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Le Républicain Lorrain – 20 novembre 2011 – Catherine Belin

 

Paradis pour retraités


Ils en ont fini avec le travail et décident de s’offrir une seconde vie au soleil, dans un paysage exotique. Les seniors migrateurs sont de plus en plus nombreux.

Le paradis directement après la retraite ? De plus en plus de Français font le grand saut et se retrouvent sur le sable blanc, à l’ombre des palmiers, savourant leur nouvelle vie. L’île Maurice, le Maroc, la Thaïlande… Ils y vivent comme des nababs, même avec des pensions modestes. En Tunisie, ils ont pu acquérir une villa pour 30 000 euros, bénéficier d’un abattement fiscal de l’ordre de 80 %, s’offrir les services d’une cuisinière ou d’un jardinier pour 200 euros par mois. Et profiter des vols low cost pour revenir régulièrement faire admirer leur bronzage à leurs petits-enfants.

Cette émigration des seniors est un phénomène qui s’amplifie dans tous les pays occidentaux. En cinq ans, la Caisse des Français de l’étranger, qui offre une couverture sociale à ces expatriés, a vu le nombre de ses adhérents seniors progresser de 21 % et rajeunir de deux ans. La tendance est même plus ancienne en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Les nouvelles technologies de communication et les transports aériens à bas prix accélèrent le mouvement.


Paul Delahoutre, qui anime le site retraite-etranger.fr, confirme cette évolution et prépare actuellement différents guides pratiques à l’usage des candidats au départ. Il envisage même d’établir un palmarès des "paradis de retraites". « Il y aura bien entendu en premier lieu le Maroc et la Tunisie, qui représentent un bon compromis pour les Français. Climat agréable, infrastructures sanitaires correctes, coût de la vie avantageux, proximité géographique, liens historiques et culturels. Le printemps arabe a provoqué une situation d’attente chez ceux qui envisageaient de s’installer là-bas. Mais moi je pense que dans quelque temps, ça va se développer à nouveau. D’autant que ce sont des pays qui travaillent beaucoup à ce type d’accueil. » Les résidences et maisons de retraite médicalisées fleurissent en effet à Djerba ou à Agadir, à des tarifs défiant la concurrence française.


Tout quitter ? Pas complètement. Une étude Ipsos récente indique que les trois quarts des retraités qui envisagent de quitter la France ne sont pas prêts à s’installer définitivement dans un autre pays. Ils ne passeraient que quelques mois par an dans leur retraite ensoleillée, ou bien quelques années entières avant de revenir vieillir auprès de leur famille. Car voilà le frein le plus puissant à ce type de projet : la perte du réseau familial, avant même l’état du système de soins, l’éloignement des amis ou les différences culturelles.
Ils chantent tous « J’veux du soleil ! », mais ceux qui donnent le plus de la voix sont les jeunes retraités du Nord (Est et Ouest) de la France. Les fonctionnaires lorgnent du côté des Dom-Tom, où ils voient leur pension revalorisée. Beaucoup tiennent cependant compte de la distance, aussi s’informent-ils sur les pays du bassin méditerranéen.


Ceux qui choisissent de décrocher complètement peuvent rejoindre la communauté française de Thaïlande. Le consulat estime que 88,5 % des retraités français en Thaïlande sont des hommes. Ils viennent ici chercher la douceur de vivre et une compagne Thaïlandaise. Mais pas seulement : la qualité de vie est jugée ici « supérieure à l’Europe », les infrastructures et le service médical, très à la pointe des nouvelles technologies. D’autres tentent l’aventure en Amérique du Sud ou au Mexique. Mais plus simplement en Bulgarie ou à Chypre, des destinations méconnues et très intéressantes économiquement, selon le site retraite-etranger.fr.


Attention, prévient Paul Delahoutre qui a lui-même beaucoup vécu à l’étranger, « la plupart des gens qui quittent leur pays passent par une phase de lune de miel, durant laquelle tout ce qui est différent est captivant. Cette phase est suivie par une délicate période d’ajustement ». Il raconte les artisans qui ne viennent pas, l’électricité coupée, la famille trop éloignée, la nourriture trop exotique, le marchandage comme rituel social… Il livre quelques conseils précieux : se faire des amis sur place, apprendre la langue du pays, s’impliquer dans la communauté, le quartier, les associations locales.
Et, surtout, « accepter que ce qui est normal dans votre pays d’accueil n’ait rien à voir avec ce qui est considéré comme normal en France ». Jusqu’au moment où « retourner à la maison n’a plus de sens pour vous car votre nouvelle maison est située là où vous êtes maintenant ancré ». C’est le signe que l’on est prêt à rester vivre dans sa région d’adoption.

