er janvier 2024, suite à la loi 82/2023 du 29 décembre 2023. Les bénéficiaires antérieurs conservent leurs droits jusqu’à la fin de leurs 10 ans.
- L’IFICI (NHR 2.0), codifié à l’article 58-A de l’EBF, exclut explicitement les retraités et les pensions. Il vise les professionnels qualifiés en recherche, technologie, santé, énergies renouvelables.
- La convention fiscale franco-portugaise du 14 janvier 1971 (avenant du 25 août 2016, décret n° 2018-7 du 4 janvier 2018) prévoit que les pensions privées sont imposables uniquement dans l’État de résidence (article 19) et que les pensions publiques restent imposables en France (article 20).
- Aucun visa pour les Français : libre circulation UE. Inscription Certificado de Registo de Cidadão da UE à la Câmara Municipal dans les 120 jours suivant l’arrivée.
- Trois numéros indispensables : NIF (fiscal), NISS (sécurité sociale portugaise), Numéro nacional de utente (santé). Procédure simplifiée guichet unique depuis mars 2025.
- Coût de la vie 2026 selon le rapport idealista de janvier : 1 400 à 1 900 € par mois en petites villes, 1 900 à 3 200 € par mois à Lisbonne, Porto et en Algarve. Castelo Branco identifiée comme la commune la moins chère pour louer.
- Accès au SNS via formulaire S1 délivré par la caisse française. Assurance privée complémentaire 60 à 90 € par mois en entrée de gamme, 120 à 250 € par mois en couverture complète.
Sommaire
- Pourquoi tant de Français choisissent encore le Portugal pour leur retraite ?
- Quelles démarches administratives pour s’installer au Portugal en 2026 ?
- Comment fonctionne la fiscalité des retraités français au Portugal en 2026 ?
- Quel budget mensuel prévoir pour une retraite au Portugal en 2026 ?
- Comment accéder au système de santé portugais en tant que retraité français ?
- Dans quelle région du Portugal s’installer pour sa retraite ?
- Les questions les plus posées
Pourquoi tant de Français choisissent encore le Portugal pour leur retraite ?
Le Portugal attire toujours les retraités français en 2026 pour son climat doux, son coût de la vie inférieur à la France selon les régions, sa communauté francophone bien implantée et la facilité administrative liée à la libre circulation UE. La fin du RNH au 1er janvier 2024 a recalibré l’argument fiscal, sans annuler les autres atouts.
Le basculement fiscal de 2024, en clair
Avant 2024, beaucoup de Français candidats à l’expatriation calculaient leur projet sur la base du RNH : exonération totale des pensions étrangères pendant 10 ans pour les arrivants avant le 1er avril 2020, taux forfaitaire de 10 % entre avril 2020 et fin 2023. La loi 82/2023 du 29 décembre 2023 a fermé ce régime aux nouveaux entrants. Une dernière fenêtre dérogatoire jusqu’au 31 mars 2025 a permis aux retardataires de déposer une demande sur la base de conditions remplies avant fin 2023. Au-delà, plus aucune dérogation.
Le résultat se voit dans les conversations entre expatriés : ceux qui sont arrivés avant 2024 sont contents, ceux qui réfléchissent aujourd’hui le font sur d’autres bases. J’ai posé mes valises à Lagos en 2022, j’ai donc encore quelques années de RNH devant moi, mais autour de moi je vois bien que les nouveaux arrivants partent du droit commun. C’est un changement de profil : moins d’optimisateurs purs, davantage de retraités attirés par le mode de vie.
Les atouts qui restent intacts
Le climat reste l’argument numéro un, en particulier dans le sud du pays : plus de 300 jours de soleil par an dans certaines zones, hivers doux (rarement en dessous de 10 °C même à Lisbonne ou Porto), étés chauds tempérés par l’Atlantique. La proximité géographique avec la France joue beaucoup : vols directs depuis Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Bordeaux, Toulouse vers Lisbonne, Porto et Faro toute l’année, à des prix souvent plus bas qu’un TGV intérieur.
La sécurité figure parmi les meilleures au monde. Le Portugal apparaît régulièrement dans le top 10 du Global Peace Index, et la perception de sécurité au quotidien (centres-villes, transports, vie nocturne) est forte. Le coût de la vie reste inférieur à la France pour de nombreux postes : alimentation locale, restauration, services à la personne, transports publics. La communauté francophone est dense en Algarve et autour de Lisbonne, avec des associations actives, des événements réguliers et une vraie continuité culturelle.
