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Personne âgée qui crache des glaires : encombrement bronchique ou infection pulmonaire ?

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Personne âgée qui crache des glaires : encombrement bronchique ou infection pulmonaire ?

Une personne âgée qui se met à cracher mérite d’être surveillée sans que chaque épisode déclenche une urgence : regardez la fréquence des épisodes, le contexte dans lequel ils surviennent, et l’état général de la personne. L’encombrement bronchique le plus banal et une pneumonie qui démarre produisent souvent la même toux grasse, et passé un certain âge, une infection pulmonaire ne se manifeste presque jamais comme chez un adulte de 40 ans. Voici les causes qui reviennent le plus souvent, les signes qui imposent d’agir sans attendre, la piste trop discrète des fausses routes, et ce qu’il vaut mieux éviter.

Ce qu’il faut retenir

  • Les causes les plus fréquentes sont une toux qui s’affaiblit avec l’âge, une infection virale, l’immobilité prolongée, une maladie respiratoire chronique, ou une insuffisance cardiaque.
  • Chez une personne âgée, une pneumonie peut évoluer sans fièvre élevée : une confusion d’apparition récente, une chute, une perte d’appétit ou une fatigue brutale sont des signes d’appel à part entière.
  • Un essoufflement marqué, des lèvres bleutées, une confusion nouvelle ou des crachats sanglants imposent d’appeler le 15, sans attendre.
  • Un encombrement qui revient avec une toux ou une voix mouillée pendant les repas oriente vers des troubles de la déglutition, qui exposent à une pneumopathie d’inhalation.
  • Les antitussifs sont contre-indiqués en cas de toux grasse : la toux évacue les sécrétions, la bloquer aggrave l’encombrement.
  • La kinésithérapie respiratoire et l’aérosolthérapie se prescrivent : ce ne sont pas des gestes à décider seul, ni des réflexes automatiques.
  • Après 65 ans, trois vaccinations protègent les poumons : grippe chaque année, pneumocoque en dose unique, Covid-19 chaque automne.

Sommaire

Des glaires chez une personne âgée : encombrement bénin ou infection pulmonaire ?

Aucun aidant ne peut trancher seul entre un encombrement bronchique et une infection pulmonaire. La couleur des crachats et l’épaisseur de la toux ne suffisent pas à affirmer une surinfection. Ce qui oriente, c’est l’état général : la respiration, l’appétit, le comportement. Devant une personne âgée qui change, on fait examiner.

Les glaires ne sont pas une anomalie en soi. Les voies respiratoires en produisent en permanence, pour piéger poussières et microbes, et on les avale sans y penser des dizaines de fois par jour. Ce qui change avec l’âge, c’est la capacité à les évacuer : la toux perd en puissance, les muscles respiratoires s’affaiblissent, la déglutition se modifie. L’encombrement bronchique, l’accumulation de sécrétions que la toux n’arrive plus à évacuer, s’installe alors facilement.

Une idée reçue a la vie dure : des glaires vertes ou jaunes signeraient une infection bactérienne. Ce n’est pas ce qu’écrit l’Assurance Maladie.

La toux grasse et l’aspect purulent des sécrétions ne sont pas des signes de surinfection bactérienne.

La durée du symptôme, l’accélération de la respiration, l’appétit qui tient ou non, une confusion ou une somnolence inhabituelle, une chute récente : chacun de ces signes justifie un avis médical, quelle que soit la couleur des crachats. La bronchite aiguë, presque toujours virale, guérit spontanément chez un adulte en bonne santé ; elle peut être plus grave après 75 ans et impose une surveillance médicale.

Ce que vous observezCe que cela peut traduireDans quel délai agir
Toux grasse isolée, la personne mange, se lève, reste elle-mêmeEncombrement bronchique, souvent après une infection viraleSurveiller, consulter si cela dépasse trois semaines ou s’aggrave
Toux et fièvre supérieure à 38 °C, fatigue, maux de tête, douleurs musculairesInfection respiratoire à faire examinerConsultation du médecin traitant dans la journée
Confusion nouvelle, chute, refus de s’alimenter, fatigue brutale, sans fièvre franchePrésentation trompeuse d’une infection respiratoire chez le sujet âgéAvis médical dans la journée, sans attendre la fièvre
Toux ou voix mouillée pendant et après les repasTrouble de la déglutition, risque de pneumopathie d’inhalationConsultation pour une évaluation de la déglutition
Essoufflement au repos, respiration rapide, lèvres bleutées, crachats sanglants ou mousseuxDétresse respiratoire ou infection sévèreAppeler le 15 (ou le 112)

Quelles sont les causes fréquentes d’un encombrement bronchique chez une personne âgée ?