 

 

 

 

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Monnaietime - Mai 2011 - Aurélie Blondel

 

Où passer sa retraite au soleil ?


Maroc, Thaïlande, Portugal ou Ile Maurice ? Les clés pour bien choisir son eldorado !

Les seniors sont de plus en plus nombreux à quitter la France pour s’installer au soleil. Le nombre de retraités à la Caisse des Français de l’étranger a par exemple bondi de presque 50 % entre 2004 et 2009, il est passé d’environ 8000 à quasi 12000 ! Et c’est sans compter ceux qui ont sauté le pas mais ne sont pas inscrits auprès de cet organisme. Les raisons de cet exil ? D’abord la quête du beau temps, mais aussi la qualité de vie et le pouvoir d’achat, selon un sondage Ipsos de décembre 2009. Tour d’horizon de ces pays où l’on peut s’offrir la lune (et le soleil) avec une retraite modeste...

Le Maroc

Selon les statistiques de la Caisse des Français de l’étranger (la Sécurité sociale des expatriés), le Maroc est, de loin, le pays qui attire le plus.
Les + : Proximité géographique et francophonie.

. Climat. Il varie selon les régions : méditerranéen sur les côtes, montagnard à l’intérieur des terres, désertique au sud.
. Coût de la vie. Bien plus bas qu’en France ! Selon les estimations de Paul Delahoutre, fondateur du site Retraite-etranger.fr, qui a calculé le budget mensuel d’un couple de retraités résidant au Maroc, celui-ci dépense en moyenne environ 39% de moins qu’en France s’il est locataire de son logement marocain, et 28% s’il en est propriétaire.*
. Fiscalité. Si vous remplissez les conditions et que le Fisc vous considère comme un « non-résident français », votre retraite versée par la France sera imposée au Maroc : c’est ce que dit la convention fiscale signée entre les deux pays. Or, le Maroc accorde aux retraités français un double avantage : un abattement de 40% sur le montant à déclarer et une réduction de 80% de l’impôt dû.
Exemple pour un retraité célibataire ayant touché en 2010 24000€ de pension (et pas d’autres revenus) : son impôt sur le revenu en France est de quasi 1700€, il est au Maroc d’environ 700 €.

Le Portugal
Les + : Proximité géographique et culturelle, simplicité des démarches administratives au sein de l’Union européenne.

. Climat. Globalement méditerranéen, avec étés chauds et hivers doux.
. Coût de la vie. Un couple de retraités, locataire de son logement et résidant au Portugal, dépense environ 21% de moins qu'en France - 18% s’il en est propriétaire.*
. Fiscalité. Les pensions versées par la France sont imposables au Portugal, comme l’indique la convention fiscale signée entre les deux pays, sauf pour les pensions des fonctionnaires qui restent imposables en France. Attention, le barème de l’impôt sur le revenu portugais est plus pénalisant que le barème français.

La Thaïlande
Le + : Dépaysement et plages paradisiaques.

. Climat. Tropical, chaud et humide quasi toute l’année.
. Coût de la vie. La Thaïlande bat tous ses concurrents à plate couture ! C’est l’une des raisons pour lesquelles le nombre de retraités français a ici considérablement augmenté ces dernières années. Un couple de retraités locataires y résidant dépense 50% de moins qu’en France, 36% s’il est propriétaire.*
. Fiscalité. Si le coût de la vie est des plus attrayants, la donne est clairement moins intéressante pour l’imposition de votre pension, qui reste rattachée à la France (voir la Convention entre les deux pays), selon des règles spécifiques.

L’Ile Maurice
Les + : Ile paradisiaque et francophonie relativement répandue


. Climat. Tropical, chaud et humide quasi toute l’année.
. Coût de la vie. 27% de moins qu’en France pour un couple de retraités locataire, 22% pour des propriétaires*.
. Fiscalité. Votre retraite reste imposable en France, selon les mêmes règles que pour la Thaïlande. Les avantages fiscaux liés à l’Ile Maurice ne concernent donc pas les pensions, mais vos autres éventuels revenus (dividendes et plus-values du capital par exemple ne sont pas taxés).