Les points d’attention à connaître
Tout n’est pas rose. Les loyers ont fortement augmenté à Lisbonne, Porto et sur la côte algarvienne depuis 2018. La bureaucratie portugaise, malgré les progrès récents, reste plus lente que ce qu’on imagine, en particulier pour les démarches non centralisées. L’accès aux soins de spécialité est inégal selon les régions : très bon en zones urbaines, plus limité dans l’intérieur et sur les îles. Enfin, l’argument fiscal post-2024 doit être mesuré soigneusement avant de s’installer, surtout pour les retraités à pension élevée.
Quelles démarches administratives pour s’installer au Portugal en 2026 ?
Un Français bénéficie de la libre circulation UE et n’a pas besoin de visa. Pour un séjour de plus de 90 jours, il doit obtenir le Certificado de Registo de Cidadão da UE à la Câmara Municipal dans les 120 jours suivant son arrivée, ainsi que trois numéros administratifs : NIF, NISS et Numéro nacional de utente.
Pas de visa pour les Français : la libre circulation UE
Le visa D7, souvent appelé « visa retraite » ou « visa revenus passifs », concerne les ressortissants non-UE. Pour un Français, il n’a aucune utilité. Carte d’identité ou passeport suffisent pour entrer, séjourner et s’installer. La procédure D7 (revenu mensuel minimum 920 €, plus 50 % pour le conjoint, plus 30 % par enfant) ne s’applique pas aux citoyens européens. Beaucoup d’articles concurrents entretiennent la confusion en présentant le D7 comme la voie d’entrée au Portugal, ce qui n’est exact que pour les Britanniques post-Brexit, les Américains, les Brésiliens ou les Suisses.
Le Certificado de Registo de Cidadão da UE
Inscription obligatoire dès qu’on dépasse 90 jours de séjour. Délai de 120 jours après l’arrivée pour s’enregistrer. Démarche à effectuer à la Câmara Municipal du lieu de résidence (la mairie). Pièces à présenter : passeport ou carte d’identité française, justificatif d’adresse au Portugal (bail ou attestation d’hébergement), justificatif de ressources (pension, relevés bancaires). Coût autour de 15 €. Le certificat est délivré le jour même dans la plupart des mairies. Dans la vraie vie, c’est l’étape la plus simple du parcours, à condition d’avoir tous ses papiers.
Les trois numéros à obtenir : NIF, NISS, Utente
Trois identifiants administratifs sont indispensables pour vivre normalement au Portugal :
- Certificado de Registo de Cidadão da UE : à la Câmara Municipal, dans les 120 jours suivant l’arrivée.
- NIF (Número de Identificação Fiscal) : numéro fiscal unique, délivré par l’Autoridade Tributária e Aduaneira. Obligatoire pour tout acte juridique au Portugal (location, achat, abonnement téléphonique, ouverture de compte bancaire).
- NISS (Número de Identificação da Segurança Social) : numéro de sécurité sociale portugais, délivré par la Segurança Social. Indispensable pour l’inscription au système et l’accès aux prestations.
- Numéro nacional de utente : identifiant patient au sein du SNS. Obligatoire pour être soigné dans un centre de santé public.
La procédure simplifiée guichet unique depuis mars 2025
Bonne nouvelle pour les nouveaux arrivants : depuis mars 2025, certaines villes proposent une procédure simplifiée permettant d’obtenir le NIF, le NISS et le Numéro nacional de utente en une seule démarche, sur place et gratuitement. Auparavant, chaque numéro nécessitait une visite distincte, avec ses propres délais et ses propres files d’attente, ce qui pouvait étaler la procédure sur six à huit semaines. Le guichet unique réduit ce délai à quelques jours dans les communes qui l’ont mis en place. Avant de partir, mieux vaut vérifier auprès de la mairie de destination si elle propose ce service.
Compte bancaire, inscription consulaire, permis de conduire
L’ouverture d’un compte bancaire portugais n’est pas obligatoire dans l’immédiat mais devient vite utile pour les prélèvements automatiques (loyer, charges, opérateurs). Le NIF est exigé. Les principales banques (Millennium BCP, Caixa Geral de Depósitos, Novo Banco, Santander Totta) acceptent les non-résidents.
L’inscription au registre des Français établis hors de France est facultative mais recommandée. Elle ouvre l’accès aux services consulaires et permet de voter dans les communautés françaises de l’étranger.