Une toux qui s’affaiblit avec l’âge, une infection virale récente, l’immobilité prolongée, une maladie respiratoire chronique comme la BPCO, ou une insuffisance cardiaque : ce sont les causes qui reviennent le plus souvent devant un encombrement chez une personne âgée. Une BPCO déjà installée et un alitement après une chute, par exemple, se cumulent souvent chez la même personne.

La toux perd de sa force avec les années. Les muscles respiratoires s’affaiblissent, le réflexe de toux s’émousse, et une personne qui toussait franchement à 60 ans peine à évacuer ses sécrétions à 85. L’immobilité aggrave tout : rester alité ou assis sans bouger favorise la stagnation des sécrétions dans les bases des poumons, un mécanisme que je retrouve à chaque hospitalisation prolongée ou période de convalescence.

Une infection virale banale, rhume ou grippe, encombre les bronches pour quelques jours et se résout seule chez la plupart des gens. Chez une personne déjà fragile, elle peut durer plus longtemps ou se compliquer.

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie respiratoire chronique qui associe toux, crachats et essoufflement à une obstruction permanente des voies aériennes, est une cause fréquente d’encombrement répété. En France, elle touche 5 à 10 % après 45 ans, et le tabagisme en est la cause dans plus de 80 % des cas. On parle de bronchite chronique quand la toux et les crachats reviennent au moins trois mois par an, deux années de suite : beaucoup de personnes vivent avec ce diagnostic depuis des années sans que le mot ait jamais été prononcé par un médecin.

L’insuffisance cardiaque, elle, encombre les poumons par un autre mécanisme : le liquide qui s’accumule au lieu de circuler normalement. Et les troubles de la déglutition, avec leurs fausses routes répétées, méritent une section à part entière, tant ils reviennent souvent et se manquent facilement.

  • Toux moins efficace avec l’âge : muscles respiratoires affaiblis, réflexe de toux émoussé
  • Infection virale ou bactérienne récente
  • Immobilité et alitement prolongé
  • Maladie respiratoire chronique, la BPCO en tête
  • Insuffisance cardiaque
  • Troubles de la déglutition avec fausses routes répétées

Pourquoi une pneumonie ne ressemble pas à une pneumonie chez une personne âgée ?

Parce que le corps ne réagit plus de la même façon. Chez une personne âgée, une pneumonie peut évoluer sans la fièvre élevée qu’on attend, avec une toux discrète. L’Assurance Maladie retient d’ailleurs, parmi les motifs de consultation rapide, le simple fait de « se sentir confus ».

Le tableau classique existe : fièvre à 39-40 °C d’emblée, frissons, toux, douleur thoracique d’un côté, essoufflement. C’est celui de la pneumonie à pneumocoque. Mais quand une autre bactérie est en cause, Mycoplasma pneumoniae par exemple, les symptômes s’installent progressivement, avec une fièvre peu élevée et une toux modérée mais persistante. Chez un homme de 88 ans, tout cela peut passer pour un simple coup de fatigue.

Les critères de mauvaise tolérance publiés par l’Assurance Maladie sont ceux qui justifient une hospitalisation : température inférieure à 36 °C ou supérieure à 40 °C, chute de la tension artérielle, confusion, essoufflement et respiration rapide. Une température trop basse est donc aussi inquiétante qu’une température trop haute, comme le détaille l’Assurance Maladie sur sa page consacrée au traitement de la pneumopathie bactérienne.

J’ai vu des détresses respiratoires prises d’abord pour de la fatigue passagère, chez des personnes qui n’avaient pas un degré de fièvre. Une femme de 84 ans qui tousse un peu depuis trois jours, sans température, mais qui ne finit plus ses assiettes, s’endort dans la journée et se trompe dans les prénoms de ses petits-enfants : ce changement de comportement doit faire décrocher le téléphone, même sans fièvre. Une personne qui n’est plus elle-même depuis vingt-quatre ou quarante-huit heures doit être examinée.