 

* Selon les estimations de Paul Delahoutre, qui conseille les futurs retraités souhaitant vivre à l’étranger. Ont été prises en compte les dépenses courantes comme l’alimentation, l’habillement, la voiture, les loisirs, etc., pour un couple « vivant sans excès ».

 

 

 

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Pleine Vie - Mars 2011 - Annette Vezin

 

Mais pourquoi partent-ils ?

Il y a le climat, la mer et ... la vie pas chère. Trois bonnes raisons de partir vivre sa retraite à l'étranger ou dans les Dom. Enquête chez ces nouveaux aventuriers pas forcément millionnaires.

Vue sur l'atlas marocain et la forêt d'orangers, piscine, terrasse et soleil toute l'année... Il n'en a pas fallu davantage à Robert Griesbach 62 ans, retraité de la RATP, pour se décider à acheter. Dès la livraison de la villa, il s'y installe, définitivement. Récemment divorcé, il n'a pas gagné au loto. C'est avec 1700 € de retraite par mois, et pour tout capital une moitié de maison en région parisienne, qu'il quitte famille et amis pour démarrer une nouvelle vie, dans ce pays qu'il a connu enfant. Seule certitude : sa chienne Betty l'accompagne.

Histoire exceptionnelle ? Pas vraiment. Selon la Caisse des Français à l'étranger (CFE), fin 2008, "le nombre de Français partant vivre leur retraite à l'éranger était en augmentation de 20 % sur les cinq dernières années". Combien sont-ils vraiment ? 9800 étaient affiliés à la CFE fin 2008, mais ces retraités migrants sont sans doute dix fois plus nombreux. 1,2 million de retraités vivent à l'étranger, selon la Caisse nationale d'assurance vieillesse, sur 12,1 millions d'affiliés. Impossible de savoir combien de Français parmi eux (nés en France ou à l'étranger et naturalisés) : la nationalité n'est pas un critère statistique.

 

Le rêve marocain

Si le sud de l'Europe - Espagne, Portugal, Italie -, est en tête du fait du retour des retraités originaires de ces pays, le Maghreb, surtout le Maroc, et l'Afrique noire représentent 44 % des destinations ; et l'Asie du Sud-est, seulement 3 %, mais en progression de 200 % pour la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam.

De plus en plus nombreux, ces expatriés sont aussi plus jeunes : 77 % ont moins de 70 ans et l'âge moyen des nouveaux arrivés en Afrique est aujourd'hui de 65 ans. Actifs, les jeunes seniors ont "fait" l'Espagne, le Portugal, le Maroc et la Tunisie à pied, à cheval, en camping-car... Devenus retraités, ces champions du tourisme n'ont plus les mêmes projets de vie que leurs aînés, quand les urbains retrouvaient leurs racines campagnardes, les étrangers repartaient au pays et les ruraux restaient à la campagne.

Habitués à voyager pour leur plaisir, les retraités, dont les revenus ont souvent diminué, découvrent que le soleil exotique n'est plus l'apanage des riches. comment ne pas se laisser tenter par des pays où une maison coûte moins de 100000 € et un repas 5 € ? Où les services d'une femme de ménage - cuisinière se négocient à 200 € par mois, salaire minimum au Maroc. Les publicités des résidences et complexes immobiliers qui se construisent à leur intention, notamment au Maghreb, sont explicites. "Villa à partir de 99000 €" "! est le premier argument de promoteurs au Maroc, auquel s'ajoutent des explications détaillées sur le climat, mais aussi le prix de l'essence, de la nourriture et des services. Même accroche pour Sunseanior (sic) en Tunisie : "Un pouvoir d'achat considérablement augementé". D'autres, comme Club Evation, avec son domaine Larbaa Sahel dans le sud du Maroc, préfèrent ne pas cibler explicitement les seniors, tout en reconnaissant que leur clientèle l'est en majorité.