Pour le permis de conduire, un permis français reste valable. Les anciens permis papier roses sans date de validité doivent être échangés sous deux ans contre un permis portugais. À partir de 60 ans, une évaluation médicale devient obligatoire pour les renouvellements de permis portugais.
Comment fonctionne la fiscalité des retraités français au Portugal en 2026 ?
Pour un Français qui s’installe en 2026, sa pension privée est imposable uniquement au Portugal selon le barème IRS progressif (13,25 % à 48 %, avec une surtaxe de solidarité de 2,5 % à 5 % au-delà de 80 000 €). Sa pension publique reste imposée en France selon l’article 20 de la convention. Le RNH est fermé, l’IFICI exclut les retraités.
La convention fiscale franco-portugaise, base de tout
Tout part de la convention fiscale franco-portugaise du 14 janvier 1971, modifiée par avenant signé à Lisbonne le 25 août 2016, ratifié par la loi n° 2017-1479 du 18 octobre 2017 et publié par le décret n° 2018-7 du 4 janvier 2018. Cette convention règle qui paie quoi pour éviter la double imposition. Pour les retraités, deux articles sont décisifs : l’article 19 pour les pensions privées, l’article 20 pour les pensions publiques.
Les pensions privées (article 19) : imposition au Portugal uniquement
Les commentaires officiels de la DGFiP, publiés au BOFiP sous la référence BOI-INT-CVB-PRT-10-20, posent la règle :
L’article 19 de la convention prévoit que, sous réserve des stipulations du paragraphe 1 de l’article 20, les pensions et autres rémunérations similaires versées à un résident d’un État contractant au titre d’un emploi antérieur ne sont imposables que dans cet État.
Concrètement, pour un retraité français résident fiscal au Portugal, les pensions du régime général (Carsat), de l’Agirc-Arrco, de la MSA salariés et toutes les pensions issues d’un emploi privé antérieur ne sont plus imposées en France. Elles sont imposées intégralement au Portugal selon le barème IRS portugais.
Les pensions publiques (article 20) : imposition en France
L’article 20 de la convention pose la règle inverse pour les pensions versées au titre de services publics : pension de fonctionnaire d’État, de fonctionnaire territorial ou hospitalier, pension militaire. Ces pensions restent imposables dans l’État qui les paie, c’est-à-dire la France, quelle que soit la résidence du retraité. Une exception existe : si le bénéficiaire possède la nationalité portugaise SANS posséder en même temps la nationalité française, l’imposition bascule au Portugal. Ce cas reste marginal pour la grande majorité des retraités français.
Le RNH historique, ce qui en reste
Le régime du Résident Non Habituel a connu trois phases. Avant le 1er avril 2020, les pensions étrangères des nouveaux résidents non habituels étaient exonérées à 100 % pendant 10 ans. À partir du 1er avril 2020, le Budget d’État portugais a instauré une taxation forfaitaire de 10 % sur les pensions étrangères, toujours pendant 10 ans. La loi 82/2023 du 29 décembre 2023 a fermé le régime aux nouveaux entrants à compter du 1er janvier 2024. Une dernière fenêtre dérogatoire jusqu’au 31 mars 2025 a permis aux personnes pouvant justifier de certaines conditions remplies avant fin 2023 de déposer une demande tardive.
Les bénéficiaires existants ne perdent rien : ils conservent leurs droits jusqu’à la fin de leurs 10 ans, qu’ils soient sur le régime exonération ou sur le régime 10 % flat. C’est pour ça qu’on continue à voir, dans la communauté française au Portugal, deux profils fiscaux qui cohabitent jusque vers 2030-2034.
L’IFICI (NHR 2.0) : pourquoi il ne sauve pas les retraités
L’IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação) a été créé par la loi 82/2023 et codifié noir sur blanc à l’article 58-A de l’EBF (Estatuto dos Benefícios Fiscais). Entré en vigueur rétroactivement au 1er janvier 2024. Souvent appelé NHR 2.0 dans la communication des cabinets, ce qui crée la confusion. En réalité, le régime cible les professionnels qualifiés en recherche, technologie, santé et énergies renouvelables, avec une exigence de diplôme niveau 6 du CEC (Licence) au minimum. Taux forfaitaire de 20 % sur les revenus catégories A (salariés) et B (indépendants) portugais, exonération sur la plupart des revenus de source étrangère, durée 10 ans.
