Maladie de Creutzfeldt-Jakob : formes, symptômes et diagnostic
La maladie de Creutzfeldt-Jakob est une maladie à prions, une maladie neurodégénérative rare liée à l’accumulation dans le cerveau d’une protéine anormale, la protéine prion. Elle touche le système nerveux central et provoque des troubles cognitifs d’évolution rapide. En France, 100 à 150 nouveaux diagnostics de maladie à prions sont posés chaque année, toutes formes confondues, selon l’Inserm, et la forme la plus fréquente survient sans contamination ni transmission familiale, ce qui change beaucoup pour qui arrive sur cette page inquiet.
Ce qu’il faut retenir
- La maladie est rare : 100 à 150 nouveaux diagnostics de maladie à prions sont posés chaque année en France, toutes formes confondues (Inserm).
- La forme sporadique représente environ 85 % des cas : elle survient sans mutation ni exposition retrouvée, elle ne s’attrape pas et ne se transmet pas aux enfants.
- La forme liée à l’agent de la vache folle est devenue exceptionnelle : 3 décès en France entre 2011 et 2019, sur 28 cas de variante recensés depuis le début de la surveillance.
- Un déclin cognitif rapide ne veut pas dire Creutzfeldt-Jakob : entre 2011 et 2019, sur 16 768 suspicions signalées au réseau national, 1 449 seulement ont été classées comme maladie à prions.
- Plusieurs autres causes de déclin rapide se traitent (encéphalite, cause vasculaire, dépression, hypothyroïdie, carence en vitamine B12), et c’est ce que le bilan cherche en priorité.
- Le diagnostic s’appuie sur l’IRM, l’électroencéphalogramme et le liquide céphalorachidien, avec une technique récente, la RT-QuIC (sensibilité 81,9 %, spécificité 99,8 %).
- Aucun traitement ne guérit la maladie : la prise en charge repose sur le soulagement des symptômes et l’accompagnement de la personne et de ses proches.
Sommaire
- La maladie de Creutzfeldt-Jakob est-elle fréquente ?
- Sporadique, génétique, acquise : les trois formes de la maladie
- Peut-on attraper la maladie de Creutzfeldt-Jakob ?
- Quels signes font évoquer la maladie ?
- Un déclin cognitif rapide n’est pas automatiquement une maladie de Creutzfeldt-Jakob
- Comment le diagnostic est-il posé ?
- Quelle prise en charge une fois le diagnostic posé ?
- Vivre à l’étranger : ce qui change pour le suivi
- Questions fréquentes
La maladie de Creutzfeldt-Jakob est-elle fréquente ?
Non, c’est une maladie rare. En France, 100 à 150 nouveaux diagnostics de maladie à prions sont posés chaque année, toutes formes confondues, d’après l’Inserm. Entre 2011 et 2019, le réseau national de surveillance a mesuré un taux de mortalité de 2,34 cas par million d’habitants pour l’ensemble de ces maladies, selon Santé publique France.
Le nom complet est long : encéphalopathie subaiguë spongiforme transmissible. « Spongiforme » décrit l’aspect que prend le tissu cérébral au microscope, criblé de petites cavités, comme une éponge. À l’origine, une protéine que chacun fabrique normalement, la protéine prion, change de forme, s’agrège, et détruit les neurones sur son passage.
Deux repères d’âge, tirés des mêmes données 2011-2019 : la forme sporadique, la plus fréquente, apparaît en général après 60 ans, et l’âge moyen au décès des cas recensés était de 70 ans. Ce sont des moyennes de population. Elles décrivent un groupe suivi pendant huit ans, pas la personne dont vous vous inquiétez aujourd’hui. Je le pose maintenant, parce que la suite de cet article contient d’autres chiffres qui appellent la même prudence de lecture.
La surveillance, elle, n’a rien d’improvisé. Le réseau français existe depuis le début des années 1990 et travaille en lien avec les réseaux européens équivalents. Une maladie rare n’est donc pas, en France, une maladie sous-documentée.