Quels signes imposent une consultation en urgence ou un appel au 15 ?

Un essoufflement marqué, une respiration rapide, des lèvres ou des extrémités bleutées, une confusion nouvelle, une incapacité à boire, une fièvre supérieure à 38 °C ou au contraire une température basse, des crachats teintés de sang : tous imposent un avis. En cas de détresse respiratoire, on appelle le 15.

Il y a deux niveaux, et les confondre coûte du temps. Une consultation dans la journée s’impose quand une personne âgée, ou atteinte d’une maladie chronique, tousse avec une fièvre supérieure à 38 °C et des signes associés (mal de gorge, mal de tête, fatigue, douleurs musculaires). Même chose quand un rhume, une bronchite ou une grippe s’aggrave au lieu de s’améliorer, quand la toux ramène un mucus jaune, vert, couleur rouille ou teinté de sang chez une personne fébrile, ou quand la personne se sent confuse.

On appelle le Samu sans hésiter dans les situations que décrit l’Assurance Maladie sur sa page « Quand consulter et comment calmer la toux ? ».

  • Essoufflement au repos ou respiration rapide
  • Lèvres, ongles ou extrémités bleutés : signe visible d’une désaturation en oxygène
  • Confusion d’apparition récente, somnolence anormale, troubles du comportement
  • Douleur dans la poitrine, aggravée par l’inspiration profonde
  • Crachats teintés de sang, ou d’aspect mousseux
  • Fièvre supérieure à 38 °C, ou au contraire température inférieure à 36 °C
  • Incapacité à boire, refus alimentaire brutal
  • Aggravation rapide d’une bronchite, d’un rhume ou d’une grippe

Des crachats teintés de sang, accompagnés de douleurs thoraciques, relèvent du 15 et non d’une consultation « dès que possible ». Une personne fébrile qui suffoque, dont les lèvres bleuissent, qui a la nuque raide ou qui présente des troubles du comportement, doit faire composer le 15 ou le 112 immédiatement. L’incapacité à boire constitue aussi un signe à part entière : elle installe une déshydratation qui épaissit encore les sécrétions.

Fausse route et pneumopathie d’inhalation : la distinction qui change la prise en charge

Un encombrement qui revient sans cesse chez une personne âgée doit faire penser aux fausses routes. Quand des aliments, des boissons ou simplement de la salive passent dans les bronches au lieu de l’œsophage, ils provoquent une infection pulmonaire particulière. La Haute Autorité de santé estime la fréquence des troubles de la déglutition entre 8 et 15 % des personnes âgées à domicile, et entre 30 et 62 % de celles vivant en institution.

La dysphagie, la difficulté à faire passer les aliments, les boissons ou la salive de la bouche vers l’estomac, passe souvent inaperçue. On voit un proche tousser à table, on se dit qu’il a avalé de travers, et on passe à autre chose. Chaque passage dans les bronches peut pourtant déclencher une pneumopathie d’inhalation, l’infection pulmonaire provoquée par ce qui descend dans les poumons au lieu de l’œsophage, plus grave qu’un simple encombrement et qui ne se résout pas seule. La HAS, dans son Flash sécurité patient consacré aux fausses routes, rappelle qu’elles posent un problème par leur fréquence, leur gravité et leur morbi-mortalité.

Les signes à repérer sont discrets et surviennent pendant ou juste après le repas : une voix mouillée, une toux, une gêne pour avaler, un reflux d’aliments par le nez, un amaigrissement. Ajoutez-y ce que les proches observent sans le nommer : les repas qui s’éternisent, le refus soudain de certains aliments, les fausses routes à l’eau plate. Les facteurs de risque sont connus : l’âge lui-même, les maladies neurologiques comme la démence ou la maladie de Parkinson, les pathologies ORL, la chirurgie ou la radiothérapie, et certains médicaments (neuroleptiques, benzodiazépines, opiacés).