 

Des investisseurs Français

Jusqu'à la très huppée île Maurice, jadis accessible à partir de 500000 €, qui s'intéresse aux seniors, avec des programmes comme Emerald Heights, domaine 5 étoiles, commercialisé avec des appartements dès 275000 €. Mais le Maghreb a d'autres atouts : la langue et la qualité de soins médicaux, comme l'atteste le développement du tourisme médical, notamment dentaire. Très logiquement, c'est aussi du côté du Maroc que deux groupes français spécialisés dans l'habitat senior regardent aujourd'hui. "Les besoins et les envies des seniors sont variés, mais ils sont demandeurs d'un habitat adapté, sécurisé et convivial. C'est ce qui nous a fait saisir cette opportunité de partenariat avec le groupe immobilier Dyar Shemsi", explique Frédéric Walther, président de Domitys. Les senioriales, eux, investissent à Marrakech, au sein du premier "eco-resort" imaginé par Pierre et Vacances, dans l'esprit des Center Parcs. "Il ouvrira fin 2012, avec des appartement de 50 m2 à partir de 120000 €, des services, un régisseur, un club", explique son directeur, Bruno Derville.

 

Partir seul(e) ...

L'aventure au coin de la retraite, c'est le pari de Danielle Didier, 68 ans, partie vivre seule au sud du Maroc. Tout commence par une amie qui tombe amoureuse de Sidi Ifini, petite ville de 20000 habitants au bord de la mer, à 180 kilomètres d'Agadir. "L'idée de vivre à l'étranger ne m'avait jamais tentée, je me sentais très parisienne", dit-elle. Mais la voilà qui vibre devant "les plages de toute beauté, avec des falaises comme à Etretat, mais rouges". Et aussi "le souk du dimanche, magnifique, avec les fruits et légumes à même le sol, en forme de pyramides, tout en couleur". Elle a acheté il y a trois ans, pour 40000 €, sa maison "Beldi", en terre rouge et sable.

Son quotidien ? "Pas de cinéma ni de théatre, bien sûr. Il faut aimer lire, se promener sur la plage, regarder la télé et avoir des amis. Je les ai rencontrés par l'entrepreneur de travaux marocain, au cours des séjours précédents. J'ai des amis français, espagnols, italiens, suisses, allemands, irlandais, anglais. Nous faisons beaucoup de déjeuners et dîners. J'ai peu d'amis marocains, parce qu'ils ne nous reçoivent pas. Les femmes et les hommes ne se mélangent pas ; pas question pour une femme marocine de s'asseoir à la terrasse d'un café à côté des hommes". Pour la cuisine ? "il faut pouvoir se passer de porc, de canard, de beurre salé. La crème fraiche et le chocolat arrivent tout juste". Pour garder le contact avec la famille et les amis ? "C'est facile avec internet. Le téléphone fixe est très cher et le courrier marche mal. Mais il y a des visites, car les billets d'avion Paris-Agadir ne coûtent pas une fortune".

 

ou accompagné(e)

Beaucoup plus cadré, le départ de Catherine et Jacques Miche, 53 et 56 ans, pour Dyar Shemsi, le futur village pour seniors entre Agadir et Taroudant. Installés dans l'Aveyron depuis neuf ans, ils ont migré une première fois pour vivre plus au sud en ouvrant des chambres d'hôtes. Mais la rigueur de l'hiver et des problèmes de santé leur donnent envie de traverser la Méditerranée. Leur recherche était précise : une résidence avec services et activités. "Je suis allée en repérage plusieurs fois, j'ai déjà mes habitudes à Agadir, je me vois très bien faire mon marché à Taroudant et me réjouix de rencontrer mes voisins, en vivant dans une parfaite tranquillité, explique Catherine. Et le couple de s'éloigner, main dans la main, sous le soleil marocain, déjà tout acquis à leur nouvelle vie.

 

 

 

 

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Challenges du 16 décembre 2010 - Eric Tréguier

 

Le bienfait d'une retraite à l’étranger

 

Six destinations ensoleillées qui allient gain en pouvoir d’achat et présence de soins médicaux.

 

Stéphane et Béatrice Milner l’ont décidé cet été pendant un séjour dans les environs de Valence : leur retraite, ils la passeront sous le soleil espagnol. Ces Strasbourgeois, tous deux cadres dans la distribution, ont déjà visité des maisons, révisé leur méthode Assimil et consulté leur notaire pour comprendre les nuances de la fiscalité et du cadastre du pays.