Sporadique, génétique, acquise : les trois formes de la maladie
Trois formes existent, et elles n’ont ni la même origine ni le même poids statistique. La forme sporadique, de loin la plus fréquente, représente environ 85 % des cas. Les formes génétiques en représentent environ 15 %. Les formes acquises, iatrogènes ou variante liée à l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine, sont devenues exceptionnelles.
La forme sporadique reste, après des décennies de recherche, sans cause identifiée. De nombreuses études cas-témoins ont cherché une exposition extérieure. Aucune n’a abouti, selon l’Inserm. Concrètement, cela signifie qu’il n’y a rien à s’être fait, rien à avoir mangé, rien à se reprocher.
Les formes génétiques se transmettent sur un mode autosomique dominant, à pénétrance variable, ce qui veut dire qu’un porteur de la mutation ne développe pas nécessairement la maladie. En France, plus de la moitié des cas génétiques sont liés à une même mutation, appelée E200K. Ce groupe comprend aussi l’insomnie fatale familiale et le syndrome de Gerstmann-Sträussler-Scheinker, deux formes plus rares encore. L’âge moyen au décès de ces formes, mesuré par le réseau national sur 2011-2019, était de 62 ans, et une consultation de génétique est proposée aux familles concernées.
| Forme | Part des cas | Origine | Âge moyen au décès (France, 2011-2019) | Ce que cela implique pour les proches |
|---|---|---|---|---|
| Sporadique | Environ 85 % | Aucune mutation ni exposition retrouvée | 70 ans | Ni contagion, ni transmission aux enfants |
| Génétique | Environ 15 % | Mutation du gène PRNP (E200K la plus fréquente en France), transmission autosomique dominante | 62 ans | Consultation de génétique proposée à la famille |
| Acquise (iatrogène et variante) | Moins de 1 % des cas recensés sur 2011-2019 | Produits ou tissus d’origine humaine, instruments neurochirurgicaux ; agent de l’ESB pour la variante | 27 ans pour les cas de variante décédés sur la période | Pratiques à l’origine de ces cas interdites ou encadrées depuis les années 1990 |
Une confusion revient souvent chez les familles : le fait qu’un parent ait eu la maladie ne rend pas automatiquement la forme héréditaire. Dans plus de huit cas sur dix, il s’agit de la forme sporadique, sans caractère familial. La question mérite une vraie réponse, et cette réponse passe par une consultation de génétique, pas par un article lu en ligne.
Peut-on attraper la maladie de Creutzfeldt-Jakob ?
La forme sporadique, qui concerne la grande majorité des malades, ne s’attrape pas : elle survient sans exposition à un prion extérieur. Les contaminations documentées sont passées par des produits et des tissus d’origine humaine, et par des instruments de neurochirurgie, dans un contexte aujourd’hui fermé. Aucune transmission par les gestes du quotidien n’est décrite.
Ce qui a réellement transmis la maladie, dans le passé, tient à une liste courte et précise, selon l’Inserm : l’hormone de croissance extraite d’hypophyses de personnes décédées, dans les années 1970 et 1980 ; des greffes de dure-mère ou de cornée provenant de donneurs atteints ; des instruments de neurochirurgie utilisés à une époque où les procédés de stérilisation classiques ne détruisaient pas le prion.
Ces trois voies ont été fermées. L’hormone de croissance prescrite en France est produite par génie génétique depuis 1988 et n’est plus d’origine humaine. Les greffes de dure-mère sont interdites depuis 1994. Des procédures spécifiques de décontamination du matériel chirurgical existent désormais. Les tissus considérés comme à risque, système nerveux central et œil, dans une moindre mesure liquide céphalorachidien et sang, relèvent d’un contexte hospitalier plutôt que de la vie domestique.
La question de la « vache folle » a marqué toute une génération. La forme liée à l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine, dite variante, est devenue exceptionnelle : le réseau national a recensé 28 cas de variante en France depuis le début de la surveillance jusqu’en 2019, dont 3 seulement décédés entre 2011 et 2019. Le dernier, décédé en 2019, était lié à un accident d’exposition survenu dans un laboratoire de recherche sur les prions, pas à l’alimentation, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. Les mesures prises après la crise de l’ESB (interdiction des farines animales issues de ruminants, retrait systématique des tissus à risque à l’abattoir, surveillance des élevages) restent en vigueur.