Ce qui se met en place, sur avis médical, tient en peu de choses mais change tout : une évaluation du risque de fausse route, une rééducation de la déglutition par un orthophoniste, une adaptation des textures prescrite, une installation assise et redressée pour toute prise de boisson ou d’aliment. On n’épaissit pas une boisson de sa propre initiative : la texture, c’est une prescription, et se tromper de texture peut être dangereux.

Que faire concrètement pour aider un proche encombré ?

Trois leviers simples aident réellement : boire régulièrement, car les sécrétions épaisses se fluidifient d’abord par l’eau ; rester assis ou demi-assis plutôt qu’allongé ; respirer un air ni sec ni enfumé. La kinésithérapie respiratoire et l’aérosolthérapie relèvent d’une prescription médicale.

  1. Faire boire régulièrement tout au long de la journée. L’ANSM le mentionne au titre du bon usage : « Buvez régulièrement (eau, boissons chaudes) ». Si des troubles de la déglutition sont connus, respecter la texture prescrite.
  2. Installer la personne assise ou demi-assise, pour boire, pour manger, et pour dormir en surélevant la tête avec des oreillers quand la toux gêne la nuit.
  3. Assainir l’air : aérer les pièces, ne pas surchauffer, humidifier, éviter le tabac ainsi que les aérosols et parfums irritants.
  4. Faire bouger, même un peu : se lever, marcher dans le couloir, changer de position dans le fauteuil. L’immobilité fait stagner les sécrétions.
  5. Soigner la bouche : brossage et rinçage soigneux, plusieurs fois par jour, prothèses dentaires comprises.
  6. Appeler le médecin traitant, pas la pharmacie. C’est lui qui décide d’une radiographie, d’un antibiotique, d’une kinésithérapie respiratoire ou d’une aérosolthérapie.

Ce que je peux dire là vient de mon expérience de soignante, pas d’une consultation : la kinésithérapie respiratoire n’est pas la solution universelle qu’on présente parfois. Elle se prescrit, son indication se discute au cas par cas, et la Haute Autorité de santé a même cessé de la recommander comme technique de désencombrement bronchique dans la bronchiolite aiguë du nourrisson. Cela ne dit rien de son intérêt chez l’adulte encombré, où elle garde sa place quand un médecin la juge utile ; cela dit qu’un geste de désencombrement n’est jamais anodin. On ne tape pas dans le dos d’un proche pour l’aider à cracher : les percussions thoraciques ne sont pas un geste d’aidant.

L’aérosolthérapie suit la même règle. Chez une personne qui vit avec une BPCO, une aggravation se traduit par une toux plus profonde, davantage de crachats ou un changement de leur aspect, et un essoufflement qui se dégrade rapidement : c’est ce qu’on appelle une exacerbation, une aggravation des symptômes respiratoires au-delà des variations habituelles. Elle se traite, sur prescription, par des bronchodilatateurs en nébulisation, parfois une antibiothérapie et une oxygénothérapie si besoin ; la kinésithérapie de désencombrement y est utile. Ce protocole ne s’improvise pas à la maison avec un appareil acheté sur un coup de tête : c’est le médecin qui pose l’indication, ajuste la dose et vérifie que le traitement habituel ne suffit plus.

Les gestes et médicaments à éviter en cas de toux grasse

Les antitussifs sont contre-indiqués en cas de toux grasse, parce qu’ils bloquent l’évacuation des sécrétions. Les expectorants et les fluidifiants n’ont pas fait l’objet de recommandations scientifiques selon l’Assurance Maladie. Chez une personne âgée qui prend déjà plusieurs traitements, ajouter un sirop ou un fluidifiant sans avis médical expose à des interactions et à des effets indésirables.

Tout part de ce que rappelle l’ANSM dans son document de référence sur les fluidifiants bronchiques et expectorants.

la toux grasse (ou toux productive) est un moyen de défense naturel de l’organisme qui ne doit pas être bloqué

L’expectoration, ce rejet des sécrétions par un effort de toux, est le mécanisme de nettoyage des bronches. Un antitussif l’empêche. C’est pourquoi l’Assurance Maladie précise que les antitussifs sont contre-indiqués en cas de toux grasse, que leur usage se limite aux toux irritatives non productives, et qu’ils doivent être arrêtés dès que la toux devient grasse. Ils provoquent en plus une baisse de vigilance, ce qui chez une personne de 85 ans veut dire un risque de chute et de fausse route.

