Infarctus de l’intestin : les signes qui doivent faire appeler les secours
Un infarctus de l’intestin, ou ischémie mésentérique aiguë, l’arrêt brutal de la circulation sanguine vers l’intestin, prive sa paroi d’oxygène. Elle se nécrose en quelques heures : c’est une urgence vitale, aussi grave qu’un infarctus du cœur, où chaque heure gagnée compte pour la suite. Ce qui suit détaille les signes qui doivent alerter, qui est le plus exposé, et la conduite à tenir, en France comme à l’étranger.
Ce qu’il faut retenir
- L’infarctus de l’intestin (ischémie mésentérique aiguë) est une urgence vitale : la paroi de l’intestin se nécrose en quelques heures sans traitement.
- Le signe qui doit alerter est une douleur abdominale brutale et disproportionnée par rapport à ce que montre l’examen du ventre.
- Devant cette douleur, surtout chez un senior cardiaque, il faut appeler le 15 ou le 112 sans attendre.
- Le terrain le plus exposé associe un âge avancé et une maladie du cœur ou des artères, notamment un trouble du rythme cardiaque.
- Le diagnostic repose sur un angioscanner abdominal réalisé en urgence à l’hôpital.
- Le pronostic dépend directement de la rapidité de la prise en charge, un facteur qui pèse plus lourd que l’intensité initiale de la douleur.
- À l’étranger, le 112 fonctionne gratuitement dans toute l’Union européenne, sur fixe comme sur mobile.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’un infarctus de l’intestin ?
- Les signes qui doivent faire appeler les secours
- Qui est le plus exposé à un infarctus de l’intestin ?
- Comment le diagnostic est-il posé à l’hôpital ?
- Le traitement est une course contre la montre
- Que faire face à une douleur abdominale brutale, en France ou à l’étranger ?
- Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un infarctus de l’intestin ?
L’infarctus de l’intestin correspond à l’arrêt de la circulation sanguine dans l’artère qui irrigue l’intestin, le plus souvent l’artère mésentérique supérieure. Privée de sang, la paroi intestinale souffre puis se nécrose en quelques heures. C’est une urgence médico-chirurgicale : un geste de revascularisation précoce préserve plus de tissu intestinal, et laisse de meilleures chances à la personne.
Ce mécanisme rapproche cette maladie de l’infarctus du cœur ou de l’attaque cérébrale : un vaisseau se bouche, un organe entier en souffre. La différence tient à la discrétion des premiers signes. Au tout début, le ventre reste souvent souple à la palpation alors que la douleur, elle, est déjà extrême. Ce décalage entre la plainte et l’examen caractérise cette maladie, plus que sa localisation dans le ventre.
Les signes qui doivent faire appeler les secours
Le signe qui doit alerter est une douleur abdominale brutale et disproportionnée, beaucoup plus violente que ce que l’examen du ventre laisse penser. Elle s’accompagne souvent de diarrhée, parfois sanglante, de nausées et de vomissements. Devant ce tableau, surtout chez une personne âgée au terrain cardiaque connu, la règle est simple : appeler les secours sans attendre que la douleur diminue d’elle-même.
- Douleur abdominale brutale, intense et continue, disproportionnée par rapport à l’examen
- Diarrhée, parfois sanglante
- Nausées, vomissements
- Ventre qui se ballonne, puis arrêt des gaz et des selles
- Malaise, chute de tension, état de choc, une défaillance circulatoire où les organes ne reçoivent plus assez de sang et d’oxygène
L’Assurance Maladie retient des critères voisins pour toute douleur abdominale grave, quelle qu’en soit la cause : une douleur soudaine et intense, un ventre dur et contracté, des vomissements de sang, ou un malaise associé imposent un appel immédiat.
Je contacte sans tarder le service médical d’aide médicale d’urgence : 15 ou 112.
J’ai vu, en gériatrie, des douleurs abdominales de ce type mises d’abord sur le compte d’une indigestion ou d’une constipation, le temps que la personne se plaigne assez fort pour qu’on regarde de plus près. Avec ce type de douleur, ce délai se paie cher : appeler le 15 ou le 112 ne demande pas d’être certain du diagnostic, seulement de reconnaître que quelque chose ne colle pas.
Qui est le plus exposé à un infarctus de l’intestin ?
Les personnes les plus exposées sont les seniors porteurs d’une maladie du cœur ou des artères. La cause la plus fréquente est un caillot formé dans le cœur qui migre et bouche l’artère mésentérique supérieure, souvent chez une personne en fibrillation auriculaire, un trouble du rythme cardiaque qui favorise la formation de caillots dans le cœur. Les artères déjà abîmées par l’athérosclérose, ou un état de choc en cours, exposent aussi.
Chez une personne en fibrillation auriculaire, le cœur se contracte mal et le sang stagne dans l’oreillette gauche. Selon l’Assurance Maladie, cette stagnation forme des caillots qui peuvent être propulsés dans une artère, un mécanisme le plus souvent responsable d’un accident vasculaire cérébral, et qui peut tout aussi bien toucher l’artère mésentérique supérieure.
| Mécanisme | Terrain fréquent |
|---|---|
| Embolie (caillot venu du cœur) | Fibrillation auriculaire, maladie cardiaque |
| Thrombose artérielle | Athérosclérose, âge avancé |
| Thrombose veineuse | Troubles de la coagulation |
| Bas débit sanguin | État de choc, insuffisance cardiaque |
Comment le diagnostic est-il posé à l’hôpital ?