À retenir : accompagner une personne atteinte, la toucher, partager un repas avec elle, l’aider à sa toilette n’expose à aucun risque de contamination connu.
Quels signes font évoquer la maladie ?
Ce qui alerte un médecin, c’est une association : un déclin cognitif qui s’installe en semaines ou en quelques mois, avec des signes neurologiques, des myoclonies, de brèves secousses musculaires involontaires, des troubles de l’équilibre, des troubles visuels. C’est la rapidité d’évolution, plus que la nature des troubles pris isolément, qui distingue ce tableau des autres maladies neurodégénératives.
Le début, souvent, ne ressemble à rien de neurologique : symptômes dépressifs, anxiété, troubles du sommeil, fatigue inhabituelle. Les troubles de la mémoire, de l’orientation et du langage s’installent ensuite, d’après l’Inserm. Sur les cas recensés par le réseau national entre 2011 et 2019, 98 % des patients présentaient des troubles intellectuels en fin de maladie, 76 % des myoclonies, et 63 % un mutisme akinétique, un état où la personne ne parle plus et ne bouge plus spontanément sans être inconsciente.
La variante liée à l’agent bovin se présente différemment, chez des personnes nettement plus jeunes : des troubles psychiatriques inauguraux fréquents, parfois des douleurs du visage ou des membres, avant l’apparition des signes neurologiques proprement dits, selon Santé publique France.
Une famille qui voit un parent perdre du terrain semaine après semaine associe vite ce qu’elle observe au nom qu’elle a entendu ailleurs, à la télévision ou en ligne. C’est une réaction compréhensible. Je ne pose pas de diagnostic à la place du médecin, mais ce qui aide réellement une consultation, ce sont des faits datés : ce que la personne faisait il y a trois mois et ne fait plus, la date approximative du premier changement remarqué, la liste complète des traitements en cours, y compris ceux qu’on juge sans importance.
Un déclin cognitif qui s’installe en quelques semaines ou quelques mois justifie une consultation sans attendre. Le rôle du proche s’arrête à cette description précise. Le bilan qui suit est celui du médecin.
Un déclin cognitif rapide n’est pas automatiquement une maladie de Creutzfeldt-Jakob
Entre 2011 et 2019, le réseau national de surveillance a reçu 16 768 signalements de suspicion, pour 1 449 cas finalement classés comme maladie à prions, selon Santé publique France. Moins d’une suspicion sur dix se confirmait. Le bilan sert précisément à distinguer les deux, et il commence dès le premier examen.
Les diagnostics finalement retenus chez des patients qu’on avait suspectés couvrent un champ large : encéphalites, dont des encéphalites virales, accidents vasculaires cérébraux, vascularites, état de mal épileptique, syndromes paranéoplasiques, hypoxie, causes toxiques, à côté d’autres maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la démence à corps de Lewy. À cette liste s’ajoutent les causes que tout bilan de trouble cognitif recherche par principe : une dépression, une hypothyroïdie, une carence en vitamine B12 ou en folates, d’après l’Assurance Maladie et la Haute Autorité de Santé.
Plusieurs de ces causes se traitent. Pour certaines, le délai compte.
| Cause recherchée | Ce qui l’évoque | Comment on la cherche | Traitement de la cause |
|---|---|---|---|
| Encéphalite (virale, méningo-encéphalite) | Fièvre, maux de tête, crises, troubles de la conscience | Ponction lombaire, IRM | Oui, traitement de l’infection |
| Cause vasculaire (AVC, vascularite) | Début brutal, déficit neurologique localisé | IRM cérébrale, bilan vasculaire | Oui, prise en charge spécifique |
| État de mal épileptique | Confusion qui se prolonge, mouvements anormaux | Électroencéphalogramme | Oui, traitement antiépileptique |
| Carence en vitamine B12 ou en folates | Dénutrition, troubles digestifs, certains traitements au long cours | Examens sanguins | Oui, correction de la carence |
| Hypothyroïdie | Ralentissement, fatigue, frilosité | Dosage sanguin de la TSH | Oui, traitement hormonal substitutif |
| Dépression du sujet âgé | Perte d’élan, tristesse, troubles du sommeil | Évaluation clinique, tests répétés à quelques mois d’intervalle | Oui, prise en charge de la dépression |
| Syndrome paranéoplasique | Cancer connu, ou à rechercher | Bilan étiologique, imagerie | Oui, traitement du cancer sous-jacent |
| Maladie à prions (Creutzfeldt-Jakob) | Déclin rapide avec myoclonies, troubles de l’équilibre, troubles visuels | IRM, EEG, RT-QuIC dans le liquide céphalorachidien | Non, aucun traitement curatif à ce jour |
Un déclin cognitif rapide impose un bilan, pas une conclusion hâtive.