Le point fondamental, posé par le ministre des Finances portugais Joaquim Miranda Sarmento : l’IFICI exclut explicitement les pensions et les dividendes. Les retraités, les investisseurs passifs et les indépendants hors secteurs définis ne sont pas éligibles, point. Pour la petite histoire, quand le RNH a été fermé fin 2023, plusieurs amis installés à Lagos m’ont demandé si l’IFICI les sauverait. J’ai pris une heure à leur écrire un mémo : non, l’IFICI exclut les pensions, le nom NHR 2.0 est trompeur, le régime cible la recherche et la tech, pas les retraités. La confusion vient encore alimenter pas mal d’articles de la SERP.
Le barème applicable en 2026 : ce que paie un nouvel arrivant
Pour un retraité français qui s’installe en 2026 sans bénéficier du RNH ni de l’IFICI, c’est le droit commun portugais qui s’applique. Le barème progressif IRS pour les revenus 2025 déclarés en 2026 va de 13,25 % sur les premiers 8 059 € à 48 % au-delà de 83 696 €, avec des tranches intermédiaires. Au-delà de 80 000 € de revenu imposable, une surtaxe de solidarité s’ajoute : 2,5 % entre 80 000 € et 250 000 €, 5 % au-delà.
| Situation | Régime applicable | Pension privée | Pension publique | Durée |
|---|---|---|---|---|
| RNH avant 1er avril 2020 (bénéficiaires existants) | RNH historique exonération | Exonération à 100 % | Imposée en France | 10 ans depuis l’inscription |
| RNH avril 2020 à fin 2023 (bénéficiaires existants) | RNH taux forfaitaire | 10 % flat au Portugal | Imposée en France | 10 ans depuis l’inscription |
| Arrivée à partir du 1er janvier 2024 (sauf cas dérogatoire jusqu’au 31 mars 2025) | Droit commun IRS | Barème progressif 13,25 % à 48 % + surtaxe | Imposée en France (article 20) | Permanente |
| Profil professionnel qualifié (sciences, tech, santé, énergies) | IFICI / NHR 2.0 | Non applicable (pensions exclues) | Non applicable | 10 ans pour les revenus pros |
Disparition de la CSG et de la CRDS
Bonne nouvelle compensatoire pour le résident fiscal portugais : sa pension française n’est plus prélevée de CSG (9,2 %) ni de CRDS (0,5 %), soit une économie de l’ordre de 9,7 % du montant brut. Une cotisation maladie reste prélevée, qui finance les droits maintenus auprès de la Sécurité sociale française (voir la section santé).
La déclaration IRS chaque année et le Modèle 21-RFI
Tout résident fiscal portugais doit déposer une déclaration IRS chaque année, entre le 1er avril et le 30 juin de l’année suivant celle où les revenus ont été perçus. Pour faire valoir les bénéfices de la convention fiscale franco-portugaise, il faut compléter le Modèle 21-RFI au Portugal et fournir un certificat de résidence fiscale délivré par l’administration portugaise.
Vigilance de l’administration française
La DGFiP a multiplié les contrôles sur les Français déclarant leur résidence au Portugal, notamment sur la période RNH. Position constante : un contribuable qui ne paie aucun impôt au Portugal ne peut pas être qualifié de résident fiscal portugais au sens de la convention. Dans ce cas, la France retrouve son droit à imposer. J’ai vu des cas où des couples installés à Lagos ou à Tavira se sont fait redresser, soit pour avoir négligé de déposer une déclaration IRS portugaise complète, soit pour ne pas avoir établi suffisamment leur effectivité de résidence (séjour effectif de plus de 183 jours par an au Portugal). La règle pratique tient en trois mots : déclarez vraiment, payez vraiment, vivez vraiment.
Quel budget mensuel prévoir pour une retraite au Portugal en 2026 ?
Un couple de retraités vit confortablement avec 1 400 à 1 900 € par mois dans les petites villes ou zones rurales. Le budget monte à 1 900 à 3 200 € par mois à Lisbonne, Porto et en Algarve. Castelo Branco reste la commune la moins chère pour louer, avec des T1 entre 500 et 800 € par mois selon le rapport idealista de janvier 2026.
Source de référence : le rapport idealista janvier 2026
Les chiffres les plus à jour disponibles sur le coût de la vie viennent du rapport idealista de janvier 2026, qui consolide les annonces de location et de vente, et publie des fourchettes par ville et par typologie de bien. Beaucoup d’articles concurrents s’appuient encore sur des données 2022-2023 désormais largement périmées en raison de la hausse continue des loyers. Les fourchettes ci-dessous sont les valeurs 2026.