Comme eux, chaque année, une dizaine de milliers de Français s’exilent pour prendre leur retraite à l’étranger. Un flot alimenté, assure Franck Nogues, conseil du réseau Cercle France Patrimoine, « par la baisse annoncée des retraites et la hausse des prélèvements ». Et, selon une enquête réalisée par l’institut Ipsos, pour 40 % d’entre eux, par le soleil omniprésent. Selon la Caisse nationale d’assurance-vieillesse, sur 12,1 millions d’affiliés, plus de 1 million coulent des jours heureux loin et, parfois, très loin de la France.

Les pays d’accueil ne manquent pas. Mais les Français privilégient trois critères : un temps de transport réduit, pour continuer à voir la famille et les amis ; un niveau de vie avantageux, en jouant sur le pouvoir d’achat et la fiscalité locale ; et enfin, un agrément de vie assuré, avec du soleil et un environnement sécurisant. En prenant un temps de transport raisonnable, Challenges a sélectionné six destinations intéressantes, toutes situées dans le bassin méditerranéen. Le coût de la vie y est moins élevé qu’en France, garant d’une existence plus facile pour le retraité percevant une pension française. La sécurité est assurée, le soleil est présent et le pays dispose de tous les services indispensables, comme les hôpitaux, l’eau, l’électricité…

 

Le Maroc en tête de liste

Tout en haut du podium de ces six « destinations Club Med » : le Maroc. Le royaume est en partie francophone et a l’habitude de recevoir des Français. Il leur réserve même de nouveaux quartiers, comme Dyar Shemsi, à 40 kilomètres d’Agadir : 240 maisons de plain-pied vendues entre 99000 et 159000 euros. A Marrakech, le Royal Palm, avec son golf 18 trous et ses 263 villas avec piscine valant entre 750000 et 4 millions d’euros, cible une clientèle haut de gamme. Robert Azoulay, son promoteur, le confirme : « les acheteurs sont plutôt des chefs d’entreprise d’une cinquantaine d’années ayant cédé leur société ». Et une résidence services, Les Séniorales, est prévue dans l’eco-resort imaginé par Pierre et Vacances, qui ouvrira fin 2012. L’opération prévoit selon son directeur, Bruno Derville, « des appartements de 50 mètres carrés à partir de 120000 euros, des services et un club ».
Environ 50000 Français sont officiellement inscrits sur les registres consulaires marocains, mais leur nombre réel serait deux à trois fois plus élevé, cette inscription n’étant en rien obligatoire. Quant au flot de nouveaux arrivants, il ne faiblit pas. Les spécialistes de l’immobilier de charme, comme Emile Garcin, ont depuis longtemps un bureau à Marrakech, et le courtier en prêts immobilier Cafpi vient d’en ouvrir un pour aider les Français dans leur achat. C’est à Fez, à Rabat, mais surtout à Marrakech où ils ont envahi la médina que les Français sont les plus nombreux. Retraités célèbres comme Alain Delon et Zinedine Zidane. Retraités plus anonymes comme Marc Lenoir, directeur commercial d’une société de nettoyage, 55 ans, et sa femme Catherine. Ils viennent d’acheter à Marrakech, hors de la médina, et comptent s’y installer dans cinq ou six ans : « Nous avons acheté 400000 euros une maison neuve de 320 mètres carrés ». Ce cadre de haut niveau a été séduit par la météo locale mais aussi par … la fiscalité.
En effet, les résidants français paient leurs impôts au Maroc et bénéficient d’un abattement de 40 % sur les pensions rapatriées au Maroc, ensuite leur impôt est divisé par cinq ! de plus, précise Francs Nogues, les expatriés ne paient pas de CSG-CRDS sur leurs placements en France et échappent en grande partie à l’imposition des plus-values et à l’ISF.

 


 

A FAIRE
Louer avant d’acheter

C’est le conseil de Paul Delahoutre, 58 ans, ex-cadre de Nestlé, Danone et des 3 Suisses, et désormais animateur du site spécialisé Retraite-etranger.fr. Cela permet de s’imprégner des usages locaux et évite les coups de cœur que l’on regrettera ensuite.

 

A NE PAS FAIRE

Retourner trop souvent en France

S’expatrier demande de la méthode. Il ne faut pas demeurer plus de 183 jours en France, ni continuer d’y avoir des intérêts économiques. Florent Pagny, qui résidait en Patagonie, est tombé dans les filets du fisc parce qu’il tournait en France et se faisait payer en Belgique.