Les fluidifiants et les mucolytiques occupent une place surévaluée dans l’imaginaire des familles. L’ANSM interdit d’ailleurs aux publicités les slogans du type « agit contre la toux grasse », précisément parce que la toux grasse ne doit pas être combattue. C’est le médecin, avec le dossier complet et l’auscultation, qui décide de la marche à suivre.

SituationÀ faireÀ ne pas faire
Toux grasse, la personne expectoreLaisser tousser, faire boire, installer assisDonner un antitussif : contre-indiqué en cas de toux grasse
Sécrétions épaissesHydrater régulièrement, humidifier l’air, éviter le tabacAcheter un fluidifiant en automédication : aucune recommandation scientifique établie
Crachats colorés ou purulentsAppeler le médecin s’il y a fièvre, essoufflement ou altération de l’état généralEn conclure seul à une surinfection bactérienne
Personne âgée polymédiquéeFaire le point avec le médecin ou le pharmacienAjouter un sirop ou un décongestionnant sans avis
Aggravation d’une BPCO connueContacter le médecin dès le changement des crachats ou de l’essoufflementAugmenter seul la dose de bronchodilatateur ou démarrer un aérosol sans prescription

Dernière précision, puisque la question revient toujours : la bronchite aiguë est presque toujours virale et guérit sans antibiotiques. Leur prescription se décide sur des arguments cliniques, jamais sur la couleur d’un crachat.

Quelles vaccinations protègent les poumons après 65 ans ?

Trois vaccinations sont recommandées après 65 ans contre les infections respiratoires : la grippe saisonnière chaque année, les infections à pneumocoques selon un schéma à dose unique élargi à toutes les personnes de 65 ans et plus, et le Covid-19 chaque automne. Grippe et Covid peuvent être administrés le même jour.

Le calendrier vaccinal a simplifié les choses. Pour le pneumocoque, la bactérie le plus souvent en cause dans les pneumonies, la vaccination est élargie à l’ensemble des personnes de 65 ans et plus, selon un schéma à dose unique, et concerne aussi les adultes à risque dès 18 ans. Pour la grippe, la vaccination reste annuelle après 65 ans, de préférence avec un vaccin fortement dosé ou adjuvanté. Pour le Covid-19, la campagne a lieu chaque automne pour les 65 ans et plus, et les deux injections peuvent être faites le même jour, sur les deux bras.

VaccinationQui est concernéRythme
Grippe saisonnièreToutes les personnes de 65 ans et plusChaque année, campagne d’automne
Infections à pneumocoquesToutes les personnes de 65 ans et plus, et les adultes à risque dès 18 ansSchéma à dose unique
Covid-19Personnes de 65 ans et plusChaque automne, co-administration possible avec la grippe

Pour une personne déjà connue pour une BPCO ou des bronchites à répétition, ces trois vaccins réduisent le risque d’exacerbation déclenchée par une infection virale ou bactérienne, celle-là même qui mène le plus souvent à l’hôpital.

Kinésithérapie respiratoire et urgences respiratoires à l’étranger : s’organiser en amont

À l’étranger, un encombrement qui traîne se complique souvent pour des raisons concrètes : un médecin traitant injoignable le week-end, un kinésithérapeute formé au désencombrement respiratoire introuvable dans le système public, des frais à avancer intégralement avant tout remboursement. D’où l’intérêt de les avoir repérés avant d’en avoir besoin, et de savoir comment les soins seront pris en charge dans le pays de résidence.

Sur le terrain, deux questions concrètes se posent : une consultation en urgence et une séance de kinésithérapie seront-elles remboursées ou faut-il avancer l’intégralité, et sous quel délai le remboursement arrive-t-il ? Le niveau de prise en charge dépend du pays de résidence et du régime d’affiliation ; mieux vaut vérifier ce point avant l’installation qu’au moment de chercher un praticien en urgence.

La kinésithérapie respiratoire n’existe pas partout sous la même forme qu’en France. Certains pays la classent comme spécialité rare, avec des délais d’attente longs dans le système public et un recours quasi systématique au privé ; d’autres l’intègrent directement au parcours hospitalier. Le repérage d’un praticien qui pratique le désencombrement bronchique, et pas seulement la rééducation orthopédique, se fait avant la première crise, en le demandant au médecin traitant local dès la première consultation.