Coût de la vie par grande zone
| Région | Loyer T1-T2 | Coût mensuel total couple | Profil adapté |
|---|---|---|---|
| Lisbonne centre | 1 300 à 1 800 € | 2 200 à 3 200 € | Retraité urbain, accès culture, transports |
| Porto centre | 900 à 1 400 € | 1 800 à 2 600 € | Climat plus humide, ville à taille humaine |
| Algarve côtière | 900 à 1 600 € | 1 900 à 2 800 € | Climat doux, communauté francophone |
| Algarve intérieur | 500 à 900 € | 1 400 à 1 900 € | Calme, prix bas |
| Alentejo et Beiras intérieur | 400 à 700 € | 1 300 à 1 700 € | Vie rurale, faible coût |
| Castelo Branco et villes intérieur | 500 à 800 € | 1 400 à 1 900 € | Plus accessible du pays |
| Madère (Funchal) | 800 à 1 300 € | 1 800 à 2 500 € | Climat exceptionnel, insularité |
Ce qui coûte plus cher qu’on ne croit
Carburant et voitures sont plus chers qu’en France. Les autoroutes sont payantes via le système de péages électroniques Via Verde, ce qui surprend les premiers temps. L’électricité, le gaz et les abonnements téléphoniques sont à des niveaux comparables à la France, parfois légèrement plus élevés. À Lisbonne, à Porto et sur la côte algarvienne, les loyers ont rejoint les niveaux français de villes moyennes, voire les dépassent dans les quartiers les plus prisés.
Ce qui coûte moins cher
L’alimentation locale, les marchés, les fruits et légumes de saison restent nettement plus accessibles qu’en France. Pour un couple, un budget alimentaire de 350 à 500 € par mois suffit en achetant local. La restauration est l’un des plus grands écarts : un menu du jour à 8 à 12 €, un dîner pour deux entre 25 et 40 € hors zones touristiques. Les services à la personne (coiffeur, soins, ménage), les transports publics, les loisirs culturels et sportifs sont également plus abordables.
Comment accéder au système de santé portugais en tant que retraité français ?
Un retraité français résident au Portugal accède gratuitement au SNS (Serviço Nacional de Saúde) via le formulaire S1 délivré par sa caisse française. Sa pension reste prélevée d’une cotisation maladie qui finance ses droits. Une assurance privée complémentaire coûte de 60 à 250 € par mois selon la couverture choisie.
Le principe européen : votre pays paie, le Portugal vous soigne
Les règlements européens de coordination de la sécurité sociale (CE 883/2004) prévoient qu’un retraité d’un État membre qui réside dans un autre État membre conserve sa couverture maladie via son pays d’origine, qui en assume le coût. La France paie, le Portugal vous soigne au même titre qu’un assuré portugais. Ce mécanisme est concrètement activé par le formulaire S1.
Le formulaire S1, sésame d’inscription au SNS
Le formulaire S1 (anciennement E121) est délivré par votre caisse française : Carsat pour le régime général, MSA pour les agriculteurs, Service des Retraites de l’État pour les fonctionnaires. À demander avant le départ ou dans les premières semaines suivant l’arrivée. À transmettre ensuite à la Segurança Social portugaise pour s’inscrire au SNS. Une fois la démarche effectuée et le Numéro nacional de utente attribué, la couverture est la même qu’un Portugais cotisant : centres de santé locaux (Centros de Saúde), hôpitaux publics, médicaments remboursés selon le barème portugais.
Les cotisations qui restent en France
Votre pension de retraite française continue à supporter une cotisation d’assurance maladie. Pour les pensions du régime général, c’est la combinaison CASA (Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie, 0,3 %) et COTAM (Cotisation Assurance Maladie, dont le taux varie de 4,5 % à 7,1 % selon le régime et le montant). Ces prélèvements ouvrent les droits via le S1 et permettent de continuer à se faire soigner en France avec la carte vitale. La CSG (9,2 %) et la CRDS (0,5 %), elles, ne sont plus prélevées dès lors que le retraité est résident fiscal portugais, soit une économie nette d’environ 9,7 % du montant brut de la pension.