Le diagnostic doit être rapide, car il conditionne tout le reste. À l’hôpital, l’examen clé est l’angioscanner abdominal, un scanner avec injection de produit de contraste qui visualise les vaisseaux et confirme l’obstruction. Des analyses de sang complètent le tableau, à la recherche d’une acidose et d’une élévation des lactates.
Le tableau initial peut égarer, justement parce que la douleur précède les signes visibles à l’examen ou aux premières analyses de sang. Toute douleur abdominale brutale et intense, chez une personne au terrain cardiaque ou vasculaire connu, justifie un passage aux urgences plutôt qu’une attente à domicile.
Le traitement est une course contre la montre
Le traitement vise à rétablir la circulation le plus vite possible : retrait du caillot, revascularisation par chirurgie vasculaire ou par voie endovasculaire, parfois traitement médicamenteux seul. Quand une partie de l’intestin est déjà nécrosée, elle est retirée chirurgicalement. Le délai entre les premiers signes et l’intervention reste le facteur qui pèse le plus sur l’issue.
À retenir : le pronostic tient à la rapidité de la prise en charge bien plus qu’à l’intensité de la douleur ressentie au départ.
Ceci n’est pas un diagnostic à distance : la gravité d’une douleur abdominale ne s’évalue jamais sur la seule description qu’on peut en faire par écrit. Une douleur qui inquiète mérite un appel, plutôt qu’une recherche sur internet.
Que faire face à une douleur abdominale brutale, en France ou à l’étranger ?
Face à une douleur abdominale brutale et intense, surtout chez une personne âgée ou cardiaque, le réflexe est d’appeler les secours, sans attendre que la douleur diminue d’elle-même : le 15 ou le 112 en France, le numéro d’urgence local à l’étranger. La même règle s’applique dans les deux cas, on décrit ce qu’on observe et on laisse le médecin régulateur trier.
- Appeler immédiatement le 15 ou le 112, ou le numéro d’urgence local à l’étranger, sans attendre d’être sûr du diagnostic.
- Noter l’heure précise du début de la douleur : c’est l’une des premières questions posées par le médecin régulateur.
- Ne rien donner à manger ni à boire à la personne, au cas où une intervention serait nécessaire rapidement.
- Préparer les informations utiles : antécédents cardiaques, traitements en cours, et une adresse exacte avec étage et code d’entrée.
Pour un retraité installé hors de France, ce réflexe ne change pas. Le 112 fonctionne gratuitement dans toute l’Union européenne, depuis un fixe comme depuis un mobile, selon les informations de l’Union européenne, et met en relation avec les secours du pays où l’on se trouve. Un aller-retour aux urgences pour une fausse alerte pèse peu, comparé à un infarctus de l’intestin repéré trop tard.
Le sujet est détaillé, avec le détail des mécanismes et des traitements, sur le site de la Société nationale française de gastro-entérologie.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un infarctus de l’intestin ?
C’est l’arrêt brutal de la circulation sanguine vers l’intestin, appelé ischémie mésentérique aiguë. Privée d’oxygène, la paroi intestinale se nécrose en quelques heures. C’est une urgence vitale qui impose une prise en charge hospitalière immédiate.
Quels signes doivent faire appeler les secours ?
Une douleur abdominale brutale, intense et continue, souvent disproportionnée par rapport à ce que montre l’examen du ventre. Elle peut s’accompagner de diarrhée parfois sanglante, de vomissements, d’un ventre qui se ballonne puis d’un arrêt des gaz et des selles, ou d’un malaise. Ces signes imposent d’appeler le 15 ou le 112.
Qui est le plus à risque ?
Surtout les personnes âgées ayant une maladie du cœur, en particulier la fibrillation auriculaire, ou des artères abîmées par l’athérosclérose, ainsi que celles ayant des troubles de la coagulation ou un état de choc en cours.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Par un angioscanner abdominal réalisé en urgence, complété par des analyses de sang qui recherchent une acidose et une élévation des lactates. Le diagnostic doit être rapide, car le pronostic dépend directement du délai de prise en charge.
Peut-on guérir d’un infarctus de l’intestin ?
Oui, si le traitement est précoce. Rétablir la circulation à temps, et retirer chirurgicalement les segments d’intestin déjà nécrosés si besoin, permet de s’en sortir. C’est le retard de diagnostic, davantage que la maladie elle-même, qui aggrave le pronostic.
Que faire en cas de doute à l’étranger ?
Appeler le numéro d’urgence local sans attendre. Dans l’Union européenne, le 112 fonctionne gratuitement depuis un fixe ou un mobile et met en relation avec les secours du pays où l’on se trouve. Un examen qui ne révèle rien d’anormal coûte bien moins cher qu’un diagnostic posé trop tard.