 

 

 

 

Attention à l’intégration
La belle vie ? pas forcément, car l’intégration ne va pas de soi. « Il faut s’adapter aux us et coutumes locaux », prévient Hélène Charveriat, déléguée générale de l’Union des Français à l’étranger. Jacques Aubertin, propriétaire du Dar El Mouhit à Rabat, témoigne : « La vie est, certes moins chère mais pas toujours facile. Les travaux, par exemple, sont toujours compliqués ».
L’Espagne est la deuxième « destination Club Med » des retraités français. Le gain en pouvoir d’achat y est d’environ 20 %, le pays est accessible par la route et les prix de l’immobilier y sont (re)devenus abordables. Le Portugal est en troisième position de notre classement. Le pays offre, certes, des prix immobiliers bas, mais il est en pleine crise économique. « Avec pour conséquence la fermeture de nombreux centres de soins de petites villes » prévient Julia Crabilho, installée au Portugal depuis deux ans.
La couverture sociale est en effet une des préoccupations principales de ces Français qui s’inquiètent du suivi de leur santé. Là encore, les pays du « Club Med » offrent une bonne protection : les retraités émargent au régime normal de la Sécurité Sociale française. Ils peuvent donc soit rentrer en France pour se faire soigner, soit se faire soigner sur place, puis se faire rembourser les soins. Le meilleur des deux mondes en quelque sorte : le soleil de la Méditerranée sans être complètement privés du parapluie social français.

 

 

 

 

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France-soir du 9 août 2010 - Matthieu Delacharlery.


Une retraite dorée au soleil

 

A la recherche de l'Eldorado, plusieurs dizaines de milliers de retraitée français choisissent, chaque année, de quitter l'Hexagone pour profiter d'une retraite dorée au soleil.

Pour des raisons fiscales, économiques ou strictement personnelles, ils sont de plus en plus nombreux à sauter le pas. Des destinations exotiques, où le coût de la vie est moindre, et qui offrent à ces retraités l'espoir d'une existence meilleure. Chaque année, près de 40.000 séniors, essentiellement entre 50 et 60 ans, décident ainsi de partir s'installer à l'étranger.

 

Selon une enquête réalisée par l'institut Ipsos, 16 % des retraités françaix y voient la meilleure façon de faire face à la baisse du pouvoir d'achat. Et par-dessus tout, pour 40 % d'entre eux, c'est le soleil qui motive ce choix. Parmi les destinations préférées de ces retraités pas comme les autres, le Maroc est de loin la plus prisée, suivi de la Tunisie et du Sénégal. "Ils souhaitent également conserver une certaine proximité géographique avec la France des des pays où la langue française est couramment utilisée", indique Paul Delahoutre, du site spécialisé Retraite-etranger.fr.

 

Une expatriation temporaire

 

La plupart conservent rénanmoins un pied à terre en France. La crainte de quitter son réseau familial reste un frein important à l'expatriation des retraités. Pour éviter l'isolement, certains préfèrent donc opter pour une expatriation temporaire, quelques mois par an.

 

"Ils partent pendant la saison hivernale et reviennent en France pour les beaux jours", confirme Paul Delahoutre.

A 40 km d'Agadir, Dyar Shemsi est le premier village entièrement pensé pour répondre aux attentes des retraités. Le complexe ouvrira ses portes début 2011 et a déjà séduit bon nombre de Français.

 

Un concept novateur, voué à se développer dans les pays du Maghreb, offrant ainsi une alternative aux résidences pour personnes âgées. "Plus qu'une simple offre immobilière, nous proposons à nos clients des services adaptés à leurs besoins", estime Kamil Msefer, cofondateur du projet.