L’assurance privée complémentaire
Selon les comparateurs et les contrats vérifiés en 2026, une assurance santé privée portugaise coûte entre 60 et 90 € par mois en entrée de gamme pour un retraité de 60-65 ans en bonne santé. Pour des couvertures complètes ou des souscriptions plus tardives, les tarifs grimpent à 120 à 250 € par mois selon l’âge, l’état de santé, les franchises et le niveau de couverture internationale. Les principaux assureurs sont Médis, Tranquilidade, Allianz Care, AdvanceCare et MGEN International (qui propose des contrats adaptés aux Français de l’étranger).
L’intérêt principal du privé est de réduire les délais d’attente sur certaines spécialités, d’accéder aux cliniques privées (Hospital da Luz, CUF, Lusíadas, particulièrement bien implantées à Lisbonne, Porto et en Algarve) et de bénéficier de praticiens souvent multilingues. Pour les affections de longue durée, beaucoup de retraités choisissent de continuer à être suivis en France avec leur carte vitale, et de réserver le SNS et le privé portugais aux soins courants et aux urgences.
Dans quelle région du Portugal s’installer pour sa retraite ?
L’Algarve concentre la plus grande communauté francophone et un climat exceptionnel mais des prix élevés sur la côte. Lisbonne offre la culture et les services à un coût élevé. Porto séduit par sa taille humaine. L’intérieur (Alentejo, Beiras) propose un coût de la vie très bas. Madère mise sur le climat insulaire toute l’année.
L’Algarve : le sud, le soleil, la communauté française
L’Algarve est la région qui concentre le plus de retraités français et anglo-saxons, pour une raison simple : le climat est le plus doux d’Europe continentale, plus de 300 jours de soleil par an, hivers exceptionnellement cléments. Les villes les plus francophones sont Lagos, Tavira, Albufeira, Vilamoura et Faro. L’aéroport international de Faro propose des vols directs vers la France toute l’année. Côte ouest souvent plus venteuse que côte est. Les prix sur le littoral ont fortement augmenté ; l’intérieur algarvien (Loulé, São Brás de Alportel, Silves) reste plus accessible. Je vis à Lagos depuis 2022, je peux dire que la transition s’y fait sans heurt : marchés bien achalandés, médecins francophones, vie associative dense.
Lisbonne et environs : la capitale, la culture, le coût
Lisbonne offre l’offre culturelle, médicale et de services au plus haut niveau du pays. C’est aussi la zone la plus chère. Les quartiers centraux (Avenida da Liberdade, Chiado, Príncipe Real, Estrela) sont devenus inabordables pour la plupart des retraités. Quartiers plus accessibles : Alvalade, Areeiro, Olivais, Marvila. Les villes de la couronne sont une alternative : Cascais (chic, balnéaire, plus chère), Sintra (forêt, microclimat humide), Setúbal et Costa da Caparica (plus abordables, accès côte). L’aéroport Humberto Delgado est le hub majeur du pays.
Porto et la vallée du Douro : plus humain, plus humide
Porto offre une vraie qualité de vie urbaine à coût modéré comparé à Lisbonne. La ville est plus à taille humaine, l’identité forte, la gastronomie réputée. Le climat est plus humide en hiver à cause de l’Atlantique nord. La vallée du Douro à proximité offre des escapades superbes. Aéroport Francisco Sá Carneiro avec lignes directes vers la France.
L’Alentejo et l’intérieur : la vie rurale au prix le plus bas
L’Alentejo, vaste région agricole au sud du Tage, séduit ceux qui cherchent la tranquillité et un coût de la vie minimal. Évora classée UNESCO, vins réputés. Climat continental contrasté : étés très chauds, hivers frais. Services et infrastructures plus dispersés, accès aux soins de spécialité limité. Les Beiras et l’intérieur nord (Coimbra, Viseu, Castelo Branco, Guarda, Bragança) offrent les coûts de vie les plus bas du pays. Castelo Branco est identifiée par idealista comme la commune la moins chère pour louer en 2026. Hivers froids en montagne, vie de village authentique, faible présence francophone.