Un point technique aide à comprendre pourquoi le bilan mobilise plusieurs examens, et non un seul. La protéine 14-3-3, longtemps utilisée comme marqueur dans le liquide céphalorachidien, est simplement libérée par des neurones en souffrance, quelle qu’en soit la cause : elle peut donc être positive dans d’autres maladies neurologiques. Sa spécificité, mesurée entre 2011 et 2019, était de 50 %. Un résultat isolé, dans un sens comme dans l’autre, ne fait pas un diagnostic.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Sur un faisceau d’arguments : le tableau clinique et son évolution, l’IRM cérébrale, l’électroencéphalogramme, l’analyse du liquide céphalorachidien. La technique la plus récente, la RT-QuIC, qui amplifie et détecte la protéine prion anormale dans le liquide céphalorachidien, atteint une sensibilité de 81,9 % et une spécificité de 99,8 % sur les données du réseau national. Le diagnostic de certitude, lui, repose sur l’examen du tissu nerveux central.
- IRM cérébrale : recherche d’hypersignaux des noyaux gris centraux et, depuis la révision des critères européens en 2017, d’hypersignaux corticaux dans au moins deux régions. Spécificité mesurée : 82 %.
- Électroencéphalogramme : recherche de complexes périodiques ou pseudo-périodiques, retrouvés dans la moitié des cas seulement sur 2011-2019. Un tracé normal n’élimine rien.
- Ponction lombaire : dosage de la protéine 14-3-3 et, dans les situations difficiles, RT-QuIC.
- Examen neuropathologique : réalisé pour 44 % des cas signalés entre 2011 et 2019, il reste le seul à apporter une certitude absolue.
La France dispose d’un dispositif organisé, ce que peu d’articles rappellent. Toute suspicion est signalée au réseau national de surveillance des maladies de Creutzfeldt-Jakob et maladies apparentées, coordonné par Santé publique France et l’Inserm, qui suit chaque cas jusqu’au diagnostic final. Les maladies à prions font l’objet d’une déclaration obligatoire à l’ARS depuis le 19 septembre 1996.
Cette déclaration n’est pas qu’une formalité administrative. Elle conditionne la mise en place d’une aide financière spécifique au maintien à domicile, l’« aide d’urgence », et le Bulletin épidémiologique hebdomadaire note qu’elle n’est envoyée que dans une minorité de cas, souvent faute d’être réclamée. Poser la question au neurologue, la déclaration a-t-elle été faite, peut ouvrir un droit que personne n’a pensé à mentionner.
Quelle prise en charge une fois le diagnostic posé ?
Aucun traitement ne guérit cette maladie ni n’en modifie le cours. Les médicaments prescrits visent à soulager ce qui peut l’être : la douleur, les secousses musculaires, l’anxiété. La prise en charge est un accompagnement, avec une place précoce pour les soins de confort et un soutien organisé pour l’entourage.
L’Inserm l’écrit sans détour :
Pour l’heure, aucun traitement ne permet de modifier le cours de ces maladies.
Cette phrase est difficile à lire, et je ne cherche pas à l’adoucir. Mais l’absence de traitement curatif ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire. Confondre les deux fait beaucoup de mal aux familles. Soulager la douleur, limiter les myoclonies, protéger le sommeil, prévenir les complications de l’alitement, adapter l’alimentation quand la déglutition se dégrade : ce sont des actes de soin à part entière, non de simples mesures d’attente.