 

Au dela des rêves d'évasion, s'expatrier n'est pas un acte anodin. Pour éviter qu'il ne se transforme en véritable cauchemar, n'hésitez pas à consulter les nombreux sites spécialisés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Républicain Lorrain – 20 novembre 2011 – Catherine Belin
Paradis pour retraités
Ils en ont fini avec le travail et décident de s’offrir une seconde vie au soleil, dans un paysage exotique. Les seniors migrateurs sont de plus en plus nombreux.
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Le paradis directement après la retraite ? De plus en plus de Français font le grand saut et se retrouvent sur le sable blanc, à l’ombre des palmiers, savourant leur nouvelle vie. L’île Maurice, le Maroc, la Thaïlande… Ils y vivent comme des nababs, même avec des pensions modestes. En Tunisie, ils ont pu acquérir une villa pour 30 000 euros, bénéficier d’un abattement fiscal de l’ordre de 80 %, s’offrir les services d’une cuisinière ou d’un jardinier pour 200 euros par mois. Et profiter des vols low cost pour revenir régulièrement faire admirer leur bronzage à leurs petits-enfants.
Cette émigration des seniors est un phénomène qui s’amplifie dans tous les pays occidentaux. En cinq ans, la Caisse des Français de l’étranger, qui offre une couverture sociale à ces expatriés, a vu le nombre de ses adhérents seniors progresser de 21 % et rajeunir de deux ans. La tendance est même plus ancienne en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Les nouvelles technologies de communication et les transports aériens à bas prix accélèrent le mouvement.
Paul Delahoutre, qui anime le site retraite-etranger.fr, confirme cette évolution et prépare actuellement différents guides pratiques à l’usage des candidats au départ. Il envisage même d’établir un palmarès des "paradis de retraites". « Il y aura bien entendu en premier lieu le Maroc et la Tunisie, qui représentent un bon compromis pour les Français. Climat agréable, infrastructures sanitaires correctes, coût de la vie avantageux, proximité géographique, liens historiques et culturels. Le printemps arabe a provoqué une situation d’attente chez ceux qui envisageaient de s’installer là-bas. Mais moi je pense que dans quelque temps, ça va se développer à nouveau. D’autant que ce sont des pays qui travaillent beaucoup à ce type d’accueil. » Les résidences et maisons de retraite médicalisées fleurissent en effet à Djerba ou à Agadir, à des tarifs défiant la concurrence française.
Tout quitter ? Pas complètement. Une étude Ipsos récente indique que les trois quarts des retraités qui envisagent de quitter la France ne sont pas prêts à s’installer définitivement dans un autre pays. Ils ne passeraient que quelques mois par an dans leur retraite ensoleillée, ou bien quelques années entières avant de revenir vieillir auprès de leur famille. Car voilà le frein le plus puissant à ce type de projet : la perte du réseau familial, avant même l’état du système de soins, l’éloignement des amis ou les différences culturelles.
Ils chantent tous « J’veux du soleil ! », mais ceux qui donnent le plus de la voix sont les jeunes retraités du Nord (Est et Ouest) de la France. Les fonctionnaires lorgnent du côté des Dom-Tom, où ils voient leur pension revalorisée. Beaucoup tiennent cependant compte de la distance, aussi s’informent-ils sur les pays du bassin méditerranéen.
Ceux qui choisissent de décrocher complètement peuvent rejoindre la communauté française de Thaïlande. Le consulat estime que 88,5 % des retraités français en Thaïlande sont des hommes. Ils viennent ici chercher la douceur de vivre et une compagne Thaïlandaise. Mais pas seulement : la qualité de vie est jugée ici « supérieure à l’Europe », les infrastructures et le service médical, très à la pointe des nouvelles technologies. D’autres tentent l’aventure en Amérique du Sud ou au Mexique. Mais plus simplement en Bulgarie ou à Chypre, des destinations méconnues et très intéressantes économiquement, selon le site retraite-etranger.fr.
Attention, prévient Paul Delahoutre qui a lui-même beaucoup vécu à l’étranger, « la plupart des gens qui quittent leur pays passent par une phase de lune de miel, durant laquelle tout ce qui est différent est captivant. Cette phase est suivie par une délicate période d’ajustement ». Il raconte les artisans qui ne viennent pas, l’électricité coupée, la famille trop éloignée, la nourriture trop exotique, le marchandage comme rituel social… Il livre quelques conseils précieux : se faire des amis sur place, apprendre la langue du pays, s’impliquer dans la communauté, le quartier, les associations locales.
Et, surtout, « accepter que ce qui est normal dans votre pays d’accueil n’ait rien à voir avec ce qui est considéré comme normal en France ». Jusqu’au moment où « retourner à la maison n’a plus de sens pour vous car votre nouvelle maison est située là où vous êtes maintenant ancré ». C’est le signe que l’on est prêt à rester vivre dans sa région d’adoption.