Le vol et l’altitude demandent davantage aux poumons. Un vol long-courrier, un séjour en altitude ou un climat très sec ou très pollué ne sont pas anodins pour une personne qui a une maladie respiratoire chronique connue, une insuffisance cardiaque, ou qui sort d’un épisode d’encombrement. Le réflexe simple, avant de réserver, c’est d’en parler à son médecin, qui juge si le voyage se prépare autrement : traitement emporté en quantité suffisante, ordonnance traduite, et une assurance qui couvre le rapatriement sanitaire, qui n’est pas incluse partout.

Sur place, l’air climatisé en continu, l’air sec et la pollution assèchent les muqueuses et épaississent les sécrétions : aérer, ne pas surchauffer et humidifier l’air restent les gestes de base, mais la climatisation permanente des bâtiments et des transports les rend nécessaires au quotidien, pas seulement lors d’un pic de chaleur. Deux réflexes pratiques évitent bien des complications : garder sur soi les ordonnances des traitements en cours, et demander une ordonnance locale suffisamment tôt, car les noms commerciaux des médicaments changent d’un pays à l’autre ; la molécule reste identique.

Questions fréquentes

Des glaires vertes ou jaunes signifient-elles une infection bactérienne ?

Non. L’Assurance Maladie indique que la toux grasse et l’aspect purulent des sécrétions ne sont pas des signes de surinfection bactérienne. Le médecin s’appuie sur la fièvre, l’essoufflement et l’état général pour orienter sa décision.

Peut-on donner un sirop contre la toux à une personne âgée qui crache ?

Les antitussifs sont contre-indiqués en cas de toux grasse : ils empêchent l’évacuation des sécrétions. Les expectorants et fluidifiants n’ont pas fait l’objet de recommandations scientifiques. Aucun sirop ne se donne sans avis médical, surtout chez une personne qui prend déjà plusieurs traitements.

La BPCO est-elle une cause fréquente d’encombrement chez une personne âgée ?

Oui. Cette maladie respiratoire chronique touche 5 à 10 % des personnes de plus de 45 ans en France, et le tabagisme en est la cause dans plus de 80 % des cas. Une aggravation se reconnaît à une toux plus profonde, davantage de crachats ou un essoufflement qui se dégrade : elle justifie un avis médical rapide.

Faut-il faire de la kinésithérapie respiratoire ou de l’aérosolthérapie ?

Les deux se prescrivent : c’est le médecin qui juge de leur indication selon la situation. Ce ne sont pas des gestes à pratiquer ou à démarrer soi-même sur un proche, et leur bénéfice n’est pas identique dans toutes les formes d’encombrement.

Une personne âgée peut-elle faire une pneumonie sans fièvre ?

La présentation peut être trompeuse. Une pneumopathie à Mycoplasma pneumoniae s’installe progressivement, avec une fièvre peu élevée et une toux modérée. Une température inférieure à 36 °C, une confusion ou un essoufflement figurent parmi les signes de mauvaise tolérance qui justifient une hospitalisation.

Mon parent tousse à chaque repas : est-ce grave ?

Une toux ou une voix mouillée pendant et après les repas fait partie des signes d’alerte de troubles de la déglutition retenus par la Haute Autorité de santé. Ils exposent à la pneumopathie d’inhalation. Demandez au médecin traitant une évaluation de la déglutition.

Quand faut-il appeler le 15 ?

En cas de détresse respiratoire, de lèvres bleutées, de troubles du comportement, de raideur de la nuque chez une personne fébrile, ou de crachats teintés de sang ou d’aspect mousseux accompagnés de douleurs thoraciques, l’Assurance Maladie indique de contacter sans tarder le Samu, au 15 ou au 112.

Peut-on voyager en avion ou en altitude avec une maladie respiratoire chronique ?

Cela se prépare avec le médecin traitant avant de réserver, surtout en cas de BPCO, d’insuffisance cardiaque ou d’encombrement récent : le vol et l’altitude demandent davantage aux poumons. Le traitement en quantité suffisante, une ordonnance traduite et une assurance qui couvre le rapatriement sanitaire font partie de la préparation.

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