Trois démarches concrètes, tant que la personne peut encore les exprimer elle-même : désigner une personne de confiance, rédiger des directives anticipées, dire ce qu’elle souhaite pour le lieu de sa fin de vie. Les familles les repoussent souvent, par pudeur ou par espoir. Elles le regrettent ensuite.
Un soutien médico-social et psychologique est proposé aux malades et à leurs proches par la Cellule nationale d’aide à la prise en charge des maladies de Creutzfeldt-Jakob. C’est une ressource que la plupart des familles découvrent tard, quand elles la découvrent.
Vivre à l’étranger : ce qui change pour le suivi
Les dispositifs français, déclaration obligatoire à l’ARS, aide d’urgence, cellule nationale, supposent une prise en charge en France. Un retraité installé hors de France relève du système de santé de son pays de résidence. En Europe, les réseaux nationaux de surveillance sont coordonnés entre eux depuis le début des années 1990, selon Santé publique France.
Ce que cela change concrètement : les examens de référence, la RT-QuIC en particulier, ne sont pas disponibles partout au même rythme ni selon les mêmes habitudes. La question à poser au neurologue local est simple : le dossier est-il transmis au réseau national de surveillance du pays de résidence. Si un retour en France est envisagé, rassembler les comptes rendus d’IRM, d’électroencéphalogramme et de ponction lombaire, avec leurs dates, évite de refaire des examens lourds à une personne déjà fatiguée.
Un dernier point, valable dans beaucoup de pays d’installation des retraités français : décrocher une consultation de neurologie peut prendre plusieurs mois dans le système public local. Devant un déclin cognitif qui s’installe en quelques semaines, la file d’attente n’est pas la bonne porte d’entrée. C’est l’hôpital ou le service d’urgences qui doit être sollicité. Le délai fait partie du problème, dans un tableau où plusieurs des causes possibles se traitent d’autant mieux qu’on les prend tôt.
Questions fréquentes
La maladie de Creutzfeldt-Jakob est-elle contagieuse au contact d’un proche malade ?
Aucune transmission par les gestes du quotidien n’est décrite. Partager un repas, aider à la toilette, tenir la main d’une personne atteinte n’expose à aucun risque connu. Les tissus considérés comme à risque relèvent d’un contexte médical précis : système nerveux central, œil, et dans une moindre mesure liquide céphalorachidien et sang.
Peut-on encore développer la maladie en mangeant du bœuf ?
La forme liée à l’agent de la maladie de la vache folle est devenue exceptionnelle en France. Vingt-huit cas ont été recensés depuis le début de la surveillance jusqu’en 2019, dont trois décès entre 2011 et 2019. Les mesures vétérinaires prises après la crise sanitaire des années 1990, interdiction des farines animales, retrait des tissus à risque à l’abattoir, restent appliquées.
Si un parent a eu cette maladie, mes enfants sont-ils concernés ?
Dans la grande majorité des cas, non. La forme sporadique, environ 85 % des cas, n’a pas de caractère familial. Les formes génétiques, environ 15 %, se transmettent sur un mode autosomique dominant à pénétrance variable. Seule une consultation de génétique, proposée aux familles concernées, peut répondre précisément à cette question.
Une IRM ou un électroencéphalogramme normal élimine-t-il le diagnostic ?
Non. D’après les données du réseau national, l’électroencéphalogramme n’était périodique que dans la moitié des cas, et la sensibilité de l’IRM atteignait 65 % chez les cas certains. C’est l’ensemble des examens et du tableau clinique, jamais un résultat isolé, qui oriente le diagnostic.
Existe-t-il un traitement contre la maladie de Creutzfeldt-Jakob ?
Non, aucun traitement ne guérit la maladie ni n’en modifie le cours à ce jour. Les médicaments prescrits soulagent les symptômes, en particulier la douleur, les secousses musculaires et l’anxiété. Un accompagnement médico-social est proposé aux familles par la Cellule nationale d’aide à la prise en charge des maladies de Creutzfeldt-Jakob.
Que faire si un proche décline très vite sur le plan cognitif ?
Consultez sans attendre, et décrivez précisément ce qui a changé et depuis quand. La grande majorité des suspicions signalées au réseau national ne se confirment pas comme maladie à prions, et plusieurs des autres causes recherchées par le bilan se traitent.