Madère et les Açores : les îles atlantiques
Madère propose un climat subtropical exceptionnel toute l’année (été comme hiver autour de 20-25 °C), une nature spectaculaire et une communauté française active à Funchal. Insularité marquée : un seul aéroport, vols vers la France via Lisbonne le plus souvent. Les Açores, neuf îles volcaniques, offrent un cadre naturel unique mais un isolement plus prononcé, un climat océanique humide et une vie communautaire forte. Profil pour retraités très autonomes et tournés vers la nature.
| Région | Budget mensuel couple | Climat | Communauté francophone | Aéroport |
|---|---|---|---|---|
| Algarve côtière | 1 900 à 2 800 € | Méditerranéen, doux toute l’année | Très forte | Faro (direct France) |
| Algarve intérieur | 1 400 à 1 900 € | Plus chaud en été | Présente, modérée | Faro |
| Lisbonne | 2 200 à 3 200 € | Doux humide, océanique | Présente | Lisbonne (hub majeur) |
| Porto | 1 800 à 2 600 € | Plus humide, hivers frais | Modérée | Porto (direct France) |
| Alentejo intérieur | 1 300 à 1 700 € | Continental, étés chauds | Faible | Lisbonne (1h-2h route) |
| Beiras et intérieur nord | 1 300 à 1 700 € | Continental, hivers froids | Très faible | Porto, Lisbonne |
| Madère (Funchal) | 1 800 à 2 500 € | Subtropical exceptionnel | Modérée mais active | Funchal (via Lisbonne) |
Les questions les plus posées
Le RNH est-il encore disponible pour un Français qui s’installe au Portugal en 2026 ?
Non. Le régime du Résident Non Habituel est fermé aux nouvelles demandes depuis le 1er janvier 2024 (loi 82/2023 du 29 décembre 2023). Une fenêtre dérogatoire jusqu’au 31 mars 2025 a permis aux personnes pouvant justifier de certaines conditions remplies avant fin 2023 de déposer une demande tardive. Au-delà, plus aucune dérogation. Les bénéficiaires existants conservent leurs droits jusqu’à la fin de leurs 10 ans.
L’IFICI s’applique-t-il aux retraités français au Portugal ?
Non. L’IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), aussi appelé NHR 2.0, exclut explicitement les retraités et les pensions. Il vise les professionnels qualifiés en recherche, technologie, santé et énergies renouvelables, avec un diplôme de niveau 6 du CEC minimum. Pour un retraité français qui s’installe en 2026, sa pension est imposée selon le barème IRS de droit commun.
Comment sont imposées les pensions françaises pour un retraité résident au Portugal ?
Les pensions privées (régime général, Agirc-Arrco, MSA salariés) sont imposables uniquement au Portugal selon le barème IRS progressif (article 19 de la convention franco-portugaise). Les pensions publiques (fonctionnaires d’État, territoriaux, hospitaliers) restent imposées en France selon l’article 20, sauf si le retraité possède la nationalité portugaise sans posséder en même temps la nationalité française.
Quels documents un Français doit-il obtenir pour s’installer au Portugal ?
Aucun visa : la libre circulation UE s’applique. À l’arrivée : Certificado de Registo de Cidadão da UE à demander à la Câmara Municipal dans les 120 jours suivant l’arrivée, NIF (numéro fiscal), NISS (numéro de sécurité sociale portugais), Numéro nacional de utente (santé). Depuis mars 2025, certaines villes proposent un guichet unique pour obtenir les trois numéros en une seule démarche.
Combien faut-il par mois pour vivre sa retraite au Portugal en 2026 ?
Selon le rapport idealista de janvier 2026, un couple de retraités vit confortablement avec 1 400 à 1 900 € par mois dans les petites villes ou zones rurales. Le budget monte à 1 900 à 3 200 € par mois à Lisbonne, Porto ou en Algarve côtière. Castelo Branco est identifiée comme la commune la moins chère pour louer.
Comment accéder aux soins en tant que retraité français au Portugal ?
Via le formulaire S1, délivré par la caisse française et à transmettre à la Segurança Social portugaise. Il ouvre les droits au SNS (Serviço Nacional de Saúde), au même niveau qu’un Portugais cotisant. Une cotisation maladie (CASA et COTAM) reste prélevée sur la pension française. Une assurance privée complémentaire coûte 60 à 250 € par mois selon la couverture.
La CSG et la CRDS sont-elles encore prélevées sur la pension d’un résident portugais ?
Non. Un résident fiscal portugais n’est plus prélevé de CSG (9,2 %) ni de CRDS (0,5 %) sur sa pension française, soit une économie d’environ 9,7 % du montant brut. La cotisation maladie (CASA 0,3 % et COTAM jusqu’à 7,1 % selon le régime) reste prélevée et finance les droits maintenus auprès de la Sécurité sociale française.